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 Pour dix milliards de dollars

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Heaven
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Mer 21 Nov 2007 - 15:20

*sens qu'elle va se faire detester*

Tomokokote ...

Dis ... je me permet de poster parce que ça fait à nouveau bientôt 3 mois que tu n'as mis de MAJ ^^
Je voulais savoir où tu en étais, si tu comptais la continuer ou pas >.<
C'est que j'attend la suite moi! Et je pense pas être la seule ^^

Voilààà!

*se cache pour pas se faire taper*
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Wa
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Lun 26 Nov 2007 - 14:50

Je suis d'accord avec heaven.

Gold Rhodesia, gold, goldy, goldychou, Tomoko, Tomoko chan, To-chan (ATTENTION c'est MOI qui l'appelle comme ça XD), la miss, je t'appellerai comme tu veux mais... POSTE !!!

Tu m'aimes, hein ?
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Jeu 3 Jan 2008 - 1:07

*Keuf keuf keuf*
Non, vous ne rêvez pas... Ceci est un chapitre XD
Je sais que ça fait quatre mois (et deux jours) que je n'ai pas posté et je m'en excuse. En tout cas, pour ceux qui suivent toujours, voici le chapitre 36. Bonne lecture.

Merci encore à Destiny de corriger.

Au fait... Bonne année.

Chapitre 36: Premiers regards


Un cri, un hurlement, une peur. Un déploiement de sensations désagréables, effrayantes qui s’éparpillaient en lui. Des douleurs insupportables et des peines sans fond.
Du rouge. Du rouge dans l’obscurité, du rouge et du noir, de la violence, des coups et des pleurs. Un boucan infernal et l’opression.

Eun-Ju…

Des bras, des mains, des armes. Des visages, des pleurs, des rires et des cris. Quelque chose de tumultueux et de grouillant autour de lui, autour de son corps. Une douleur aigue en tout son être, en toute son âme. Du noir, du métal, une détonation. Du gris, de la fumée. Puis le rouge qui revient, encore et encore, persistant, brutal et impossible à arrêter. Pourpre, pourpre, pourpre.

Eun-Ju…

Un murmure, un rire, un cri, des larmes. Elle et Lui.

Eun-Ju…

Une détonation.

Le silence.

« -Eun-Ju! »

~*~

Cinq Novembre – Six heures quarante-cinq – Prince Hôtel

Yoochun s’éveilla brusquement. Il mit un temps à réaliser où il se trouvait et tatônna un instant les alentours. Un lit. Une fenêtre non loin de lui éclairait la pièce d’une lumière morne. Le jour. Sept heures. L’hôtel.
Semblant enfin discerner la réalité dans laquelle il se trouvait, il cilla, se relevant lentement. Trempé de sueur. Le mouvement qu’il venait d’esquisser lui donna un vertige. Puis la nausée. Son corps fut secoué d’une convulsion et il ne put réprimer un râle. Il se précipita dans la salle de bain.
Les mains fermement crispées sur le rebord du lavabo, le Coréen pris de nausée ferma les yeux, sentant son corps se tendre, se secouer, se tordre. Ses entrailles semblaient se déchirer, ses muscles brûler et une migraine désagréable se propager à l’intérieur de son crâne, alors que l’évier restait désespérément vide. Une douleur aigue en toute sa chair, et son sang qui se mettait à tourner dans tous les sens, bouillir dans ses veines. Un goût amer dans sa salive…
Un haut-le-coeur. Il se pencha brusquement, et enfin, après plusieurs accès, le lavabo se remplit un instant. Son regard se posa sur le liquide dégurgité, puis il fut secoué d’une nouvelle douleur. Ses doigts se crispèrent à nouveau sur le lavabo, alors que dans un râle se déversait à nouveau un mélange d’eau et de nourriture digérée. Il sentit la nausée le reprendre à nouveau, tenta de reculer, sans succès. Une nouvelle convulsion s’empara de lui, et il s’entendit encaisser le coup avec douleur, en un gémissement étouffé.

Du sang. Des cris. De la douleur.

Il ferma les yeux, et un vertige s’empara de lui.

Elle et lui. Une détonation.

Un nouveau spasme, une nouvelle douleur, et le lavabo qui se remplissait.

Eun-Ju…

Il sentit son cœur s’affoler, sa respiration s’entrecouper, devenir saccadée. En un mouvement précipité il fit tourner le robinet. L’eau se répandit en un mouvement fluide et tournoyant sur l’émail blanc du lave-mains, emportant sur son passage une odeur désagréable et le reste de ce qu’il avait mangé hier soir. Pas même digéré. Surprenant.
Une sueur froide coulait le long de son dos, tandis qu’à la surface de son visage la chaleur se dissipait comme une sensation de brûlure. Il respira avec difficulté.

Eun-Ju…

Tuer. Tuer. Blesser. Elle. Lui. Du sang… Du sang impossible à rincer sur ses mains, sur leurs mains… Et Elle. Son corps meurtri, son corps qui s’effondrait, son cœur qui s’éloignait de lui…
Depuis combien de temps ?

Ses poumons semblaient s’embraser. Il s’agrippa avec force au rebord du lavabo, les yeux fermés, son esprit semblant répéter inlassablement ces mots. Il ferma le robinet, les doigts tremblants.

Depuis combien de temps ?

Depuis combien de temps le dupait-elle ? Depuis combien de temps avait-elle cessé de l’aimer ?

Ses jambes le lâchèrent lentement. Il sentit ses genoux –au bout d’un long effort que son corps semblait exécuter par autonomie- ses genoux fléchir et toucher le sol. Ses bras, ses mains, ses doigts se détendirent à leur tour et il posa ses paumes contre le carrelage froid.

Et si depuis le début tout cela n’avait été qu’une magnigance ? Et si…

Oh, bon sang…

Alors enfin, ses spasmes semblèrent prendre fin, pour laisser place à un tout autre type de secousses. Des sanglots retentirent dans la salle de bain.

Dehors, les nuages semblaient enfin daigner s’éloigner un peu.

~*~

Un matin. Un matin comme un autre, un matin plein de nuages, un matin humide, un matin blanc, un matin comateux, un matin dans cette odeur douceâtre de médicaments. Encore un matin.
Matin, matins… A force, on finissait par perdre la notion du temps, la notion de tout. Surtout eux, en fait. Surtout lui. A force de tuer, encore et encore des êtres innocents ou non, des êtres humains…Il avait fini par perdre l’une des principales notions qui les reliait à la vie, qui les reliait au reste du monde, qui les reliait à l’existence. L’humanité.
« Il faut vivre selon ses propres principes, et non selon ceux d’un autre », lui avait dit Jeong Hee. Le problème était qu’après la mort de son père –par overdose -, la fugue de celle qui lui avait prononcé ces mots et son entrée à la JMB’s… Il avait été dur de trouver quels étaient ses principes et quels étaient ceux des autres.

« -Kim ! Tu as signé le contrat, tu dois obéir aux ordres ! »

« -Kim ! Interdiction de se rebeller ! »

« -Kim ! Interdiction de répondre aux supérieurs ! »


Kim par-ci, Kim par-là…Interdiction par-ci, interdiction par-là… A force, on finissait par ne plus savoir ce qui était autorisé ou non. Ce qui était acceptable ou non.

« -Tu as signé le contrat, ma jolie… Sous les ordres de Monsieur Jung, il n’y a pas de droits de l’homme qui tienne. Le seul principe, la seule notion à laquelle tout le monde obéit, ici, c’est à la loi du plus fort. En ce moment, je suis le plus fort. Et j’ai décidé que tu subirais l’épreuve de torture. C’est clair ? »

Acceptable ou non… En réalité, il venait un moment où plus rien de tout cela n’avait d’importance. Il venait un moment où la douleur était telle qu’elle disparaissait, emportant avec elle nos anciens principes, nos anciennes peines, notre ancienne vie.
Avachi sur le ventre, les bras écartés, à moitié étouffé par son oreiller, les yeux vitreux, Jae Joong s’interrogeait.

Ses anciens principes. Qu’avaient-ils été ? En avait-il réellement eu ? Avait-il eu des idéaux à défendre ? Quel genre d’homme aurait-il été s’il n’y avait eu la JMB’s ?
Il avait l’impression d’avoir été un étranger, un inconnu, quelqu’un qui peut-être avait été heureux, malgré ses petits ennuis futiles. Malgré tout. C’était comme un énorme mur, une immense muraille qui se dressait devant lui, entre lui et les autres, lui et l’autre qu’il avait été lui-même, qu’il aurait sans doute été. Il sembla réaliser à quel point ce mur serait difficile à franchir, au vu de ses antécédents.
Serait ? En réalité, il ne le serait pas tout court. Puisqu’il n’en aurait pas l’occasion… Avant ce mur-là, il y en aurait un autre, celui-là infranchissable, qu’il devrait affronter. Prison, conscience, culpabilité. Tant de mots pour une seule conclusion : enfermement.
Il poussa un soupir, se remémorant les mots qu’avait prononcés Yunho le jour précédent avec une sorte d’incrédulité amère.

« -Parce que vous méritez d’exister. Parce que chacun, nous avons le droit d’exister. Quels que soient nos crimes, chacun d’entre nous mérite une seconde chance. Même si cela comporte des risques, même si cela comporte des tas de compromis. On ne vit qu’une seule fois avec la même conscience, alors ne gâchez pas cette chance… »

Comme ces mots faisaient mal. Comme ces mots étaient doux. Comme ils tiraillaient, et comme ils apaisaient. Yunho savait frapper là où il était le plus faible, là ou chacun d’eux se sentait exposé.

« -Quoi qu’on en dise, je crois en vous. Je crois en toi. En ce côté humain qui existe en chacun d’entre nous, qui te fait flancher au moment où tout semble se terminer. Mais si tu flanches, il y a bien une raison… Et elle s’appelle l’humanité. »

Mais quel imbécile il était… Quel imbécile… Jae Joong se souvenait parfaitement du regard qu’avait arboré Yunho, au moment même où ce dernier avait prononcé ces mots. Avec détermination, avec une sorte de sérénité inhabituelle… et surtout, on pouvait y lire la force avec laquelle il croyait à ces mots, ses mots.
Croire… Comment Yunho le pouvait-il ? L’androgyne lui-même n’y parvenait. A croire en lui, à croire en l’humanité, à croire à ce futur brumeux, presque obscur qui se profilait à l’horizon. Croire…
Est-ce qu’il pouvait se l’autoriser ? Est-ce qu’il en avait le droit ?

Il en doutait.

Et pourtant… Ce doute même était une preuve qu’il avait envie d’y croire. Qu’il avait envie d’avancer vers l’avenir d’une démarche aussi sûre que celle de Yunho. Avec Yunho, même.

Minute.

Comment ça, avec Yunho ?

« -Putain… Je tourne pas rond là… »

Il était complètement pété ou quoi ? Qu’est-ce que c’était que ces conneries ? Avec ? Il avait bien pensé avec ?
…Oh, pitié.

« C’est une blague. C’est ça. Mon cerveau fait des blagues tout seul. Ha ha ha.
-Vous parlez tout seul également, jeune homme. »

Il sursauta, et leva la tête vers le rideau qui venait de s’écarter. L’infirmière chargée de lui passer quotidiennement une crème lui sourit –comme tous les matins, ou presque. Aujourd’hui, elle avait cet air moqueur qui n’était pas là les autres fois.
Aujourd’hui… Aujourd’hui était un peu différent. Un peu seulement, beaucoup peut-être. Il laissa son esprit s’égarer sur ces mots. Différent…
Avoir une vie différente. Être quelqu’un de différent. Malgré les différences… Différences. A quel point cela effrayait les gens et a quel point parfois cela les fascinait. Une culture différente. A quel point parfois, cela les écoeurait…
Être un assassin. Être un homosexuel. Être fou. Être différent.

Différent…

Il poussa un soupir.

« -Allez, Monsieur Kim, on ne ronchonne pas et on se déshabille ! » exigea alors la femme à côté du lit, les mains sur les hanches.

Il se releva alors et ôta machinalement le T-shirt anis, lui lançant un regard noir.

« Et c’est quand qu’ils allument ce chauffage de m**** ?
-Il est allumé, vous le savez très bien ! Allez, on ne chipote pas ! »

Il grogna et tourna le dos à l’infirmière.

« Très bien. Bon, visiblement ça va mieux… Votre sortie est prévue pour cet après-midi, n’est-ce pas ?
-…Ouais. »

Il n’avait plus tellement envie de partir… Il venait de le réaliser, non pas brusquement, mais comme s’il l’avait toujours su. Il avait fini par s’habituer à ce lieu, à ses couloirs, à la qualité piteuse de la télévision, à rendre visite à Yunho… Et puis, partir… ça signifiait que le temps passait, impossible à arrêter, que l’heure où ils se rendraient, où il s’éloignerait de sa liberté se rapprochait peu à peu…
Peu à peu…
La femme palpait avec délicatesse son dos, vérifiait la moindre parcelle de sa peau avec une extrême douceur. Il ferma les yeux. Ses souvenirs remontèrent lentement le long de sa moelle épinière, alors que des pouces épais glissaient dessus…
…Jeong Hee… Jeong Hee qui lui soignait le genou parce qu’il s’était cassé la figure dans les escaliers. Avec cette douceur, avec un sourire tendre, un peu moqueur parce qu’il pleurait. Jeong Hee qui s’inquiétait pour ses notes. Avec ce regard profond, encre, avec ce regard qui le faisait culpabiliser…Jeong Hee qui soupirait parce qu’il avait encore provoqué un professeur. Avec ce sourire amusé, mais non dénué de reproches. Jeong Hee… Jeong Hee qui pleurait à l’enterrement de leur père. Jeong Hee qui partait…qui partait loin de lui, qui ne laissait que des mots tapés à la machine, collés à la porte d’entrée…
Son père. Son père qui avait fait une overdose… Les pots de verres emplis de poudre qu’il avait trouvés dans la boîte à pharmacie… Les tremblements qu’il avait parfois, sa maigreur qui devenait de plus en plus flagrante et eux, eux qui se contentaient de lui conseiller de manger un peu plus…
Du noir. Beaucoup de noir… Il y avait eu beaucoup de noir à son enterrement… Le cercueil avait été soulevé avec facilité par quatre hommes, comme si son père, cet homme qu’il appréciait tant, auquel il tenait tant, qu’il avait tant admiré n’avait pas de poids, comme s’il n’était plus qu’un énorme coffrage de bois… Leur vie de famille que l’on enterrait avec lui…
Leurs vies… Sa vie…
Sa vie qui avait tourné au désastre depuis ce jour… Des caractères ternes, même pas son écriture à elle, une feuille d’imprimante qu’il avait retrouvé à leur retour à la maison… Sa mère qui partait, ses sœurs qui la suivaient… Et lui, laissé seul, sur le seuil de cette maison devenue froide, impersonnelle, vide sans eux…
Sa vie… Sa vie qui était devenue un calvaire au fil des jours, sa vie qui s’était résumé à un seul mot : solitude… Sa vie… Sa survie… Depuis qu’il était entré à la JMB’s, sa vie était devenue survie, survie contre cet être répugnant qu’il était… Cet assassin qu’il était…
Assassin… Alcoolique, de surcroît. Puisqu’il avait fini par aller se saouler après chaque « petit boulot » qui lui était confié…
Pourtant… Depuis sa rencontre avec Yunho, il avait cessé de boire, préférant se noyer dans sa colère plutôt que dans les alcools forts. Dans sa colère… Et peut-être, finalement, autre chose, qu’il découvrait au fil de leurs rencontres… Au fil de leurs contacts… Au fil de leurs conversations.
Un bref sourire éclaira son visage fatigué. Bon sang ce qu’il était stupide. Finir par se laisser avoir par ses regards, ses mots… ses baisers… Se laisser aller dans ses bras, poser, à nouveau, ses lèvres sur les siennes, sentir sa main dans son dos, l’écouter murmurer son nom et…
Minute.
Stop stop stop.
On se calme, Kim Jae Joong. On se calme. On respire. On ne pense pas à ce genre de bêtises. On pense à tout ce qu’on veut, mais pas à ça. Ce n’était pas du tout une bonne idée. Respirer, respirer, respirer…
A propos de Yunho, comment allait-il ? Il allait falloir qu’il aille le voir avant de quitter l’hôpital… L’androgyne se souvint à nouveau des mots du fils de l’ambassadeur et cilla. Un sourire amer, presque tendre, sur les lèvres. Bon sang ce que ce que type était con. Bon sang… Bon sang ce que sa voix lui manquait. Bon sang ce qu’il avait envie de le croire…

Yunho…

Yunho et son regard qui le mettait si mal à l’aise. Yunho et son sourire. Yunho et sa voix. Yunho et ses mots. Yunho et la douceur de ses doigts… de ses lèvres. Yunho et son étreinte chaleureuse. Yunho et son étrei…
A ce souvenir, Jae Joong se sentit frémir. Où était-ce déjà ? Dans l’avion ? Peut-être. Il avait du mal à rassembler ses pensées. La seule chose dont il se souvenait, la seule chose qui parvenait à occuper son esprit était ce Coréen idiot. Son étreinte… La chaleur de sa peau… Ses doigts contre les siens. Ses lèvres. Leur douceur et…

Il sentit, à nouveau, ce besoin idiot de le voir. Ce besoin idiot d’être près de lui, d’entendre le timbre de sa voix encore un peu rauque…

Sa vue se brouilla juste un instant. Juste un instant, il admit que peut-être pour lui, il resterait… Pour lui, avec lui… Juste un instant, il s’accorda de penser qu’il avait le droit de l’aimer…

Juste un instant.


Dernière édition par le Jeu 3 Jan 2008 - 14:46, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Jeu 3 Jan 2008 - 1:10

Un matin… Un de ces matins où tout semblait se répéter, inlassablement. Un de ces matins où le temps semblait s’être figé sur une même scène, sur un même instant, comme un pendule répercutant son tic-tac régulier sur une même seconde.
Des hommes. Des silhouettes brèves qui passaient dans le couloir, des pas rapides, pressés, des bribes de conversations. Ils n’en finissaient pas de passer, de repasser, encore et encore. Il avait fini par reconnaître ces voix, les pas parfois.
Les hommes. Souffles, ronflements, soupir, gémissements, grognement. Presque toujours les mêmes, eux aussi, mais figés dans cette lenteur morne et monotone qui agaçait bien souvent.
Le Temps… le Temps passait inlassablement, inutilement, insensiblement. Il ne s’arrêtait pas, jamais, pour ceux qui avaient laissé échapper leur véhicule du sentier habituel. Il n’y avait pas de raccourci, et impossible de faire machine arrière. Le Temps était intraitable.

Et pourtant aujourd’hui, il semblait s’écouler différemment. Comme si dans le couloir, partout ailleurs sauf dans cette chambre, tout allait plus vite. Chacun s’affairait, pressé, dans chaque recoin de l’hôpital. Même ceux qui n’avaient rien à faire semblaient être préoccupés par quelque chose.
Eux, non. Dans cette chambre, où ils n’étaient probablement guère plus de quatre, le Temps semblait se moquer d’eux, ralentir le pas et les faire tourner en rond. Ils n’avaient plus qu’à rabâcher leurs pensées noires, à s’adapter à ce rythme incroyablement fatiguant malgré les apparences.

Yunho haïssait l’hôpital.

Il leva les yeux vers le plafond, une paume levée dans cette direction. Il agita mollement les doigts, espérant secrètement que son épaule ne serait plus douloureuse, qu’il ne serait pas obligé de rester encore, que ces fichus soins ne dureraient plus très longtemps ; sans succès. Sa blessure semblait lui dévorer la chair avec la même fureur que lorsqu’il avait senti la balle la lui arracher.
Le Coréen n’avait jamais été dans les habitudes. Il ne supportait pas ça. Prendre tous les matins son petit déjeuner à la même heure, manger la même chose, partir à la même heure au boulot, travailler pendant un même laps de temps, prendre une pause, toujours avec les même amis, toujours au même café, revenir à la même heure, tout le temps, rentrer chez lui et…
…Voilà. C’était exactement à cause de ça qu’il ne pouvait pas supporter cette monotonie lassante, qui le prenait à la gorge chaque matin les jours où il avait encore un boulot. Maintenant, c’était probablement fini. Son patron avait dû passer un coup de fil chez lui en s’apercevant qu’il n’était pas venu, se rendre compte qu’il n’était pas là, et qu’il ne reviendrait pas, de toutes manières.
Gris. Tout était gris ces matins-là, avant que cela ne vire au noir à la mort de son père.

Son père.

Le fait même d’y penser était intolérable. Jusqu’à présent… Il n’y avait jamais pensé avec autant de réalité. Il n’y avait jamais pensé comme étant une vérité. Les formalités à remplir et la course-poursuite avec Jae Joong y aidant, il n’avait en fait pas eu le Temps de le ruminer pleinement.
Maintenant… Maintenant il avait des minutes, des heures, des jours, des semaines peut-être, devant lui. Longs silences à peine effleurés par la vie qui s’écoulait, tel à une fleuve, dans le couloir. Tout proche d’eux. Très loin d’eux.

« -Yunho… Prends soin de ta mère. »

Sa mère ? Sa mère était partie loin, très loin de lui, sa mère, plongée dans un océan de douleur n’avait pas jugé utile de l’emmener là où elle emménageait… avec un autre. Sa mère l’avait tout simplement oublié, après l’avoir élevé, aimé sans doute, durant toutes ces années.
Qu’avait-elle vu, à la mort de son mari ? Qu’avait-elle vu à la mort de cet être qui avait été lié à elle par les liens du mariage pendant plus de vingt ans ? Qu’avait-elle vu de plus qu’une occasion de se remplir les poches pour partir avec un inconnu ?
Yunho savait. Il savait qu’il avait tort de penser d’une telle manière, il savait qu’il n’en avait aucun droit. La douleur de sa mère, il l’avait lue sur les traits de son visage, durcis et obstinéments fermés. Comme un immense mur de pierre qu’elle avait élevé devant elle… un immense mur de peine.
Et pourtant, il était si douloureux de songer qu’elle était partie parce qu’il avait le visage de son père… Ses expressions, ses petites manies parfois… Tant de choses qu’elle retrouvait en lui, tant de souvenirs aussi, qu’elle avait eu du mal à accepter…
Il poussa un bref soupir en resongeant au visage de sa mère qui lui annonçait qu’elle partait, qu’elle déménageait, qu’elle vendait l’appartement mais qu’elle lui laissait le studio… Tous les souvenirs qu’il avait chéris, nourris, qu’il avait accueilli en lui avaient été vendus sur un coup de tête, parce qu’elle avait été incapable d’en supporter le poids… Une colère sourde retentissait encore dans son cœur, mais avec le temps, elle s’effilochait.

« -Yunho, je t’ai déjà dit de ne pas acheter de jeux videos avec ton argent de poche ! Bon dieu, cultive-toi un peu, va donc t’acheter autre chose que ces inepties ! »

Colère. Son père ne se mettait pas souvent en colère. En contrepartie, il lui faisait souvent des reproches. Yunho se souvenait parfaitement du son de sa voix, profonde, un peu ombrageuse, qui l’avait effrayé jusqu’à son adolescence. Un sourire pâle se forma un instant sur ses lèvres, alors que d’autres souvenirs, d’autres instants venaient s’installer en son esprit.
Enfance heureuse, adolescence aussi. Personne ne connaissait son père, il n’avait pas droit à plus d’argent que les autres, il n’était pas tellement un fils à papa… Logique, les autres l’étaient pour lui. Il avait toujours été dans les privés à tarifs incroyablement inaccessibles pour la population normale, mais ne s’en formalisait pas. Il ne s’en était jamais soucié. Il avait eu de bons amis, était vaguement populaire… Jusqu’à ce qu’il se fasse renvoyer pour une raison quelconque –pourquoi déjà ? Ah, oui, il avait défendu un de ses amis gay alors qu’il se faisait frapper….D’après ses souvenirs, ça avait très vite fini en baston générale... Plus tard – il ne s’en souvenait plus très bien, à vrai dire la seule chose dont il parvenait à en tirer étaient les pleurs de sa mère et la froide colère de son père- il lui semblait avoir trouvé un boulot grâce à ces derniers, parce qu’on l’avait refusé dans les autres grandes écoles, à cause de son dossier –ses notes n’avaient jamais été très élevées et sa soi-disant violence gratuite avaient été de trop. Il avait fini par se faire une petite place dans l’entreprise où il occupait un poste respectable à un salaire convenable. Enfin, maintenant, c’était fini, il avait probablement déjà reçu une convocation de son supérieur.

Mais dans le fond, ça n’avait plus aucune importace.

Son père n’était plus là pour le pousser dans la bonne direction et sa mère, même si elle en était tout à fait incapable, ne le pouvait pas plus –il ne savait même pas où elle avait déménagé. Qu’il perde son boulot ou non, cela ne leur importait plus. A lui non plus,d’ailleurs. Après tout, n’avait-il pas, à présent, plus de dix milliards de dollars à son entière disposition ?

Yunho en avait la nausée.

Dix milliards… Une somme qui lui semblait tout simplement trop grande, trop élevée pour qu’il puisse s’en rendre compte, pouvoir s’en faire une idée. Une somme qui lui avait attiré un nombre considérable d’ennuis. Il n’aurait sans doute même pas fini d’en user la moitié à la fin de sa vie. Alors que des milliers, des millions, sans doute même des milliards d’êtres souffraient de ce manque.
Argent, argent, argent… Cela commençait à prendre bien trop d’importance dans la société pour qu’il puisse l’ignorer. Argent… Comme une flamme ardente, il attirait de sa lumière les papillons de nuit. Argent… Alors que pour d’autres, il n’était qu’une illusion inaccessible…
Argent…

Argent baigné de sang, teinté de souffrance, de larmes, de peines, argent pour lequel des vies avaient du payer…

Argent…

Mais qu’était-ce donc, pour l’être humain ? Quelle importance y avait-il à vivre dans l’opulence ? Aucun, et Yunho le savait très bien.

L’argent… L’argent n’avait pas sauvé son père.

L’argent n’avait pas retenu sa mère.

L’argent n’avait pas empêché la déchirure en lui.

L’argent ne remplaçait pas l’amour d’un être perdu.

L’amour ne permettait pas la tolérance des autres.

L’argent ne lui accordait pas le pardon, ne lui retirait aucunement la culpabilité.

L’argent lui avait permis de vivre convenablement… de l’extérieur.

L’argent avait pourri sa vie de l’intérieur.

« L’argent ne fait pas le bonheur… »

Le dicton populaire avait bien raison.

~*~

Sarie…

Sarie était jolie.

Elle avait les cheveux sombres, doux, un sourire chaleureux. Son regard était énormément rassurant et elle riait beaucoup. Elle avait un visage ovale, des traits pleins de tendresse. Elle n’était pas très grande. Pour se jeter dans ses bras, c’était pratique.

Sarie…

Sarie était spéciale.

Elle avait un caractère doux, beaucoup de douceur dans ses gestes et un cœur débordant de gentillesse. Elle avait aussi une droiture de fer et il lui arrivait d’être intransigeante. Mais de manière générale, elle était quelqu’un de bienveillant et patient.

Sarie…

Sarie avait un chouette uniforme. Elle était très jolie dedans. Tomoko l’aimait beaucoup, dans sa tenue. Elle lui allait bien.

Sarie…

Lui manquait énormément. Tout autant que Pauline, partie avec Junsu en Corée, Pauline et ses câlins, Pauline et son rire, Pauline et son sourire, Pauline et ses remarques, Pauline qui avait peut-être changé, qui sait. Yunho aussi lui manquait – elle l’aimait bien, Yunho. Elle ne savait pas tellement pourquoi, mais elle l’aimait bien.
Tomoko, allongée sur le matelas, bras écartés, cilla machinalement, les yeux fixés sur le plafond blanc. La surface était vernie, pure, polie, et la lumière du jour s’y reflétait avec douceur. Pas de fissure. Pas de tâche d’humidité.
Parfait. Elle s’en fichait.

Ça n’avait aucune importance.
Mais c’était quand même dommage d’avoir un plafond aussi vide. Fade. Elle n’avait rien à regarder, rien à part ces lueurs mornes de l’extérieur. Il faisait gris, derrière la fenêtre, elle pouvait le deviner.
Pourquoi fallait-il que le Temps soit aussi pluvieux ? Déjà qu’elle était obligée de rester cloîtrée dans une chambre…

La jeune fille cilla à nouveau avec lenteur, avec cette sensation morne entre l’ennui et… et le chagrin, peut-être.

C’était idiot. Complètement idiot.

Mais c’était également indéniable. Il y avait ce chagrin idiot, ce manque absurde, cette sensation de vide lorsqu’ils n’étaient pas là. Elle savait bien qu’elle tenait à eux, mais de là à en éprouver du chagrin… Bien sûr que c’était normal. Mais pourquoi fallait-il que ce sentiment soit aussi excessif ?
Pourquoi avait-elle peur de ne plus les retrouver tels qu’ils avaient été jusqu’à récemment ? Pourquoi avait-elle peur de transformer ce qui avait été son quotidien pendant des années ? Elle se connaissait, et savait parfaitement qu’elle détestait les changements. La monotonie, le quotidien, le prévisible, l’immuable, c’était dans ses cordes. Le reste, elle ne supportait pas. Déstabilisée, elle faisait toujours un pas de travers –un pas à découvert.

Des pas dans le couloir.

La porte qui s’ouvrait.

Changmin. Elle reconnut presque sa façon de se mouvoir dans la chambre. Une voix chaude qui s’y installait.

« Tu dors ?
-Oui. »

Un silence.

« -Ah. »

Il sembla un instant déstabilisé, puis elle l’entendit soupirer. Il s’approcha. Elle hésita un instant, les yeux fixés au plafond.

« -Ils reviendront, tu crois ? »

Sa voix se voulait ferme, mais elle tremblait. Ils le sentirent tous les deux, et elle posa une main sur ses yeux, un sourire tendu sur les lèvres, affligée par sa propre faiblesse.

« -…S’ils le peuvent, je suppose. »

Ce n’était pas une réponse, il le savait aussi bien qu’elle. Mais c’était la seule qu’il était en mesure de lui offrir à cet instant. Le fait était qu’il n’en savait rien –mais il l’espérait. Ils se devaient de revenir –il ne supportait plus cette ambiance lourde entre eux, il ne supportait plus cette angoisse perpétuelle dans son regard, comme si elle avait peur de quelque chose…
Quelque chose, ou quelqu’un.

« -Tomoko… »

Il s’assit sur le lit opposé, étirant ses jambes. Elle roula sur le côté pour l’observer, et étouffa un baillement.

« Mhmm ?
-Je te fais peur ? »

Un silence. La question semblait ridicule, risible, mais il était sérieux. Elle prit appui sur un bras pour se relever et le scruta avec incertitude.

« -T’es sérieux là ? »

~*~

11/01


S’il y a bien quelqu’un qui compte à mes yeux en ce jour, c’est bien toi, Junsu. Même si, petit à petit, nos pas s’éloignent de ce foyer qui a toujours été le nôtre, même si nos regards se perdent là où ils se croisaient auparavant, tu es et tu seras à jamais mon frère, ce jumeau que j’aime tant. Qui m’est tant semblable et qui m’est tant différent.
Je ne sais pas si j’aurai le courage de mener à bien cette mission, une fois de plus. Comme toutes ces fois où mes lettres emplies de doutes t’assaillissent ; c’est parce que j’ai peur, peur de ne pas être à la hauteur, que tu les reçois.
J’ai peur de crever, Junsu.
J’ai peur de ne plus revoir ceux que j’aime, de ne plus te revoir.
J’ai peur de tuer.
J’ai peur de tout.

J’aurais aimé que nos parents n’aient jamais eu cette dette envers cet enfoiré, j’aimerais que tout s’achève, j’aimerais te revoir.

Je voudrais sortir de cette m****.

Je voudrais refaire ma vie, réapprendre à exister.

Je voudrais abandonner cette arme que je tiens encore entre mes mains, je voudrais cesser de tuer, et ce à jamais.

Junsu, salue les parents de ma part.

Je n’ai plus le courage de leur écrire, moi qui ne suis même plus humain.

Ton frère qui t’embrasse,

JunHo.

~*~


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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Jeu 3 Jan 2008 - 1:11

Des mots griffonnés sur un papier. Le temps qui s’écumait derrière lui.

Son frère.

Tout ce qu’il avait perdu se résumait en quelques lettres qui noircissaient la feuille quadrillée. JunHo.

Junsu, assis dans le restaurant vide, fixait la porte opaque en silence, la lettre serrée dans la main. Tentant vainement de deviner les traits de son frère au travers de la vitre. Avachi sur une chaise.
Dans le vide et dans le silence.

Sans lui.

« -Junsu, si tu continues à te tenir mal comme ça, tu vas finir par te tordre le dos. »

Le Coréen jeta le papier au sol, de rage, de colère, de frustration… et de cette tristesse, ce désespoir de le savoir innaccessible, et ce peut-être à jamais. Il avait fini par oublier, avec le temps, à quel point sa perte lui avait fait mal – à quel point aujourd’hui encore elle le dévorait de l’intérieur.
A quel point ses mots étaient présents en lui et ailleurs, partout, comme pour lui rappeler qu’il avait été là, et que peut-être il n’était plus. A quel point sa silhouette lui manquait, à quel point il avait peur que son sourire ne s’efface de sa mémoire.
A quel point il lui manquait.

En ce moment même il le cherchait du regard parmis les passants, comme s’il allait revenir d’une ballade un peu longue d’un moment ou un autre. Comme si.

« -Comme si on allait sortir vivants ou indemnes de cette connerie, Junsu. Essaie d’y croire. »

Essayer ? Mais à quoi bon, puisqu’il n’était plus là ?

JunHo était bien trop optimiste pour être quelqu’un de normal.

Et c’était justement pour ça qu’il s’attirait toujours, quoi qu’il arrive, un million d’ennuis et un nombre encore plus grand d’amis.

Des larmes.

Un nombre incalculable de larmes qui commençait à rouler le long de ses joues, comme pour comptabiliser ceux à qui il allait manquer, pendant combien de temps et le nombre de chagrins de ce type qu’il allait provoquer.
De chagrins, et de colères aussi.

Colères contre soi-même parce qu’on avait pas su noter les signes de détresse, l’alarme qui s’amorçait et que l’on aurait du deviner dès les premières alertes, parce qu’on était son double et …

Un sanglot.

Junsu n’avait pas su, non.

Il n’avait pas su deviner sa tristesse, sa peur, alors qu’elle était clairement mise à découvert. Il n’avait pas agi parce qu’il était trop égoïste, trop centré sur ses propres ennuis pour se rendre compte de ceux de son frère.

Il n’avait pas su.

Pas su le consoler, pas su le soutenir.

Il n’avait rien pu faire d’autre que de le pleurer après sa disparition –ce qu’il faisait encore après ces nombreux mois.

Et cette peur, cette peur folle d’oublier sa voix, son sourire, son regard.

« -JunHo… »

Il faisait beau dehors. Le soleil éclairait allègrement les photos de ce qui avait été une vie, et ces mots, ses mots sur le papier.

S’il y a bien quelqu’un qui compte à mes yeux en ce jour, c’est bien toi, Junsu…

~*~

« -Je suis sérieux. »

Tomoko posa ses pieds nus sur la moquette et se mit face à lui, mains dans les poches. Ils se dévisagèrent un instant, alors qu’un silence plus que troublant s’installait entre eux. Elle lui parut plus petite que d’habitude.

« -Si c’est parce que tu fais plus d’un mètre quatre-vingts, c’est non. J’ai vu plus grand. »

Il secoua la tête. Qu’elle cesse de rendre les choses plus difficiles qu’elles ne l’étaient, de tenter d’éviter le sujet.
Elle sembla pourtant hésiter sur les mots suivants.

« Parce que tu es un homme ?
-Il y a de ça. »

La Japonaise sembla un instant mal à l’aise.

« …Euh… On est vraiment obligés d’aborder ce sujet ?
-Alors quoi, je te fais peur ?
-…Non. »

Il ne l’effrayait pas, c’était sûr. Mais de là à dire que tout allait bien… Effectivement, c’était un sujet délicat. Sa présence ne gênait pas forcément –ou peut-être un peu, mais cela n’avait pas grande importance. C’était juste qu’elle n’avait pas l’habitude de cohabiter avec quelqu’un d’aussi… tendu qu’elle, en fait. Le moindre de leur mouvement en provoquait u autre, maladroit, chez l’autre, pour une raison inconnue. Peut-être parce qu’ils semblaient vouloir s’obstiner à ignorer l’autre tout en le surveillant du coin de l’œil.
Elle cilla, alors qu’il l’attrapait brusquement par le bras.

« -Je sais pas si tu réalises, mais je vais te la refaire clairement, si tu veux : Shim Changmin, vingt ans, un mètre quatre-vingt-six, sexe masculin, a appartenu pendant une période indéterminé au groupe de Kim Jae Joong, de la société JMB’s. Accessoirement, a également plus de cinquante meurtres sur le dos. »

Il se leva, la dépassant de plus de deux tête –probablement trois.

« -De l’autre côté du ring, Tomoko, seize ans, un mètre cinquante, jeune lycéenne avec un caractère qui plaît pas mal à l’autre adversaire. Pas très grosse, ni très lourde. Pour ta gouverne mademoiselle, voilà ce qui pourrait te faire peur. »

Il la souleva brusquement. Une colère tumultueuse dans le regard. La machoire crispée. Et l’envoya sur le lit, faisant fi de ses blessures. Elle porta une main à son bras, grimaçant.
Toujours debout, il la jaugea de haut.

« -Alors ? Qu’est-ce qui pourrait bien t’arriver, tu crois, maintenant ? Je pourrais peut-être t’étrangler ? T’égorger ? Te dépecer ? Te… »

Sa voix s’étouffa dans sa gorge. Il sentit qu’il ne tiendrait pas bien longtemps –et il sentit également qu’il avait peur, peur de lui faire peur, justement. Peur de l’effrayer alors qu’il faisait tout pour le faire.

« -Changmin. »

Elle s’était assise sur le lit.

« -Est-ce que tu y tiens tant que ça, à me faire peur ? »

Le regard fixé au sol, en biais. Elle avait les doigts serrés sur le tissu de ses vêtements, comme cherchant les bandages au travers – comme si elle cherchait à arrêter la douleur de ses doigts.

« Est-ce que ce n’est pas plutôt toi, qui est mort de...
-NON ! »

Elle leva les yeux.

« …J’aimerais que tu comprennes…
-Que je comprenne quoi ? Que tu as tué ? Mais je l’avais compris, merci bien de t’en soucier. Mais tu crois vraiment que je vais avoir peur, t’insulter de tous les noms ? Tu as vu ta gueule quand tu en parles, Changmin ? »

Terreur. Terreur dans son regard sombre. Elle le lisait à chaque fois, toujours le même. Terreur et angoisse. Même dans ses sourires, il en subsistait une trace. Comment voulait-il qu’elle en ait peur ? La seule chose qui l’effrayait vraiment était sans doute qu’il s’en aille, comme les autres, qu’il la délaisse, volontairement ou non.

« -Je… »

Il cherchait ses mots. Il hésitait, il semblait vouloir trouver d’autres arguments, qu’il savait sans doute tout aussi inutiles que les précédents. Elle soupira.

« -Ta gueule, Changmin. »

La Japonaise leva la main pour trouver celle du grand brun. Entrelaçant ses doigts maladroitement à ceux de l’autre. Pour l’empêcher de partir. Pour le garder auprès d’elle. Par égoïsme.
Ses mains semblaient immenses. Elle leva la tête pour les observer un instant, puis leva la tête vers le Coréen, qui referma instinctivement ses doigts sur ceux de la jeune fille.

« Tu as tué, c’est un fait. Est-ce que c’était volontaire ? Est-ce que c’était par plaisir ?
-Non…
-Je sais. Alors ne viens pas me dire que tu voudrais me dépecer ou quoi. »

Elle tremblait un peu. Mais cela n’avait pas d’importance.

« -Et… Je n’ai pas peur de toi. Et même si c’était le cas… ça n’a aucune importance. »

Il sourit. Faiblement, mais ce fut un sourire.

« T’es bien gentille mais ce que tu dis…
-N’as aucun sens, je sais, ferme-la. »

Elle grimaça.

« Bon, en fait c’est vrai que je suis pas sûre de tout pouvoir saisir…
-Et à la limite ça vaut mieux. »

La Japonaise se leva. Ils avaient au moins trente centimètre de différence, et de près, ça faisait bien grand.

« Tu vas avoir mal au cou.
-Mais j’ai déjà mal au cou. Et à la gorge aussi d’ailleurs. »

Changmin s’empressa de la soulever pour la poser debout sur le lit. Elle le dépassait à peine.

« Purée, t’es pas normal comme type.
-Toi non plus, j’te signale. Au fait… »

Il lui désigna sa blessure de l’index.

« Je suis désolé pour ça.
-C’était pas toi, il me semble, si ?
-C’est tout comme. Je n’ai rien fait pour l’arrêter. »

Un rire. Un peu moqueur. Presque attendri –presque, disons le clairement.

Presque…Mais c’était déjà ça.

« -T’es pas superman, tu sais. Il est moche en plus, avec ses collants. »

Il rit aussi, amusé. Puis le Coréen détacha lentement sa main de celle de la jeune fille, et l’attira contre lui, enlaçant sa taille.
Un murmure.

« Finalement, j’ai pas eu de réponse à ma question… Je te fais peur ?
-Non. Si. Je sais pas. Enfin… Je n’ai jamais vraiment eu affaire à la mort, alors je ne sais pas vraiment. »

Elle passa maladroitement ses bras autour de son cou.

« La vie va pas être facile tous les jours dis donc, si je suis obligée de monter sur quelque chose pour que…
-Ah, parce que tu comptes me prendre dans tes bras tous les jours ? »

Tomoko ferma les yeux et se maudit avant de soupirer, sourire aux lèvres.

« Pourquoi pas ?
-C’est une invitation ? »

Un rire.

« -Je dirais plus du soutien, mais prends ça comme tu veux. »

~*~

Des Marguerites.

Yoochun s’arrêta brusquement au beau milieu du trottoir, provoquant une gêne chez les passants derrière lui, gêne vite dissipée par un contournement machinal.
Le fleuriste de ce quartier aurait pu offrir les fleurs les plus rares du monde que ça n’en n’aurait pas d’importance. Les plus belles, du moins les plus expressives à ses yeux s’y trouvaient, juste sous son nez, brillant d’un éclat pur et net, posées dans un pot de plastique noir sur le bitume trempé par les jours précédents.

Marguerites. Blanches, pures, avec ce cœur jaune encore empli de soleil.

Yoochun sentit un sourire idiot le surprendre, alors qu’il s’approchait du magasin d’un pas maladroit, évitant de son mieux le flux de passants pressés.

Elles étaient belles.

Oh ça oui, c’était le mot. Elles étaient belles, belles comme elle l’était.

Sarie.

Elles étaient ce qu’il connaissait de mieux chez elle. Son sourire, sa timidité, ce côté naturel sous ses airs farouches. Entre simplicité et bienveillance.

« -Je peux vous aider ? »

Il leva les yeux. Une jeune Japonaise –à peine lycéenne, probablement-, tablier vert par-dessus une chemise à carreaux, lui souriait gentiment. Elle avait une voix flûtée et n’était pas très grande. Le badge sur sa poitrine indiquait qu’elle s’appelait Risa.

« -Bonjour. »

Il lui sourit en retour. Elle faisait probablement un stage ici, ce n’était pas encore la période des petits boulots –quoique, c’était possible, il ne s’y connaissait pas très bien.

« Combien, les Marguerites ?
-Eh bien, ça dépend du nombre de fleurs que vous achetez. »

Elle se pencha pour ramasser le pot de plastique noir.

« Douze, une seule, trois, sept… A vous de décider.
-Et là, il y en a combien ? »

Elle les évalua du regard.

« Environ une douzaine.
-Alors je vous prends la douzaine. »

Un sourire éclaira le visage de la Japonaise – etYoochun réalisa que la jeune fille était différente, différente de toutes celles qu’il avait croisées sur le marché japonais. Celle-là semblait plus humaine, plus proche, plus vivante, moins commerciale.
Il la suivit machinalement à l’intérieur de la boutique alors qu’elle emballait les tiges avec du papier d’aluminium. Il passa vaguement à la caisse et paya machinalement.

« Merci beaucoup.
-C’est moi qui vous remercie.
-Non, non, c’est moi. Ç’aurait été dommage de le séparer. Elles sont tellement plus belles toutes ensembles. »

Sarie aussi, songea Yoochun. Sarie aussi était belle, et ce tout entière, quelles que soient ses qualités, quels que soient ses défauts. Il l’appréciait telle qu’elle était –du moins telle qu’il la connaissait.
Eun-Ju aussi, il l’avait aimé telle qu’il la connaissait. Et sans doute l’aimait-il encore celle qu’il avait connu. Il sourit aimablement à la vendeuse avant de se pencher vers une orchidée, posée non loin de lui, qui dissipait dans la boutique une odeur forte de beauté… et de cruauté.
Eun-Ju.

« -J’aime les orchidées, tu sais. »

Oui, il le savait. Il ne l’avait jamais oublié. Il savait à quel point elle les aimait et à quel point elles lui ressemblaient… Répandant une forte fragrance d’un semblant de cruauté, d’une beauté semblant infaillible, les orchidées étaient inévitablement des fleurs fragiles. Elle aussi l’était. A sa manière.

« -Je vous prends également cette orchidée. »

Il paya, sortit après avoir à nouveau remercié la vendeuse, qui lui fit signe de la main en souriant. Les bras chargés de fleurs, de leurs effluves et de souvenirs. Comme s’il ramenait contre lui tout ce qu’il avait vécu. Tout ce qu’il avait peur d’oublier et tout ce à quoi il avait tenu - ou plutôt à quoi il tenait encore.

Le ciel, là-haut, dissipait sa douce lumière comme au travers un rideau, avec délicatesse et cette froideur marquant le début de l’automne. Yoochun eut à nouveau un sourire idiot. Il sentait la chaleur du soleil, presque inexistante, contre sa peau. Etrange comme cela lui faisait du bien.

Etrange comme il se sentait revivre, petit à petit.


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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Jeu 3 Jan 2008 - 1:14

~*~

Pauline s’éveilla brusquement, surprise par un bruit quelconque dans le couloir. Elle étouffa un baillement et plissa les yeux. Elle sentit une douleur lancinante au niveau de sa nuque, et soupira.
Elle s’était endormie –elle ne savait plus trop comment mais s’était endormie- sur le canapé du salon. Les parents de Junsu étaient allés faire les courses, les employés n’étaient pas encore là et le Coréen était probablement en train d’attendre en bas, à répondre aux appels. Elle jeta un coup d’œil à l’horloge sur un pan du mur. Il était bientôt trois heures.
Le temps passait un peu trop vite, ici.
Elle s’étira en se levant, les membres engourdis. Il y avait bien longemps qu’elle ne s’était pas endormie comme ça, même si ce n’était qu’une demi-heure. La dernière fois remontait à plusieurs mois auparavant –c’était chez Pete, d’ailleurs.
Un sourire stupide lui effleura les lèvres, et elle se passa une main dans les cheveux.

Pete.

Elle ne l’avait pas tant aimé que ça, mais se plaisait sans doute à y croire. Il était gentil, charmant –certes, en apparence-, souriant, câlin, et malgré son sens de l’humour assez déplorable, était tout à fait sympathique. Et puis, on avait enfin arrêté d’essayer de la caser, sans compter les petits cadeaux et autres bonus inclus dans le pack Pete. Oui, sincèrement, ça n’avait pas été désagréable, jusqu’à Gladys.
C’était fou ce qu’il avait fait preuve de mauvais goût –bon, à vrai dire, il n’avait pas tellement bon goût en général, mais il aimait les bonnes choses et défendait ses idées. Ce n’était pas négligeable.
Gladys.

Pete.

En fait, c’était le seul souci dans l’affaire, c’était cette dinde. Pourquoi avait-il fallu qu’il choisisse la plus niaise, dégoulinante, stupide de toutes ? En plus, elle n’était pas tellement jolie.

« -Connasse de rousse. »

Elle bailla, grimaça un instant en se remémorant le visage de l’autre idiote, puis haussa les épaules.
Finalement, c’était peut-être mieux comme ça. Elle avait fini par tirer un trait sur ce dont elle ne parvenait pas à se séparer, et peu en importait les conséquences.
Pieds nus, elle descendit les escaliers après avoir traversé le couloir éclairé par la lumière chaude du jour. Elle sentit une douce chaleur parcourir ses pieds lorsqu’elle les posa sur le parquet ensoleillé. Elle bailla à nouveau, une sensation de bien-être traversant son corps comme une vague d’air frais.

« -Junsu ? »

Il était en face du panneau de liège, dos à elle. Le restaurant était vide, éclairé par la lumière chaude du soleil. Pauline s’y avança sans encombre pour rejoindre le blond.

« -Il a dû changer, maintenant. »

Un murmure. Il y avait dans ses mots quelque chose de doux et de chaud, comme un trop-plein de tendresse débordant dans sa voix. Son frère lui manquait, et c’était visible. Et Pauline savait à quel point il lui en voulait de ne pas être là, à quel point il souhaitait son retour, et à quel point…
A quel point il aimait JunHo.

« -Mais j’arrive pas à m’y faire. »

Elle le savait parfaitement. Ça faisait plusieurs jours qu’il semblait hanter la moindre conversation, la moindre parole, le moindre geste. Tous les lieux rappelaient à Junsu leurs jeux d’enfants, leurs disputes, et son frère lui-même, tout simplement.
Et c’en devenait presque douloureux pour elle.

« -Junsu… Je sais qu’il te manque. Je ne peux pas le comprendre comme tu le fais, mais… Je sais. »

Elle observa un instant le tableau et ses photos, le regard suspendu sur ces milliers de souvenirs, de moments précieux, puis se tourna vers lui. Il resta de profil, les yeux –rouges- fixés sur son frère.

« -Il faudra bien que tu te relèves, Junsu. »

Il cilla, troublé. Son regard daigna enfin se poser sur elle, avec incompréhension, avec douleur.
Ce fut comme un premier regard entre eux. Un premier réel regard porté l’un sur l’autre, sans doutes, sans peurs des pensées de l’autre. Un regard simple et franc.

« -Il n’est pas forcément mort, ni forcément vivant, je sais. Tu peux l’attendre et continuer à vivre, Junsu. »

Ses mots se cherchaient, se trouvaient et se perdaient, face à lui. Elle ne savait plus tellement quoi dire, plus tellement quoi faire. Le seul constat était que lui était là, et qu’il avait besoin d’avancer. De décrocher ses peines. Parce qu’avec ses peines, on ne vivait pas : on survivait.
Et survivre était bien plus difficile que de vivre.

« -Ce ne sera pas facile, mais… Je ne veux pas te laisser comme ça, à te morfondre. »

Junsu la scrutait toujours, mais ce n’était plus tellement de l’incompréhension. Plus tellement de la douleur. Pauline hésitait encore.
Il approcha alors sa main valide de son visage inquiet.

Une caresse.

Un sourire.

Un soupir.

« -Merci… »

Un baiser.

Pour des milliards de sentiments.

~*~

« -Bonjour, Sarie. »

Sa voix était un peu distante, il le sentait. Il était encore mal à l’aise après la veille. Sa honte, sa culpabilité étaient encore présentes, là, en lui, sur le point d’exploser à tout moment… Mais il se sentait plus serein. Avec ces Marguerites dans les bras, sa conscience semblait étrangement moins lourde.
Il déposa les fleurs dans un vase qu’une infirmière avait posé là à son attention, en le voyant arriver avec son bouquet. Un cylindre ouvert en verre, où se reflétait clairement l’eau limpide.

« -Je t’ai apporté des Marguerites. »

C’était stupide. Complètement niais. Il avait l’impression de parler à une morte, ou à quelqu’un dans le coma –quoique pour ce dernier cas, ce n’était pas très loin de la vérité. Un léger rictus étira ses lèvres alors qu’il tentait de calmer toutes ses peurs tumultueuses… l’effroi qui lui serrait le cœur dans un étau de fer.

« -Je ne sais pas quelles sont tes fleurs préférées, mais je trouve que celles-là te vont bien. »

Un semi-rire. Il était ridicule –mais il en avait terriblement besoin. Lui Parler. Être près d’elle.

« -Tu me le diras quand tu te réveilleras ? »

Il l’espérait. Il espérait la voir sourire, rire, lui déblatérer ce qu’elle aimait et ce qu’elle n’aimait pas avec un sourire timide. Il espérait la voir s’émerveiller…vivre.

« -Je ne suis pas sûr que tu puisses me pardonner pour ce que je t’ai fait. Mais sache que j’attends ton éveil. »

Et ce plus que tout. La voir ouvrir les yeux. Ciller. Entendre le son de sa voix. Sa voix douce, un peu rauque.

« -Sarie… »

La voir sourire à l’entente de son nom, l’écouter prononcer le sien.

« -Je regrette. »

C’était la dernière chose qu’il aurait voulu faire à cet instant et…

« -C’était la première fois que je paniquais comme ça. »

Yoochun se rendit compte à quel point il avait besoin de lui parler. De s’expliquer, même dans le vide, même dans le silence.

« -J’ai perdu tout contrôle… Alors qu’avant, on nous considérait comme les plus placides de l’entreprise. »

Il resserra ses doigts autour des siens.

« -Je ne comprends pas comment j’ai pu… Je…»

Ne pas céder. Ne pas replonger, encore, dans cette folie ardente, dans cette détresse, dans cette colère destructrice.

Garder la tête hors de l’eau, le plus longtemps possible.

« -…Je n’aurais jamais dû me laisser entraîner dans cette arnaque. »

Non, il n’aurait pas dû. Mais à ce moment-là de sa vie, il avait cru que c’était la meilleure chose à faire. Parce qu’il l’aimait et que c’était pour elle qu’il le faisait.

Eun-Ju.

Il portait encore sur lui l’odeur de l’orchidée de tout à l’heure, qu’il avait déposée à l’hôtel avant de venir. Une odeur forte –il aimait cette odeur- qui ressemblait à son parfum.

« -Mais je l’aimais. »

Au souvenir de son visage souriant, de sa voix enjouée lui murmurant ses mots, il sentit son cœur se serrer.

Plus jamais.

Plus jamais il ne la reverrait.

Plus jamais elle ne lui sourirait de cette manière.

Plus jamais elle ne lui répèterait cette phrase et plus jamais il ne la verrait sentir cette fleur avec un sourire paisible sur son visage.

Plus jamais.

« -Et je pensais que c’était réciproque. »

Il le pensait… Mais l’avait-elle réellement aimé, un instant dans leur vie, un instant durant leurs insignifiantes existance, leur relation inutile ?

« -Elle avait mis tellement de temps à me piéger dans ses filets… J’étais persuadé qu’une femme –un être humain tout court, plutôt- n’aurait pas mis autant de temps à obtenir l’amour d’un homme si ce n’était parce qu’elle l’aimait. »

Un rire. Amer.

Il se souvenait encore de leur première rencontre…

« -Oh, je suis vraiment désolée ! »

C’était à une soirée mondaine quelconque, à laquelle il avait dû participer en tant que digne aîné de la grande famille des Park. Soirée à laquelle une jeune femme l’avait bousculé…et lui avait renversé dessus une bonne et charmante rasade de punch.

« -Mon Dieu, je vous ai sali… votre veste… »

Il avait pesté intérieurement, puis souri à la jeune maladroite…

Eun-Ju.

« -Il n’y a aucun problème, mademoiselle. »

Qui s’était empressé de protester, de s’exclamer qu’elle lui paierait dédommagement –pour une simple veste, c’était bien trop de considération… Bien que la veste en question ait coûté une somme proche de mille dollars.

« -Je suis confuse… »

Elle avait vraiment l’air navrée, et lui fini par céder. A sa grande joie.

« -Tu aurais vu notre première rencontre… Du grand art cinématographique, LE cliché pur du grand écran. Le pire, c’est que j’y ai cru. »

« -Je me suis permise de vous acheter une nouvelle veste… »

Elle lui avait amené un paquet, quelques jours plus tard.

« -Je… Pourquoi ne prendriez-vous pas un café ici ? »

Il était vrai qu’elle l’avait attiré. Elle était belle, avait un côté naïf et un regard terriblement expressif. Un sourire plus qu’adorable.

« -Et puis, au fil du temps… Avant que je ne puisse m’en rendre compte… Elle avait resserré les mailles et je me suis retrouvé dedans, sans savoir pourquoi. »

Il s’était retrouvé à l’embrasser il ne savait où, passionnément.

« -J’étais tombé amoureux. »

Et il s’y était laissé glisser, glisser jusqu’à s’y enliser véritablement.

«Allô ?
-Monsieur Park ?
-…Qui êtes-vous ?
-Je suis Jung Myoung-bo. Ravi de faire votre connaissance. Eun-Ju m’a beaucoup parlé de vous.
-Où est-elle ?
-Si vous voulez la revoir vivante, il va falloir travailler pour moi, Monsieur Park. »


S’y enliser…s’y noyer.

« -Je l’aimais sincèrement, réellement. »

Puis comprendre que tout cela n’a été que vain.

« -Pas elle. »

Elle les avait pourtant prononcés tant de fois, ces mots…

« -Je t’aime, Yoochun. »

Avec douceur et tendresse.

Dire que tout cela n’avait été qu’une illusion. Il ne parvenait même plus à en être écoeuré, non. Il y avait simplement cette déchirure en lui, comme un abîme. Trace d’un amour qui n’avait été qu’à sens unique.

« -Enfin… ça n’a plus d’importance maintenant. »

Yoochun finit par lâcher la main de la jeune femme. Et se leva silencieusement. Il resta un moment debout à son chevet à la dévisager.

« -Elle est morte. »

Un rire bref. Presque cruel. Presque fou. Amer.

« -Ou plutôt, je l’ai tuée. »

Il n’avait pas eu de raison valable pour la tuer –mais y en avait-il réellement pour tuer un être humain ? Pouvait-on considérer qu’avoir un mobile justifiait le reste ?
Yoochun en doutait fortement.

« -Sarie… »

Il laissa un instant flotter son nom sur ses lèvres, puis s’écarta lentement du lit.

« -Toi, tu es différente. »

La dévisageant une dernière fois, le Coréen se retourna et se coiffa de son habituel couvre-chef.

« -Je ne le voulais pas, et je ne l’aurais jamais voulu. »

Un sourire effacé.

« -Please…Believe me. »

Le rideau retomba dans un bruit d’étoffe lourde. Sur elle, sur eux. Sur cette balle qui avait tout détruit.

Et sur ce bouquet de Marguerites qui, paisiblement, paressait sous les néons.

~*~

Dans une chambre à quelques autres de cet endroit, Jae Joong soulevait précipitemment un rideau et en sortait, le visage écarlate. Il sembla se retourner un instant avant de s’éloigner d’un pas leste –hâtif.

« -p***** de con… »

~*~

Et ailleurs encore, des vérités apparaissaient au grand jour.

Des preuves.

« -Des empreintes digitales… Des armes… »

Des mobiles.

« -C’était sa petite amie. C’est son parent le plus proche. »

Des coupables.


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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Jeu 3 Jan 2008 - 1:14

c'est bon, là ? je tente un preums ? XD

EDIT :

Finalement j'édite à 1 heure et demi du mat XD
Quel chapitre ! c'était un véritable délice ! J'ai adoré, il était rempli d'émotions, ça change après la guerre XD

On ressent tellement, c'est passionnant, chaque personnage réapprend à vivre à sa façon, on ne s'en lasse pas.
Le passage ou Yoochun recrache son repas dans le lavabo m'a marqué, c'était incroyablement bien décrit...
Mais alors Changmin et Tomoko, j'ai adoré. Spécialement quand il la porte pour la mettre debout sur le lit, excuse moi mais c'était carément craquant. Un peu trop même héhé

J'aime comment parle tomoko, j'aime sa manie de casser les gens, de se planquer derrière sa carapasse, j'aime son personnage. (j'aime la vrai tomoko aussi ^_-)

Jaejoong. On sent qu'il n'avait pas vraiment l'habitude de se poser autant de question. Quant à Yunho on en apprend aussi sur sa vie et tant mieux. On le découvre davantage.
Et enfin, CE passage :

Citation :
Dans une chambre à quelques autres de cet endroit, Jae Joong soulevait précipitemment un rideau et en sortait, le visage écarlate. Il sembla se retourner un instant avant de s’éloigner d’un pas leste –hâtif.

« -p***** de con… »

..........*fait de gros yeux*
Citation :
le visage écarlate.
hey.......Tu me cherches là, à t'arrêter sur ça ? Tu veux me tuer ? dans ton prochain chapitre, si tu fais pas un enoooooooooorme flashback, je te chatouille jusqu'à la mort. Je te fais manger dix milles muffins jusqu'à l'explosion de ton estomac, je te prive de lecture, je te stalk toute ta vie !
NON MAIS OH ! Et si tu attends encore autant de temps avant le prochain chapitre, moi going to kill you, compris ?

Bref.
BONNE ANNEE °oOo° mignone
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Jeu 3 Jan 2008 - 1:15

deuz XD
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Jeu 3 Jan 2008 - 1:40

TROIIIIIZ XD
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Jeu 3 Jan 2008 - 1:51

OUH PITAIN AMEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEN XDDDD
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Jeu 3 Jan 2008 - 20:06

WOUAAAAAAAAAHHHH !!!!!!!!!!!!!!!

tout simplement génial !!!!
j'ai trop aimé !!

j'aime vraiment le fait que tu développe chaque personne l'une après l'autre *-*

enfin voilà quoi....

je vais faire bref et court... j'ai adoré !!! comme d'habitude, normal quoi U___U

malgré la (TRES) longue attente, ça en valait le coup !! merci pour cet intense moment de bonheur *-* oké j'exagère légèrement mais bon BREF xDDD

merci beaucoup !! mignone

vivement la suite hein ? bave coeur

je suis imaptiente !!! rougi
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Ven 4 Jan 2008 - 1:48

... La suite qu'on attendait tous... XD

c'était un p***** de chapitre XD excusez moi de l'expression!
Très profond.... très touchant, émouvant surtout avec Tomoko et Changmin...

J'ai tout simplement aimé....

à un détail près.... C'EST QUOI CA XD? C'EST QUOI CETTE FIN?
mdrrrrrrrrrrrr pourquoi XD? en plus Jaejoong quoi! mince XD!

Je veux la suiiiiiiiiiiiiiiite XD!

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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Ven 4 Jan 2008 - 11:52

KYYYYYAAAHHHH

ENFIN CTEU P**** DE CHAPITRE !!!

J'en avait marre d'attendre à force !
J'ai grave keuffé entre ChangMin et Tomoko. Et pis jaejoong xDDD le mec qui veut faire sa vie avec Yunho amis: "Nais n'importe quoi Jamais de la vie ! J'vaus justeme marier avec lui vivre à ses côtés 24h/24h mais je veux pas être avec lui!" <== Bien sur c'est incohérent xDDD

YooChun Yaaaa Keuffé et c'est quand qu'elle se réveille ?

Junsu et son frère. On va en réentendre parley j'en suis sûre !

C'EST QUOI CTEU FIN ??? *deg* JaeJoong qu'est-ce qu'il a ???

Et je crois avoir deviné les dernières phrases... Mai dis moi pas que c'est aps ça ! Je sens que je vais chialer... J'veux aps mouah ! Si c'est ce que je pense !

Gold ! Met pas 4 mois à poster le prochain chapitre ! Je savoir moi si c'est ce que je crois ou non T-T

Ah et au fait... Super chapitre !!!!
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Ven 4 Jan 2008 - 18:16

Long chapitre, plein d'émotion...comme disait je sais plus qui XD ils réapprennent à vivre...et tant mieux ^^

Jae qui commence à se dire qu'il peut aimer un homme etc...ummm

Mais moi celui qui m'a le plus marqué, c'est YooChun...trahit par une femme, trompé par une femme, et c'est à cause de ça qu'il en est arrivé là...

Max & Tomoko sont enfin arrivés sur la même longueur d'onde si j'ose dire ^^


Bref, je ne m'attendais pas du tout a une suite XD mais ça fait vraiment plaisir hihi surtout qu'il était très long *O*

Fighting pour la suite Smile
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Sam 5 Jan 2008 - 0:43

Han trop bien *o* un miracle *o*

Fiou ... et pas un miracle nul en plus ... trop bien, comme d'habitude lol ... et ça en est même pas lassant u__u
Il y aurait eu quinze pages de plus, je les aurai lu avec plaisir ...

Tu écris vraiment bien ... je crois que c'est impossible de dire le contraire. Toutes ces émotions que tu fais passer ... c'est incroyable ... Angoisse, tristesse, nostalgie, regret, amitié, amour ... et puis ce sentiment de trahison ... ce besoin de hum ... comprendre. Pourquoi ? Depuis quand ? C'était prémédité ? Est-ce que je l'ai mérité ?

Junsu me touche beaucoup ... sa peine face à la disparition de son frêre, et Pauline qui est là pour le rassurer ... c'est beau >.<
Jaejoong et Yunho, j'ai toujours du mal à les comprendre ... mais j'attend de lire la suite pour voir ce qu'il s'est passé =) (et j'espère que c'est ce qu'on attend tous è__é xD)
Changmin et Tomoko ... ils sont ... trop mignons >.< la scène où il la met sur le lit pour qu'elle soit à sa hauteur était vraiment chou >.< ... et puis même si j'adore leurs caractères froids et distants, ça fait du bien de les voir se confier, et arrêter de se prendre la tête =)
Et Yoochun ... fiou ... D'habitude il me fait mal à cause de ses regrets, ses remords, etc ... mais là ... quand je lisais la scène sur lui, je me sentais presque mieux ... ça me fait plaisir de le voir reprendre courage (enfin si on peut dire ça ...)

Bon, ce soir, je fais court (pas envie de m'étaler lol, tu sais à quel point j'aime ta façon d'écrire, et ton histoire) ... alors juste, mets nous la suite bientôt ok ?

Bisous =)

PS : Désolée pour mon boulot de bêta cette année u__u' ... j'essayerai de me rattraper pendant les vacances d'été ^^' mais là, j'ai vraiment du mal à tout organiser ...
PS² : fiou j'ai l'impression d'avoir fais plein de fautes dans ce message u__u' ... désolée encore ^^'
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Mar 8 Jan 2008 - 14:31

Grrr... pourquoi c'est toujours quand je me retrouve sans aucune connexion au net (à la civilisation toute entière #pleure sur feue sa ligne téléphonique# Amen) qu'il y a des up' ?! Monde crueeeeeel !!

J'ai pas été très généreuse en commentaires constructifs, j'en ai honte T___T mais je défie quiconque qui osera me dire que c'est pas la mer à boire de dire tout ce qu'on a sur le coeur en dix minutes chrono (autant tenter de faire passer un camion de convoi exceptionnel dans une minuscule ruelle... #sort#) Donc je vais procéder différemment... J'ai TOUT enregistré sur word depuis la BU #ultra fière comme tout# Si j'ai la foi et le vocabulaire courageux (et pas poule mouillée, vu qu'il se fait la malle au bout du deuxième paragraphe T__T), je tenterai de faire chapitre par chapitre à partir de mon premier commentaire (parce que je connais mon endurance de m*rde qui n'est jamais à la hauteur des fics qui méritent les plus beaux commentaires) [Nawak Mode OFF]

Histoire de pas faire un post inutile, je vais quand même laisser une vaaaaague impression de ce dernier chapitre. Depuis qu'ils ont quitté l'immeuble en flamme, je m'attendais trop à ce que presque tout s'arrange tooouuut doucement. Pas complètement, hein, j'aime pô les happy end qui déboulent comme si rien ne s'était passé. Mais là, plus ça allait, plus la situation empirait. C'était horrible, une véritable épreuve de lire la suite. Parce que lire, c'est les condamner les faire inexorablement évoluer dans la déprime, la culpabilité, le chagrin. En même temps tu peux PAS t'arrêter de lire !! Blasphème !! Nan, nan, faut lire, faut savoir, faut déprimer en choeur histoire de se sentir humain et pas seulement lecteur-spectateur légèrement indifférent (c'est là que j'ai faim que le Mode Nawak revient à la charge).

Et tu continues à lire aussi parce que tu te dis, que quand même, non d'une pipe en bois, y aura FORCEMENT quelque part une lueur, même minuscule, qui fera sourire en coin et te faire quitter cet air d'outre-tombe que tu as depuis que t'as commencé cette lecture (et on dit qu'on lit pour le plaisir... on doit être masochiste à lire pour la déprime et la torture psychologique... ou vouloir se sentir humain à travers l'écran d'une machine... toujours mieux que les comportements à risque. Quoique, fanatique d'une fic peut être considéré comme un comportement à risque #va mesurer sa tension#)

Qu'est-ce que je voulais dire, moë... tsss, à force de faire des parathèses j'en oublie l'essentiel, et j'en perds mon reliquat de cervelle. Oui bien sûr, la lueur !! XD Donc, alors que je commençais réellement à me dire que c'était foutu, les carottes sont cuites, on va tous crever de chagrin (vive les eeeeelfes #sort#). Note pour plus tard : penser à mettre le doigt sur le cas-Chunie. Ce n'est peut-être qu'une impression faussée par un trop plein d'espoirs... je sais plus à quel moment du chapitre j'ai lu ça, mais... ENFIN les nuages sombres commencent à peine à se dissiper. Une éclaircie !! Cependant, on garde en tête que si l'auteur a des tendances aussi capricieuses que Monsieur Météo, ben... brefouille.

Je m'attendais pas à laisser un pavé O___o (ouais pour moi c'est un pavé pour le peu que je pouvais dire) Surtout un pavé avec 90% de grand n'importe quoi. En tout cas, ce chapitre là est bien parti pour être mon *préféré* depuis qu'ils ont quitté l'enfer. J'aime et j'adore, encore et toujours. Je m'en lasse pas.

Viva la suite !! et surtout bon courage !!
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Ven 4 Juil 2008 - 2:05

Ladies (and Gentlemen)!
Voici venir le retour de votre fiction (oubliée) Pour dix milliards de dollars... Pour ceux qui s'en souviennent, j'espère qu'ils auront plaisir à la retrouver, qu'ils ne seront pas trop déçus...
Et surtout, je les remercie d'être là. D'avoir suivi jusque-là, du moins d'en avoir eu le courage. Merci à vous d'avoir tenu durant 37 chapitres... Ce n'est pas encore la fin de la fiction, ne vous en faites pas, mais... Bah, ça me fait vraiment plaisir d'avoir quelques lecteurs.
Cela dit, je m'excuse auprès de ceux que j'ai bien emm*rdé avec ce chapitre dont l'écriture a été plutôt ardue les dernières semaines. Les doutes, les soupirs, les plaintes, ces personnes-là en ont eu pour leur compte. Destiny, Meiko, Sis, vous qui en avez pris plein la gueule ces derniers temps, je vous demande pardon... et vous remercie d'avoir pris la peine de me prêter oreille. De m'avoir aidée et soutenue.
Je m'excuse également de l'énorme retard que j'ai pris ici - ça fait, il me semble... Six mois. Pile.
Bref. J'vais finir par tourner mélo, là, ça ne va plus. Et je vais surtout vous laisser lire, je crois.
Bonne lecture.

PS// Demain, c'est l'anniversaire de deux ans de Pour dix milliards de dollars... Il n'y a absolument pas de quoi en être fier, j'ai honte même, mais malgré tout... Joyeux anniversaire, PDMD x3



Chapitre 37 – Un pas en avant


Des lèvres. Des lèvres happant les siennes avec douceur, avec langueur. Avec ce désir plus que palpable, ce désir qu’il respirait alors qu’une main tendre se posait sur sa joue, glissant vers sa nuque –un simple mouvement ne lui avait jamais tiré autant de sensations. Jae Joong ferma les yeux, se laissant aller contre l’autre, l’enlaçant de ses bras, étreignant Yunho au travers d’un tissu qui lui semblait être de trop. N’en sentant pas moins sa chaleur, ne l’en ressentant pas moins… Ne le désirant pas moins.
Il réprima un gémissement lorsqu’on lui mordilla la lèvre, avant que la langue de l’autre ne glisse le long de sa machoire… Pour se nicher contre sa gorge, qui subît le même sort. Contact entre douleur et désir, entre caresse et morsure. Ses doigts se crispèrent sur le vêtement de l’autre, avant d’en glisser le long…de se glisser dessous.
Sentir sa peau. La toucher. L’effleurer.

La désirer.

Les mains de Yunho descendirent à leur tour, longeant sa nuque, son torse, le faisant frémir, avant de se poser sur la ceinture de son pantalon.

~*~

Six Novembre – Onze heures douze – Prince Hôtel

A force de parler les mots perdent tout leur sens.
Ce fut la première chose qu’elle songea en observant son visage tendu et défait ; las. Il venait de s’éveiller. Il étira ses bras dans le lit, l’air morne, se passa une main sur le visage avant de bailler, et soupira. Elle qui sortait tout juste de la salle de bain eut envie de s’y enfermer pour ne pas le voir –pour ne pas voir ce Changmin-là.
Elle n’en eut pas le courage, comme elle n’eut pas le courage de le saluer. Ses mots se perdirent dans sa gorge, dans un serrement qui sembla tout arrêter –même ses pas. Elle eut une grimace et détourna tout aussitôt le visage. Le regrettant tout aussitôt. La faiblesse et la lâcheté dont elle venait de faire preuve étaient plus que méprisables… Et pourtant elle se sentait incapable de le regarder en face. L’impression d’avoir vu quelque chose de trop indiscret, bien trop indiscret. Cette teinte terne dans son regard était affreuse… effrayante.
Pour la première fois, elle réalisa qu’elle avait peur –qu’elle crevait de trouille. Peur de ce type, là-bas, assis sur le lit, capable à la fois de tout et de rien, peur de l’expression vide de son visage, peur d’entendre une voix qu’elle aurait l’impression de ne pas connaître… Peur de cette lassitude qui émanait de lui.

Elle avait eu tort.

La violence avec laquelle cette vérité la frappa la prit de court.

Elle avait eu tort. Tort de se croire assez forte pour contrer l’autre et ses doutes, tort de se croire assez forte pour le soutenir, tort de se croire assez forte tout court. Tort de s’être crue. Elle n’avait jamais été que faiblesse depuis le début, et ça n’était pas près de changer.
A quel point c’était douloureux de l’admettre.

A quel point c’était humiliant.

Ses poings se serrèrent – refus clair et net de ce défaitisme dont elle faisait parfois si péniblement preuve. Depuis quand était-elle devenue ainsi ? Depuis quand s’était-elle à ce point laisser aller ? Depuis quand éprouvait-elle une frayeur à la vue d’une simple expression ?

Bon sang, non, elle ne voulait pas – elle ne voulait pas être ce genre d’imbécile à se replier sur elle-même, à croire que tout allait mal…

Et pourtant, n’était-ce pas ce qu’elle faisait depuis le début ?

Sa machoire se crispa, et elle sentit l’autre, derrière elle, se mouvoir – s’avancer peut-être. Elle n’en savait rien, et pour le moment, cela n’était pas son problème. Elle ne pouvait simplement pas se permettre de lui montrer de tels sentiments. Sans doute était-ce parce que sa faiblesse était la dernière chose qu’elle aurait voulu qu’il connaisse d’elle.

« -…Je vais faire un tour. »

Il la contempla quitter la pièce sans un seul mot.

La porte se referma sèchement.

« -…Okay. »

~*~

L’alcool. L’alcool avait bien des avantages, parfois, quand on y pensait bien. Il réchauffait le corps, grisait et malgré les gueules de bois ou migraines, il permettait d’oublier. Il suffisait d’un rien, juste de s’y noyer, un instant, de se laisser couler au fond de quelques verres bien remplis.
Jae Joong ne tenait pas l’acool, il le savait parfaitement. Et pourtant, cela ne l’avait jamais empêché de prendre des alcools forts après chaque mission. Il les sentait encore, leurs goûts si particuliers, et cette sensation de brûlure qui se profilait à chaque fois le long de sa gorge, le noyant de l’intérieur. L’impression, au bout d’un certain temps, que l’air devenait lourd, que sa gorge était encore trop sèche.
Vertiges. C’était le premier signal. Dès leur apparition, l’androgyne savait qu’il avait assez bu. Puisqu’incapable de tenir debout, ou presque, puisque ses mots devenaient balbutiements, puisque ses pensées cessaient de tourner. Puisqu’il avait envie de régurgiter. Au moins il n’avait pas l’alcool triste, c’était déjà ça.
Alcool – griserie.

Il n’avait pas bu depuis quelques semaines déjà, à présent. Il avait l’impression que cela faisait déjà une éternité. L’angoisse qui se profilait le long de la nuque, le contact entre le verre et sa paume. Le soulagement de l’oubli.
L’Oubli, le vrai, il n’y avait que ça d’important, au final. Oublier… Oublier ses problèmes, ses peurs, ses meurtres. Sa culpabilité. Tout oublier, même les désirs –surtout les désirs. Ne penser à rien à part à cette couleur mordorée au fond de son verre, luisant sous la fade et fluette lumière d’une ampoule mal accrochée. Ne penser à rien, surtout pas à ces cadavres jonchant son esprit. Ne penser à rien –se laisser couler.

« -Tu ne touches pas au bar, je garde la clef. » avait dit Yoochun dès qu’il était arrivé dans la chambre.

Il n’avait rien répondu à cette remarque presque blessante. Avait juste hôché la tête. C’était à juste titre qu’il le lui avait dit, puisqu’en effet il avait brièvement songé à se saouler les jours qui leur restaient. Cette tentation ayant été rapidement éradiquée, il lui restait la douche.
C’était effectivement pour cette raison qu’il se trouvait dans cette salle de bain, d’où s’échappaient, par la petite fenêtre entrouverte, des volutes de vapeur. Il se laissait couler –couler sous une pluie chaude. Et sincèrement, ça valait n’importe quelle bouteille d’alcool pour la sensation de bien-être que cela lui procurait. Ses muscles s’étaient rapidement détendus, et son corps réchauffé. Avec ça il gardait pleine conscience de son bonheur.
Les yeux fermés, Jae Joong savourait pleinement la sensation de l’eau sur sa peau. S’y noyant avec torpeur, s’y laissant aller, comme sous une étreinte fluide et chaleureuse. S’y perdant, comme il perdait le cours de ses pensées. S’y laissant dériver…

« -Jae Joong ? »

Bordel, sa voix. Sa voix qui revenait à la charge, sa voix colorée, sa voix teintée d’inquiétude, sa voix profonde, sa voix grave, sa voix. Bon sang, sa voix. Sa voix à laquelle il s’abandonnerait volontiers, même s’il avait du mal à se l’avouer, sa voix qui le submergeait dans ses méandres, dans ses accords sombres. Sa voix.
Et puis ce regard qui l’avait scruté dès qu’il était entré, regard pénétrant et songeur, regard sombre et inquiet. Ces yeux qui plus que jamais lui avaient paru inquiétants, effrayants, parce qu’il était sensible aux moindres de leurs changements. Ces yeux, ses yeux.
Cette main qui avait effleuré la sienne, ce contact doux et paisible, ce contact qui pourtant lui avait tiré un frisson. Frisson de quoi, il n’en savait rien –refusait de le savoir.
Ces lèvres qui avaient prononcé ces mots.
Yunho.

« Comme tu l’as vu, je me tire d’ici.
-…Tu reviendras ? »


L’expression de son visage. La manière dont il l’avait dévisagé.

« -…Oui. »

Le ton de sa voix soulagée. Le sourire qui avait étiré ses lèvres. Qui l’avait plus que touché. Qui l’avait attrapé à la gorge pour la serrer.

« -Merci. »

« -P*tain de c*nnard. »

Jae Joong poussa un soupir et se passa une main sur le visage, écartant très furtivement l’eau de sa peau. Après… Après, il s’était assis, ils avaient échangé quelques propos sur sa blessure, sur sa sortie d’hôpital. Et, finalement…

« Je n’ai pas changé d’avis.
-…Tu as encore quelques jours, tu sais.
-Jae Joong, je te le dis clairement. Je refuse de témoigner. »


La détermination dans sa voix. La manière dont finalement, il avait fini par saisir sa main, le scrutant en silence. La douceur de sa paume, sa chaleur. Et puis…

« -Bordel… Laissez-vous vivre, un peu… Ce que vous avez fait, peu importe, l’important c’est ce que vous allez faire. Sans compter que… Vous avez peut-être sauvé des dizaines, des centaines de famille, en tuant Myoung-bo… »

Peut-être, mais qu’allait-il advenir de ces familles abattues ? Qu’allait-il advenir de leurs larmes ? De leur peine ? De leur colère ? De leur incompréhension ? Qu’allaient devenir ces âmes si leurs agresseurs restaient impunis ?

« -Jae Joong. Vous n’avez pas été les seuls à tuer. »

Evidemment. Mais s’ils se rendaient, cela permettrait aux autorités d’attraper tous les autres.

« -Arrête, p*tain ! Arrête de chercher toujours à reporter la faute sur vous ! Ce qui est fait est fait ! Ne reste pas cloîtré dans ton passé, m*rde ! »

Cris. Cris résonnant encore dans tout son être. A même sa chair. La marquant à vif, la touchant plus que jamais. La brûlant, l’effleurant.

« -Je…Yunho… »

« -On a besoin de faire quelque chose. On a besoin que quelqu’un nous dise à quel point ce qu’on a fait est mal. On a besoin de quelque chose… »

« -Et moi je trouve ça faible. Ça ne fera pas revenir les morts, Jae Joong. Et la culpabilité ne s’effacera pas, bien au contraire. »

« -…Ta gueule. Ta gueule. »

L’androgyne sentit sa machoire se crisper et ne put s’empêcher de frapper contre le mur carrelé, y ajoutant quelques perles d’eau qui se mêlèrent à celles qui y étaient déjà présentes. Hier, ç’avait été bien pire, puisqu’il l’avait en face de lui, puisqu’il sentait son regard pesant sur lui, puisqu’il n’avait pu résister à la tentation de se boucher les oreilles pour ne pas l’entendre.
Et finalement…Comment expliquer la manière dont Yunho l’avait tiré pour le contempler ? Comment décrire l’expression de son visage ? Comment définir les raisons qui avaient poussé l’autre à l’embrasser ?

Comment exprimer ce sentiment qui l’avait saisi à la gorge à ce contact ?

Jae Joong ferma les yeux. Incapable d’oublier puisqu’une douche n’avait pas les effets –les bienfaits ?- de l’alcool. Ne parvenant à s’empêcher d’effleurer ses lèvres du bout des doigts, alors que le pommeau de douche continuait à le tremper.

Comment ne pas fuir en ressentant d’une telle manière ?

Effrayé, il l’avait été. Effrayé par l’ampleur des sensations qui s’emparaient de lui, effaré par ce contact auquel il n’avait pu se soutirer, terrifié par son propre désir. Ce n’était qu’à cet instant-là qu’il avait réalisé convoiter depuis longtemps déjà cette bouche délicate. Cette bouche qu’il lorgnait depuis un moment sans s’en rendre réellement compte…

Comment oublier ce contact si plaisant ?

Contact auquel il n’avait pu s’empêcher de répondre… S’étaient croisés leurs lèvres, leurs souffles, leurs mots aussi. Croisés et entrecroisés… De telle manière à éveiller tout à fait ses sens… ses sentiments.

Comment oublier, aussi, le rêve insensé de ce matin ?

Jae Joong jura lorsqu’il se reçut de l’eau dans les yeux.

~*~


Dernière édition par Gold_Rh0desiA le Ven 4 Juil 2008 - 2:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Ven 4 Juil 2008 - 2:10

Un visage. Tellement famillier, à force, et pourtant déjà tellement lointain. Un visage. Inexpressif, quelque chose qui n’était pas lui alors qu’il le connaissait par cœur, puisque, par définition, il devait être semblable au sien. Même après tout ce temps il continuait à dévisager son frère sur cette photo où s’étirait son visage impavide, dans l’espoir de le reconnaître.
Dans l’espoir de se reconnaître.

La gemellité –la dualité- dans la perte d’un de ses membre avait quelque chose de troublant. Puisqu’autrefois l’on avait le privilège d’être double, le privilège d’avoir à ses côtés un être qui nous était semblable, un être-reflet. Qui ne l’était pas tant puisque lui-même autonome. On était à la fois élément annexe et élément principal soi-même.A la fois dépendant de l’autre et pourtant l’on n’était pas tout à fait lui.
Junsu l’aurait voulu.
Être les deux à la fois, ou n’en être qu’un mais pas celui qui restait. Être double, être JunHo et JunSu à la fois, être un Deux-Frères, être la coexistence. Ou ne rien être.
Le Coréen ne put s’empêcher de poser ses doigts sur la feuille plastifiée, effleurant légèrement le visage de son frère. Son jumeau. Son lui, son reflet, son autre. L’autre qui pourtant n’avait rien à voir avec cet homme au regard fixe. Qui ne souriait pas. Qui semblait avoir abandonné tout espoir.
Pas lui.
Pas Junsu.

Lui désirait plus que tout croire, espérer… continuer.

Avancer d’un pas en avant au moins, ne pas se laisser aller, se morfondre. Le regard que lui avait lancé Pauline hier –non, les milliers de regards qu’elle lui envoyait à chaque fois- lui en donnaient le courage. Lui en indiquaient la route.

« -Je suis capable d’avancer. »

Oui, il le pouvait –il le devait. Pour son frère. Pour Pauline. Pour ses parents. Et pour lui même. Il devait avancer, il devait continuer, il le devait. Il devait vivre aussi, tout simplement.
Chaque instant qu’il avait vécu jusque-là le lui hurlait. Pourquoi ne l’avait-il pas remarqué plus tôt ?

Ce trop plein d’espoir, ce trop plein de vie qui emplissait sa poitrine lui fit brusquement peur. Parce que jusqu’aujourd’hui cette sensation lancinante n’avait été rien de plus qu’une sensation, justement. Quelque chose de profondément enfoui dans son être, quelque chose qui refusait de sortir, juste quelque chose.
Alors que là, maintenant… Ce quelque chose-là qui s’était caché si longtemps se répandait dans sa poitrine, semblant éclater, et allait même jusqu’à déborder dans son regard.
Aimer la vie.
Et espérer.

Autour de lui les gens passaient, parfois sans lui prêter attention, parfois lui jetant simplement un œil distrait, ou curieux. Lui, ne les voyait pas. Il était seul, seul face à une photographie, seul face à un visage presque inconnu, seul face à une représentation de son frère. Seul.
Seul à affronter sa terreur. Seul à assister au combat entre l’espoir et la peine. Le présent et le passé.
A tout cela il n’y avait qu’une unique réponse.

Junsu arracha la feuille du poteau, n’y laissant qu’un morceau de scotch. La feuille, malgré le fait qu’elle ait été plastifiée, avait terni. Il la jeta à la poubelle.

En retournant au restaurant, il fit de même pour l’affiche à la porte.

« -Qu’est-ce que tu fais ? » l’interrogea sa mère, surprise.

Il souriait. Peut-être qu’il pleurait aussi, il ne le savait plus.

« -J’avance. »

~*~

Il se souvenait. D’ailleurs, comment aurait-il pu l’oublier ? Elle restait figée en sa mémoire, fidèle à tout ce qu’il avait cru qu’elle était, insaisissable et réellement fausse. Constamment elle lui rappelait sa présence, quémandait un instant afin qu’il n'efface pas en son absence ce qu’ils avaient été tous les deux. Un semblant de couple, un semblant de relation, un semblant de sentiments.
Yoochun jeta un œil à la ville, dehors, qui se laissait réchauffer de quelques fluets rayons dorés, sous un ciel glacé. Un sourire étira ses lèvres alors que lui revenait en mémoire leur premier voyage à Tokyo. Leurs premiers conflits, et finalement leurs premiers réels liens. Les premiers matins où il avait réellement regretté de ne pas pouvoir l’avoir à ses côtés, dans son lit, au réveil.
Les premiers véritables mensonges, aussi. Ceux qui faisaient mal, ceux qui se faisaient sentir comme de cruelles et vives morsures à chaque instant après leur découverte, ceux qui pourtant semblaient si doux…lorsqu’ils paraissaient si vrais.

Les premiers sourires entendus.
La première fois qu’elle l’avait embrassé.
Les premières déclarations cafouilleuses.
Les premiers dimanches matins où elle était venue le chercher pour sortir, à l’improviste parfois, mais jamais importune –et pour cause.

Les premières… Tous ces débuts qui semblaient ne jamais annoncer de fin. Ce souvenir de bonheur que d’autres auraient trouvé écœurant, il ne pouvait s’empêcher, aujourd’hui encore, de le raviver en sa mémoire comme un incendie que l’on sait dangereux, et que pourtant on ne peut s’empêcher d’allumer tant il nous avait paru beau.
C’était sans doute l’un des plus grands risques de l’esprit humain, qui cherche toujours à embellir ce qu’il a vécu, à forces d’images toujours plus colorés, saturés, éclatants… Jusqu’à en oublier ce qu’avaient été les négatifs originaux.
De toute manière, ce n’était pas son cas.

« -Non, Yoochun, ne rêve pas… Je n’ai pas été frustrée. J’ai simplement regretté… D’avoir perdu autant de temps…Je ne t’ai jamais aimé… »

Certains mots étaient inaltérables. Certaines images aussi.
Eun-Ju qui avait pleuré, avant de mourir. Son dernier visage, visage-vérité, avait été la scène de réels sentiments –Dieu seul savait lesquels. Yoochun se savait encore espérer, ne serait-ce qu’un peu, qu’elle l’avait aimé, qu’elle l’avait au moins apprécié, qu’elle avait chéri ces jours lointains, même faux, qu’ils avaient vécus.

Il ferma les yeux lorsque vint l’inévitable silhouette affaissée sur le sol comme une poupée de porcelaine que l’on aurait fait tomber maladroitement d’une étagère. Froide-lointaine-triste. Eun-Ju.
Sarie.

Un tintement de métal, la balle qui file et une chute. Tandis que souvenirs et chances s’envolent au gré du vent, au gré des chuchotements, selon le bon vouloir de ceux qui savent, qui se souviennent et surtout, qui ont eu la fortune de partager avec elle.
Pouvait-il encore se permettre d’aller la voir, lui qui ne connaissait d’elle que son visage, son dos, son ombre ? Sa voix lui semblait déjà s’effacer, disparaître, ne devenant plus qu’un écho, une rumeur insaisissable dans les méandres de son esprit. Et il n’avait pas le droit de laisser faire ça – même en tant qu’être qui n’avait fait qu’effleurer son existence, surtout en tant que coupable… et, peut-être, simplement, en tant qu’être humain.

Être humain. Il était sans doute un peu trop tôt pour se déclarer comme tel, mais il espérait déjà. Le devenir, retrouver ce statut si lointain qu’il avait perdu. Se redécouvrir si imparfait sous cette laideur, si imparfait et pourtant doué de sentiments, de manies, de sincérité et de sourires.
Être humain. Si certains s’en disaient coupables… Alors lui se souhaitait ainsi, dans cette culpabilité puisqu’ils le disaient ; puisque son crime n’aurait été que d’être né comme les autres, d’être né capable d’aimer, d’aider, de soutenir.

Alors, pour commencer à réapprendre, réapprendre par elles. Par celle dont il avait ôté la vie, et celle qu’il avait manqué de tuer. S’admettre en tant qu’amant et en tant que coupable.

Recommencer.

Il réajusta machinalement sa cravate. Sentant naître sous sa poitrine une sensation de chaleur, d’inexprimable tendresse peut-être. De l’espoir sans doute – dire qu’il en était encore capable. Il se surprit à sourire. Encore. De plus en plus souvent il le faisait, et autant en profiter tant qu’il en avait encore le temps.
Mais à quoi bon sourire, s’il n’y a personne pour le partager ? A quoi bon se sentir heureux si ce n’est pour en faire apprécier la douceur à autrui ?

A quoi bon aller la voir, si elle ne s’éveillait pas…

Il retint un soupir. Laissa aller un regard sur la ville en espérant voir, depuis la fenêtre, l’hôpital, sans succès. Et finit par se laisser aller à la pensée que, peut-être, aujourd’hui, il n’y irait pas. Par peur de devenir fou, ou de la figer par la simple force de son regard et de sa culpabilité dans ce sommeil dont il était la cause. Par lâcheté, parce qu’il doutait parfois d’être capable de supporter ce silence dans lequel elle était plongée. Par tendresse aussi.
Par envie de la découvrir un peu avant.

Il songeait encore à elles lorsqu’on frappa à la porte. Se détournant de son perchoir, le Coréen perçut dans cet éclat un écho à ses propres battements. Ou peut-être n’était-ce qu’une illusion.
Mais il était indéniable que ce son creux contre le bois lui plaisait – lui ressemblait sans doute.

« -Oui ? »

En symbolisme il ne connaissait pas grand-chose. Mais cette porte qui s’ouvrait lui sembla être un signal ; on lui indiquait la voie. Il ne put réprimer un léger rire, cependant, lorsqu’il distingua le visiteur.
Dans un sweat froissé, la mine un peu boudeuse, Tomoko se tenait sur le seuil de la chambre, alors que l’encadrement de l’entrée s’étirait largement au-dessus de sa tête.

« Pourquoi tu te marres ?
-Rien, rien, c’est moi, pardonne-moi. »

La surdose d’espoir n’était visiblement pas très bonne non plus. Quoique, cela lui réservait d’excellente surprise – il en riait encore.

« …Hé… ?
-Je suis –vraiment – désolé, tenta-t-il de prononcer entre deux gloussements, cinq secondes. »

Elle se dérida légèrement. Avant de rire à son tour. Sans vraiment savoir pourquoi.
Mais était-ce tellement important ?

« Allez, je suppose que tu n’as pas encore mangé, déclara-t-il enfin lorsqu’il se reprit.
-Pas encore, non.
-Alors je vais me permettre de t’inviter. Je vais décidément abandonner l’idée de manger avec Jae Joong, ça fait déjà vingt minutes qu’il est sous la douche sans avoir l’air de se décider à sortir. Tu veux aller te changer ?
-Dis tout de suite que mon pull est moche.
-Mais non. »

Qu’elle dise plutôt qu’elle s’était disputée avec Changmin. Il ne fit pas de commentaire.

« -Allez, viens, on descend alors. »

~*~

Il entra sans un mot dans son bloc. Avec un froissement brutal et agacé il écarta les rideaux, et fit retentir sourdement ses lourds pas sur le sol. Son visage n’exprimait rien d’autre que la neutralité, et avait les caractéristiques brutes du Coréen typé.
Il s’installa à côté de lui en tirant la chaise dans un grincement sonore.

Et tira de sa poche son insigne de police nationale.

~*~

Ce n’était rien. Ce n’était rien qu’une odeur, une odeur légèrement famillière, rien que ça. Rien. Quelque chose comme un parfum de verdure, parfum d’été. Quelque chose comme l’effluve qu’exhalait la pelouse fraîchement tondue, comme le goût d’une paquerette machouillée en plein été, comme la fragrance d’une herbe mouillée un jour orageux.
Rien de plus que cela, mais c’était déjà beaucoup.

Dans son étau d’angoisse et de peur, Sarie apprit enfin à apprivoiser la pénombre qui l’entourait.

~*~

Il était penché sur son café. Semblant s’y dévisager… cherchant peut-être à s’y retrouver. A tendre la main, à secourir ce reflet qui semblait hors d’atteinte dans son désespoir. Le ciel, dehors, était toujours aussi clair – toujours aussi beau. Lui aussi dégageait quelque chose de particulier, tristesse et mélancolie, dans ce restaurant presque lugubre, trop luxueux.
Clac. Un polaroïd, un instantané, c’est ce qu’elle aurait voulu avoir sous la main, à la place de ce café dans lequel il semblait broyer du noir. Figer un instant sa silhouette, son profil, son regard.Tenter de comprendre ce qui rendait ce visage si particulier. Si différent. Si beau.
Oui… Il était beau. Elle le dévisagea avec attention, incapable de détacher ses yeux de son visage, de cette tasse de café, de cette cuillère, de ce regard, de ces doigts posés sur l’anse, de cette silhouette, et surtout, de ce qui en émanait.

Battement de cils. Battement las. Battement d’ailes.

Sarie.

Tomoko détourna brusquement le regard. Son nom. Son nom retentissant en son être comme une morsure, comme un cri. Sarie. Son sourire délicat, et son regard empli de terreur. Sa gentillesse, et les larmes qui avaient roulé le long de ses temps. Sa silhouette si famillière, et ce corps si terrifiant…
Ses mains… Ses mains qui se mettaient à trembler. Ses mains qui n’avaient rien oublié, ni le contact froid de l’arme, ni la poussière granuleuse du parking… ni la douceur de sa peau. Sarie. Ses ongles s’enfoncèrent dans sa paume et elle serra les dents.
Pourtant, elle ne parvenait à lui en vouloir. Lui qui avait tiré, lui qui l’avait blessée, lui qui l’avait peut-être… tuée. Lui qui ne parvenait à sortir de l’étreinte douloureuse de la culpabilité. Yoochun.

« -Tomoko… »

Sa voix obscure. Sombre, grave. Cette voix qui tant de fois avait hurlé son nom. Elle leva légèrement les yeux, desserrant les poings. Le brouhara ambiant sembla s’emparer des lieux pour devenir leur silence, s’enroulant autour de leurs poignets, de leurs gorges, de leurs regards.

« - Parle-moi d’elle. »

Le ton de sa voix l’interpella, et elle sentit son cœur se serrer. Ses lèvres s’étirèrent en un sourire timide, empli de crainte et de tendresse.
Murmure.

« -Sarie… Voilà quelqu’un qui t’attend. »

~*~


Dernière édition par Gold_Rh0desiA le Ven 4 Juil 2008 - 2:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Ven 4 Juil 2008 - 2:13

« -Jung Yunho, je vais réitérer ma question. Savez-vous en quoi sont impliqués les individus Kim Jae Joong, Kim Junsu, Shim Changmin et Park Yoochun dans l’incident du trente-et-un octobre de cette année ? »

A cette question qui demandait à juste titres des milliers et des milliers de réponses, un simple mot.

« -Non. »

L’homme en face de lui, parmi les lueurs irréelles de la pièce, ne sourcilla pas. Ses yeux impavides le fixaient impitoyablement, comme les siens s’obstinaient à le faire depuis l’intrusion. Ses lèvres fines s’étiraient en une ligne mince qui n’avait rien d’un sourire. Il avait croisé les bras d’un geste qui n’était ni menaçant, ni las. Le visage banal qu’il arborait semblait presque indécent, tant il était morne et inexpressif. Sa silhouette était d’une intransigeance telle que seules ses phalanges, blanches d’avoir été tant serrées, parvenaient encore à exprimer l’impatience de l’individu.

« -Je vois. Est-ce un refus de coopérer ? »

Yunho ne répondit pas, s’attendant à une phrase stéréotypée telle que « nous avons les moyens de vous faire parler », mais elle ne vint pas. L’homme se contenta simplement de sortir un calepin de sa poche –carnet qu’il manqua de déchirer tant ses gestes étaient nerveux-, de l’ouvrir et, d’une voix monotone, lui relater la version administrative de sa vie, en long, en large et surtout, en travers.
En travers de sa gorge.

Son interlocuteur se tut au bout d’un certain temps.

« -Je vois que je n’ai rien à vous apprendre de ma propre vie. Vous en savez plus que je n’en sais moi-même. »

Mouvement nerveux. La feuille que l’homme tenait se déchira, et Yunho retint un sourire moqueur. Il avait gagné.
Ses mains, il les avait repérées depuis le début. Cette angoisse, cette nervosité, cette colère peut-être, avaient toutes été trahies par dix doigts. Même si l’autre l’avait pris par surprise, il avait été capable de la gérer –et de cela son père aurait été fier.
De toutes manières, l’autre n’aurait rien pu y faire. Ses racines, fermement fixées au sol, même mortes, continuaient à le soutenir. Parce que non, personne n’oublierait –personne n’oublierait son père.

« -Vous vous trouvez malin, n’est-ce pas ? »

Yunho le dévisagea sans répondre, alors que l’autre, tout aussi impassible, rangeait son calepin en le fourrant nerveusement dans la poche. Il s’était levé.

« -Votre père est mort, Jung Yunho. Vous devriez vous en souvenir. »

Le fils de l’ambassadeur ne fléchit pas d’un seul pouce. Et pourtant le coup qu’il venait de se recevoir était violent. Pas en dessous de la ceinture, mais presque. Il serra les dents.

« Vous me l’avez déjà spécifié dans ma biographie et je pense que j’étais sans doute l’un des premiers au courant. Vous ne m’apprenez rien de nouveau.
- Dans ce cas, cessez d’agir comme si son influence pouvait encore vous protéger.
- Si ce n’était pas le cas, vous ne me le diriez pas. »

Les lèvres du Coréen cette fois s’étirèrent. Il connaissait le côté insupportable de son comportement parfois trop chéri, trop gâté. Et c’était parce qu’il le connaissait qu’il savait en jouer.

« -Vous êtes trop sûr de vous. Un mort n’est plus d’aucune aide. »

L’homme tourna les talons en bousculant la chaise, qui grinça ; une fois arrivé aux rideaux qui séparaient les antres, il se ravisa. Le coup d’œil qu’il lui jeta fut plus froid que jamais.

« - Les yeux sont bien souvent traîtres, Jung Yunho. Je reviendrai. »

… Mais bien sûr. Qu’est-ce qu’il croyait faire, avec ses ridicules tirades ? L’effrayer ?

Eh bien c’était réussi.

~*~

Sa voix. Sa voix qui d’habitude était si brutale, si moqueuse, si grave parfois. Sa voix presque masculine, sa voix androgyne. Sa voix qui brusquement s’était teintée d’une fragilité qu’il n’avait pu que soupçonner chez elle, sa voix féminine. Sa voix aimante.
Il n’était pas si surpris, pourtant, de découvrir une telle délicatesse lorsqu’elle parlait de Sarie –cette dernière elle-même étant l’incarnation d’une certaine douceur. Pourtant, son timbre comportait quelque chose de terriblement troublant –vibrant. Oui, ce ton faisait vibrer chez lui cette corde sensible, ce VIIe degré qui pouvait tout faire changer dans une gamme. Dans celle du Do, c’était le Si.
Et Si…

Il ferma les yeux. Elle balbutiait un peu parfois, elle s’entremêlait dans ses mots et en était gênée, mais la manière dont elle les choisissait, l’attention qu’il trouvait dans ses propos, dans son sourire lorsqu’elle lui parlait d’elle compensait toutes ses maladresses. Et même si ce n’était pas le cas, il n’en avait cure.
Parce que cette gamine, chassant les tabous, passant outre, déchirant le silence comme s’il ne s’agissait que d’un simple voile de soie, ramenait Sarie. Parmi eux, avec eux. De sa voix, de son sourire, de son regard, elle la recréait ici, elle la faisait vivre.

Alors qu’ailleurs la véritable jeune femme restait figée dans son sommeil.

Pour combien de temps encore…

Et à qui la faute.

« -Et elle me disait –j’suis sûre que c’était n’importe quoi – qu’elle reconnaissaît le son de ma bécane quand je venais chez Pauline. Enfin je dis ça, j’en sais rien, je l’ai jamais entendue de loin vu que je la monte, mais bon… C’est ce qu’elle disait. »

Il eut un rire. Songea vaguement à la mobylette – à ses décombres – de la jeune fille. Se promit d’en parler à Jae Joong avant le huit.
Ce qu’ils pouvaient manquer de temps…

Et ce qu’il avait l’impression de se laisser apprivoiser par la vie. Dieu que c’était bon.
Et comme cela lui semblait mal, injuste… puisque Sarie se voyait en refuser le droit !

« -Tomoko … » interrompit-il au terme d’un certain temps.

Elle surveillait la porte de loin, considérant les nouveaux clients avec un certain détachement.

« -Je suis désolé. »

La Japonaise frémit avant de se tourner vers lui. Le dévisageant sans un mot, sans une réponse – d’ailleurs, cette excuse en réclamait-elle réellement une ? Elle en doutait. A quoi bon s’excuser, de toutes manières ? Il était un peu tard pour le faire, et… Il lui était difficile de comprendre quoi que ce soit, de pardonner quoi que ce soit, sans une seule explication. Elle avait tant de questions à poser, tant d’interrogations qui se percutaient en son esprit…

Pourquoi elle ?
Pourquoi la blesser, alors qu’il l’avait si bien apprivoisée ?
Pourquoi l’avoir fait souffrir ainsi… si c’était pour s’en sentir si coupable ?
Pourquoi avoir tant hurlé son nom ?

Il sourit. Sincèrement.

« -Je crois que j’ai beaucoup de choses à expliquer. »

Comme s’il avait compris.
Ou bien lui aussi en avait-il besoin – peut-être.

~*~

« -Papa ? »

Junsu était probablement en bas. C’était préférable. Elle n’avait pas envie d’aborder ce sujet avec lui, surtout pas maintenant.
Pauline cala le cellulaire du blond entre son oreille et son épaule, tout en tentant d’ouvrir sa valise des deux mains, assise sur le sol. Son petit ami –pouvait-on déjà le nommer ainsi ? – ayant eu la mauvaise idée de s’asseoir dessus hier, le bagage s’était braqué et s’était refermé sur lui-même, comme vexé. Du coup, pour le rouvrir, c’était une tout autre affaire que de poser ses fesses dessus.

« -Je peux pas rester au téléphone longtemps, c’est pas le mien. »

Visiblement, deux parties s’étaient mal emboîtées. Elle plissa les yeux et se mordit la lèvre inférieure, s’interrogeant sur les capacités physiques de ses mains.

« -Non. Je suis… Oui, je me suis disputée avec Pete. »

Pete. Le grand retour. Elle avait oublié le fait qu’il ait réussi, d’un tour de passe-passe assez impressionant, à se mettre ses parents dans la poche. Il les avait surtout tous bernés, mais finalement, elle ne lui en tenait pas rigueur. Sans doute le fait qu’il se soit reçu pieds et balles comptait quelque peu.

« -Non… C’est fini. Non, ne me dis rien Papa, d’abord c’est pas pour ça que je t’appelle, et puis j’ai mes raisons. »

Et ce n’était pas à son père qu’elle risquait de les expliquer. Surtout que « Gladys » était un fait assez humiliant.
Comment avait-il osé se taper une crétine pareille ?

Elle soupira, avant de s’apercevoir qu’elle n’écoutait pas son interlocuteur.

« -Tu disais ?… Plus tard, plus tard. Je t’explique ça quand on sera rentrés. …On est … A Tokyo. »

Evidemment, il se mit à rire au premier abord, comme elle s’y attendait. Puis vinrent les cris face à son silence plus qu’éloquent.
Que dirait-il s’il savait qu’elle n’était pas avec Tomoko ?
Surtout qu’elle l’avait laissé avec des jeunes de vingt ans. A cet âge-là, on était encore proie aux hormones, surtout chez la gente masculine. Personne, excepté eux, n’aurait probablement pu comprendre comment, en quelques jours, une confiance sans bornes s’était installée entre eux.
Comme quoi, échapper à la mort ensemble, ça aide.

« -…Arrête de crier, finit-elle par soupirer. C’est un ami qui nous a payé l’avion. … Tu ne connais pas, non. »

Ah, le baratin sur la responsabilité arrivait.

« -Je sais, je sais. Bon, ça va coûter trop cher si je reste trop longtemps, alors je te rappelle plus tard, ou je t’envoie un mail. … Quand est-ce qu’on rentre ? Je ne sais pas. »

Nouveaux cris.

« -On a eu des problèmes avec une compagnie aérienne, mais on va vite régler ça. …Je sais, je sais, elle passe le bac cette année. »

Elle commença à s’impatienter lorsque son paternel commença à entamer un nouveau paragraphe sur l’importance des études. Sans doute était-ce parce qu’elle n’arrivait toujours pas à ouvrir sa fichue valise.

« -…Bon, comme je te l’ai dit, c’est pas mon portable, alors je te laisse, hein. Oui. Bisous. »

Elle poussa un soupir exaspéré en refermant sèchement le clapet du mobile. Elle le posa sur le bureau, étirant le bras vers le plafond pour l’y poser. Puis, toujours assise, elle s’affaira contre son ennemi vert kaki.

~*~

Qu’est-ce qui lui avait pris ?

Même après plusieurs heures, la question le taraudait toujours autant.

Changmin croisa les jambes, installé dans un des sofas d’attente du hall. Il n’y avait néanmoins personne à l’accueil, et la réceptionniste l’observait d’un œil douteux –sans pourtant oser rien lui dire. Elle semblait presque amusée – Dieu seul savait pourquoi. Lui vint à l’esprit qu’il pourrait éventuellement se la faire, sans parvenir à se résoudre à l’idée cependant.
Il y a quelques mois cela ne l’aurait probablement guère dérangé. Peut-être aurait-ce même flatté ce qu’il restait d’égo juvénile chez lui. Mais là, décidément… Peut-être la présence de la gamine dans sa chambre. Quoiqu’il pourrait la sauter ailleurs. Cette perspective pourtant ne l’enchantait pas tant qu’elle aurait dû le faire. Pire, cela l’embarrassait.
Ennuyé, il détourna les yeux d’un air morne, posant son regard sur le parking. Les taxis s’entassaient sur le parvis gris, sous un morne ciel parsemé de nuages. Il lâcha un soupir exaspéré, sous l’œil étonné et quelque peu agacé de certains clients qui passaient à côté de lui.
Il était d’une humeur de chien.

Ce matin déjà, il s’était éveillé d’un cauchemar dont il n’avait pu se souvenir, en sueur. Avec l’impression qu’on lui avait dévoré les entrailles tant sa peur les avait rongés. Le cœur au bord de l’explosion, semblant percuter sa cage thoracique. Il avait détesté cette sensation… Et pire que cela, comble du comble, l’attitude de la môme quand elle était sortie de la salle de bain.
Lui tournant le dos à un instant où… Certes, il l’aurait traitée de manière peu correcte. Mais cela n’empêchait qu’il avait eu besoin de soutien, et elle avait choisi de faire la gueule à cet instant-là, comme par un fait exprès. Elle était intenable, cette fille, de toute façon, et…
Il était possible qu’il soit un grand égoïste, effectivement.

Il émit un sifflement irrité. A la fois contre elle et contre lui-même. Ils étaient vraiment tous deux de véritables têtes de mule quand ils s’y mettaient – et en cela ils se ressemblaient énormément. Ce côté buté et parfois impulsif, et le fait qu’ils soient parfaitement imbus d’eux-même, ils les avaient tous deux, c’était indéniable.
D’ailleurs c’était une des raisons pour laquelle il l’appréciait autant. Un sourire étira ses lèvres, et, le réalisant, il le cacha de la main. Incapable de l’effacer, il fut même saisi d’un rire silencieux qui fit tressauter ses épaules. Il tenta vaguement de le masquer sous une toux discrète, sans succès – il ne réussit qu’à s’étouffer avec sa salive.

Quelle joie…


Dernière édition par Gold_Rh0desiA le Ven 4 Juil 2008 - 2:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Ven 4 Juil 2008 - 2:15

~*~

Un ruban. Un ruban vert se profilait par delà l’infini, se détachant des ténèbres comme la lumière du soleil pénètrant dans une église, au travers de vitraux ; tel ce rayon vert que l’on apercevait, disait-on, lorsque l’astre lumineux disparaissait derrière l’horizon.
Elle n’avait pas de consistance mais il lui semblait bien qu’il était doux. Par sa simple couleur il la rassurait déjà ; le vert amande nacré ajoutait à sa texture délicate une tonalité famillière. Sans savoir pourquoi pourtant.

On disait que le vert était une couleur de la Nature.
Et celle de l’espoir.

Avait-elle droit, ne serait-ce qu’une fois encore, d’espérer?

Retrouver la chaleur.
Retrouver la lumière.

Vivre encore un peu.

Ailleurs, elle ouvrait les yeux.

~*~

Tonalité.

« -…Allô ? »

Il avait tellement de choses à lui dire.

« Yunho ? C’est Ja…
-Je sais. »

Il avait tellement peur.

« …Tu te sens mieux ?
-Oui. Qu’est-ce que tu veux ? »

A l’autre bout du fil, il fronça les sourcils.
L’autre le savait comme s’il l’avait en face de lui.

« -Je peux savoir ce qui te rend aussi désagréable ? »

La peur. La peur de le perdre. Mais ce n’était pas une réponse à donner.

« -Si ça te posait un problème il ne fallait pas appeler. »

Pourquoi ?
Il ferma les yeux, sentant l’irritation le prendre à la gorge -et la douleur s’immiscer en lui, s’enfonçant dans son dos comme une lame froide.

Se souvenir.
Se souvenir pour qui il voulait changer.

« -…Je voulais juste te prévenir que je n’allais pas pouvoir venir. C’est tout. »

Premier soulagement. De courte durée.

Comment lui dire qu’il fallait qu’il reste là où il était ?
Comment lui faire comprendre ?
Comment ne pas souffrir de voir leur début s’achever avant même d’avoir commencé ?

« -Tant mieux. »

Il s’étouffa.

…Yunho ?

« -…Yunho ? »

Ne pas répondre. Refouler tout ce qu’il avait été ces derniers jours et retrouver le fils de son père, se revêtir de ses vêtements d’héritiers.
Cacher leur baiser sous un masque. Le sceller.

Oublier.

« -…Quoi ? »

Ne savoir que dire. Ne savoir que penser.

Il se passa une main dans les cheveux, et ne put s’empêcher de détourner les yeux. Bien qu’il ne soit pas en face de lui. Simplement parce qu’il se savait en train de pleurer, et ne pouvait le supporter.
Soupir.

« -Si tu n’as plus rien à me dire, je raccroche. »

Attendre encore un peu. Espérer entendre sa voix, à nouveau.

Ne serait-ce qu’une dernière fois.

« …Bon.
-…Attends. C’est tout ? Tu vas raccrocher comme ça, sans …
-Sans une explication de plus, oui. »

Ce fut lui qui raccrocha. Rageur, il envoya valser le combiné contre la vitre de la cabine alors qu’autour de lui on l’observait d’un œil curieux. Il ne retint pas le geste obscène qui le démangeait et bouscula quelques clients de l’hôtel au passage.
Il évita du mieux qu’il put l’individu aux yeux rouges, l’air abattu, qui se profilait dans la moindre surface lisse à son approche.

A l’hôpital, l’autre manqua de passer ses nerfs sur une infirmière, lui rendit l’appareil téléphonique qu’elle avait amené avec violence et finit par hurler sur le médecin qui était venu voir ce qu’il se passait. Le traita de tous les noms. Le menaça.
Le calmant qu’on lui administra ne prit effet qu’une dizaine de minutes plus tard. Il avait réussi à déchirer sa couverture.

~*~

Une robe rose tourbillonna près d’elle alors qu’une blouse verte s’affairait un peu plus loin. Elle cilla, surprise. De l’autre côté du lit encore d’autres silhouettes se mouvaient, laissant entendre des bruissements de tissus qui lui parurent étranger –à des années-lumières de ce qu’elle connaissait et de ce qu’elle avait l’impression de vivre. On échangea de vagues propos médicaux à quelques mètres de là, alors qu’une jeune femme qu’elle ne connaissait absolument pas lui faisait la conversation – ou plutôt, elle lui faisait passer un interrogatoire.

« -Bien… Sarie, quel est le nom de jeune fille de votre mère ? »

Tenez. Après lui avoir demandé son nom, son prénom, sa date de naissance, son état civil –quelle idée de poser une question pareille-, voilà qu’on lui posait une question au sujet de sa mère. Sans compter, bien entendu, les interrogations concernant son état de santé. Faites bouger ceci, faites bouger cela, avez-vous mal à la tête, comment va votre gorge, voulez-vous ceci, voulez-vous cela… Sentez-vous votre petit orteil ? Ah, vraiment ?
Bon sang ce qu’ils la fatiguaient…

Comme s’ils avaient entendu la réflexion, la plupart des individus dans le bloc s’éparpillèrent vers d’autres lieux. Ne restèrent qu’un médecin âgé et une infimière aux hanches épaisses.

« -Sarie… Nous savons que vous êtes fatiguée, mais tout cela vous permettra peut-être de partir plus tôt…Je vais me permettre une dernière question. »

Elle opina légèrement. Son ventre lui faisait affreusement mal, et ses membres étaient tellement lourds – engourdis…

Battement de cils. Battement las. Battement d’ailes.

Elle avait sommeil…

« -Vous souvenez-vous des circonstances qui vous ont amenée ici ? »

Oui, elle –

« -Non. »

N’avait pas envie de se souvenir. Parce que ces fragments de mémoires lui brûlaient la chair, l’estomac, les entrailles comme si une balle avait traversé son corps. Parce que cette silhouette, même si elle ne la connaissait pas aussi bien que cela… Elle avait appris à l’apprécier. Parce qu’elle s’était laissée berner comme la première venue, et ce à deux reprises.
Parce qu’elle avait peur de ce qui arriverait si elle disait quoi que ce soit.

« Vous êtes certaine ?
-S’il y a bien une chose dont je suis certaine, c’est que je suis fatiguée…
-Bien sûr. » Lui répondit, conciliante, l’infirmière.

On lui passa une serviette humide sur le front. Elle ferma légèrement les yeux et sentit l’engourdissement venir à nouveau.

« -Sarie… Il y a des gens qui seraient ravis de voir que vous vous êtes éveillée. Cela fait tout de même six jours, et ils étaient plus qu’inquiets… »

Pourquoi n’étaient-ils pas là ?
Mais si elle en parlait, cela signifiait sans doute qu’ils étaient vivants… Ses lèvres s’étirèrent légèrement. Soulagée, elle nota tout de même que durant six jours, elle était restée clouée ici, endormie… Le choc avait dû être plus que violent, et son organisme n’avait sûrement pas pu supporter, après toute cette fatigue, cette angoisse, en porter une supplémentaire…
Elle frémit.

« Est-ce qu’ils sont… passés ?
-Eh bien, nous avons eu la fréquente visite d’un jeune homme… Un Coréen, il me semble… Son nom ne me revient pas, mais il vous a apporté des fleurs. »

Yunho, sans doute… Ses pensées commencèrent à devenir vaporeuses. Cela ne pouvait qu’être lui. L’attention était plus que touchante, et elle aimait les marguerites. Même sous les néons, elles étaient si belles…Si réelles.

« -Je peux en avoir une ? »

Hésitation. L’infirmère échangea un regard avec le médecin, qui finit par céder. La femme en rose sourit et ôta du récipient en verre une tige, qu’elle déposa entre les doigts frêles et ankylosés de la Japonaise, qui l’approcha avec quelques difficultés à ses lèvres.
Cette odeur… Les lèvres de Sarie s’étirèrent pour de bon, dégageant une douceur troublante. Odeur de verdure, odeur de campagne, une odeur tellement bête et tellement banale…
Fragrance de vie, pourtant.

La jeune femme sentit sa vue se brouiller. A quoi donc tenait une vie… Elle eut un bref rire lorsque maladroitement son nez percuta le cœur de la plante. Et éclata en sanglots.
Désemparés, les deux membres du corps médical contemplèrent les larmes qui coulaient le long des joues de la blessée. Etaient-ce des larmes de soulagement, de peine, de douleur, de ressentiment, de joie, ils n’en savaient rien.
Et d’ailleurs, peut-être était-ce tout cela à la fois.

~*~

Le problème, c’était qu’elle n’avait nulle part où aller.

Elle répéta cette phrase machinalement dans son esprit, laissant échapper de ses lèvres entrouvertes un filet de vapeur. Dehors, appuyée contre la grille séparant le parking d’une zone de verdure, Tomoko n’en menait pas large. Il ne faisait pas bien chaud – cela dit, cela reposait énormément la migraine qui poindrait à son crâne-, et les passantes d’un certain âge ne cessaient de la dévisager d’un air soupçonneux, sussurant entre elles des propos probablement infamants ou au moins désagréables. Etait-ce son sweat froissé qui semblait trop léger pour la saison, était-ce parce qu’elle était seule, adolescente, à attendre sur la zone de stationnement d’un hôtel de luxe, ou était-ce encore parce que les mômes de son âge étaient encore à l’école, elle n’en savait rien. Mais une chose était certaine : le regard qu’elles lui lançaient était des plus déplaisants.

« -Tire-toi, c*nnasse. » grinça-t-elle entre ses dents lorsqu’une bonne femme se pencha à l’oreille de sa voisine en la contemplant du coin de l’œil.

Elle finit par lever la tête, ignorant délibérément les commères qui passaient, pour observer la tour de Tokyo. Combien de mètres en plus que l’originale, déjà ? Elle n’arrivait même plus à s’en souvenir. Enfin, quelle importance, de toute façon la structure métallique, de rouge et de blanc, était là. Moins belle, mais présente, imposante, se détachant hautement des couleurs glaciales du ciel.
Elle réajusta son écharpe en sentant un courant d’air s’infiltrer auprès de son bandage. Pensive. Déjà six jours qu’elle se trouvait au Japon, dont trois ici, dans cet hôtel dans lequel elle n’aurait jamais pensé loger. Prince hôtel –elle n’en aurait jamais eu les moyens. D’ailleurs cela n’avait aucun intérêt. Elle ne dormait pas mieux, ici ou ailleurs. Certes, il y avait un énorme écran plat dans la chambre –qui diffusait des émissions plus débiles les une que les autres -, une bibliothèque, des lits énormément confortables, une salle de bain high tech, et diverses autres c*nneries, mais…
Ce n’était pas un lieu où elle pouvait rester. C’était un malaise constant que cette pièce, ces lieux. Elle n’était pas faite pour ce monde-là, en avait pleinement conscience, et l’endroit lui-même avait l’air de la repousser comme l’huile refoule l’eau –bien sûr, ce n’était sans doute qu’une idée.
Enfin, la conclusion à tout cela était simple : elle n’avait nulle part où aller. Et rien à faire par-dessus le marché. Mineure, obligée d’imposer sa compagnie aux autres, sans parvenir à s’y résoudre. En plus de cela, elle était en froid avec Changmin, qui était sorti de la chambre avec les clefs. Résultat, c’était dans le hall, dans les magasins, la chambre de Yoochun –avec l’autre taré qu’elle ne connaissait pas – ou dehors.
Dehors, c’était bien. Cela n’engageait à rien à part aux intempéries, et les intempéries, elle n’en avait cure. De toute façon il faisait beau – froid, sec, mais beau. A part quelques nuages un peu effilochés, blanchâtres, il n’y avait pas grand chose dans le ciel automnal presque glacé. Elle avait peut-être un peu froid aux doigts, mais ce n’était pas bien grave.
Glissant ses mains dans les poches, elle songea un peu tard qu’elle n’avait pas de montre, et que par conséquent elle ne savait pas l’heure qu’il était… Mais est-ce qu’il était réellement nécessaire de la connaître ? Après tout, elle avait le temps, maintenant… Ou pas. Elle ne le savait pas. Puisqu’elle était figée ici, hors de tout, jusqu’à une période indéterminée, jusqu’à ce que l’on décide pour elle ce qu’il était le plus raisonnable de faire…
Enfin, cette manière de penser était sans doute un peu exagérée – quoique la situation était, s’il fallait la résumer dans ses grandes lignes, réellement ainsi. Mineure, pas un sou en poche, blessée par dessus le marché… Par conséquent à la charge d’adultes, du moins d’individus majeurs.
Elle soupira, s’asseyant finalement contre la grille après avoir machinalement vérifié sur quoi elle s’asseyait – pur réflexe parisien, puisqu’elle était en face d’un hôtel de luxe, dans Tokyo-même. Elle aurait sans doute pu se permettre de lécher le sol si elle l’avait voulu, mais sincèrement, ça ne la tentait pas.
Elle écarta du bout de sa chaussure quelques feuilles mortes, et croisa les bras lorsqu’une brise traîtresse vint l’attaquer sur le flanc droit. Quelques voitures passèrent. C’était une Honda blanche qui venait de s’éloigner dans le crépuscule lorsque l’autre débarqua.

~*~


Dernière édition par Gold_Rh0desiA le Ven 4 Juil 2008 - 2:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Ven 4 Juil 2008 - 2:18

Yunho se pencha avec douleur au-dessus du carrelage. Son épaule lui faisait un mal fou mais il n’avait pas l’intention de se dégueuler dessus.

« -DEGAGE, BORDEL ! »

Il écarta l’infirmière qui s’approchait de lui avec une bassine. S’apprêta à l’invectiver de plus belle mais fut interrompu par un…
Haut-le-corps. Son estomac sembla se tordre et le son qu’il émit lui sembla inhumain. Une sensation de brûlure, salée, douloureuse, se fit sentir depuis sa gorge, et un liquide acide emplit sa bouche. Tentant de reprendre sa respiration, il s’agrippa à la table de nuit et au rebord de son lit, les doigts crispés. Ses phalanges pâlirent sous l’effort.
Sa plaie lui faisait un mal de chien et…

Il entendit le son du liquide contre le carrelage glacé, accompagnant ses propres bruits de dégueulis. Il sentit à nouveau son abdomen se contracter, alors que son diaphragme perdait tout contrôle.

« -Ce fils de p*te… »

Ce petit inspecteur de m*rde. Dès qu’il sortirait d’ici, il lui ferait la peau… Parce qu’après ce qu’il avait dit à l’androgyne hier, il ne pouvait pas, non, il se sentait incapable d’accepter qu’on le touche.
Il porta une main à sa gorge, et une bouffée de chaleur le saisit. Râle. De nouveau, convultions. Sa chair sembla s’empaler dans ses côtes. Tremblements. De rage ou de douleur, il ne savait pas. Il sentit la sueur couler le long de son front, alors que son vêtement se collait à son dos. Spasmes.
Et bon sang, cette odeur…

Vertige.

Vertiges.

Se perdre en soi. S’y perdre et s’y noyer. Se mépriser au plus profond de son être et souffrir de son impuissance.

Et désirer.

Désirer que l’autre lui pardonne d’être incapable d’agir autrement, que l’autre abandonne l’idée d’aller se rendre, désirer plus que tout que l’autre revienne.

La nouvelle convulsion qui s’empara de lui fut toute autre. Avec colère, par impuissance, sans force…

Un sanglot.

Alors qu’il y avait cru … ! Alors qu’il en avait été si proche ! Alors qu’il savait, bon sang, qu’il avait réussi à le toucher, à effleurer ne serait-ce qu’un pan de son âme, que l’autre ne lui était pas indifférent…
Un téléphone, une voix au bout du fil et ce lien qu’il avait cru nouer. La silhouette de l’autre qui devenait tellement lointaine, par sa propre faute. Le ruban fragile qui se déchirait sous le poids de ses mensonges. Sous le poids de ses peurs.

Qu’on lui pardonne.
Qu’on lui pardonne d’être si faible, qu’on lui pardonne d’être incapable d’admettre que l’autre puisse être incarcéré, qu’on lui pardonne d’être si égoïste et qu’il lui pardonne. Qu’il lui pardonne, qu’il accepte d’effacer, un jour peut-être, un à un, les mots qu’il avait prononcé aujourd’hui.

Qu’il lui pardonne de l’aimer. Sans doute un peu trop, alors que lui-même il était incapable de le réaliser.

Qu’on se le dise !

Qu’on se le dise, qu’ils ne les auraient pas, qu’ils ne les enfermeraient pas et que toute tentative serait vaine. Qu’on se le dise et qu’on se le répète.

Lui se jurait d’y veiller.

Promesse de sang souillé, promesse nauséeuse, promesse de larmes.

Promesse d’amour.

~*~

Contact entre douleur et désir, entre caresse et morsu-

Il ferma les yeux, posant la tête contre la vitre froide de la portière. Dans le taxi, le chauffage émettait un long ronflement sec, recouvrant presque celui, plus doux, du moteur. Le crépuscule s’annonçait froid, à l’image de la saison qui approchait à grand pas. Dehors, des créatures mi-enfant mi-femme s’exhibaient dans les nouveautés de saison, laissant échapper de leurs lèvres juvéniles, luisant doucement à la lumière de la ville, de légers fumets de chaleur.
Il y a quelques années encore, lorsqu’il ne se souciait de rien, lorsque malgré les problèmes de santé de son père, lorsque malgré les problèmes d’argent, il était heureux, il serait peut-être descendu s’amuser un peu. Aller les charmer, se faire rembarrer peut-être et puis finir par gagner la manche.
Ressembler à tous ces couples à l’ouverture du grand bal d’hiver.

Il se sentait à présent si loin de tout cela.

Si déçu et si amer. Il n’avait jamais cru que cela puisse réellement lui arriver un jour. Persuadé qu’il était assez fort pour passer outre, pour ne pas se laisser avoir par la violence d’une quelconque passion, pour rester tel qu’il était, intouchable et libre de tout sentiment. C’était ce qu’on lui avait appris, ce qu’on lui avait inculqué de force, et il avait ancré ce trait dans son caractère, obéissant ; trait qui avait fini par composer son visage tout entier.
En définitive, même ce qu’il avait cru bien faire n’avait été qu’illusion.

Tout comme ce que l’autre lui avait laissé croire.

Sentir sa peau. La toucher. L’effleu-

Yunho.

Le goût amer du café entre ses lèvres. Saveur de ces matins en gris et blanc, saveur-mémoire, saveur-passée, fade, délavée. Le bruit de la porcelaine contre la faïence. Le son métallique de la cuiller dans le liquide noir. Devenir peu à peu aveugle, sourd et muet. Perdre toute perception des choses, mais ne pas le réaliser vraiment. Tout simplement parce que la monotonie s’est immiscée dans nos veines comme un venin mortel.
Monotonie. A ce monde un unique ton.
Monochromie. A ce monde une unique couleur.

Mono – il cilla.

Redevenir seul sans même avoir commencé à être deux. Avoir cherché, désiré, réalisé, espéré. Et chuté.

Yunho.

Il frémit en imaginant ses traits dans la semi-pénombre. Vague de désir et de douleur qui traversait son corps, dans l’attente de quelque chose qui n’arriverait pas, et dans le désespoir d’un chapitre pénible, sensible –révolu. Ne put s’empêcher de l’imaginer pourtant.
Son profil qui se détachait de la vitre d’à côté. Une main laissée de côté dans l’espace trop étendue les séparant, juste comme ça. Un sourire déjà, comme s’il savait ce qu’il se passerait. Un œil vers le chauffeur, et puis sentir ses doigts contre les siens. Froids. Légers.
Fictifs.

Une fois de plus, faire l’erreur de croire. Croire en l’autre, croire en soi, croire en l’humanité peut-être. Croire. Espérer.

Et comme toujours finir déchu. Seul. Désespéré.

Méprisable.

En laissant glisser sa paume sur le siège vacant à côté de lui, il effleura une surface lisse, derrière le contact bruyant du sac plastique. Pieuses et silencieuses câjoleries crépusculaires. Il sourit lorsqu’un clapotement se fit entendre contre le verre.
Yoochun n’en saurait rien – personne n’en saurait rien. Il avait juste besoin de noyer, rien qu’un peu, le goût amer de l’instantané qu’il ne connaissait que trop.

Juste besoin d’oublier.

~*~

« -Salut. »

Elle leva la tête pour le dévisager, impassible, étendant machinalement ses pieds sur les dalles grises du sol. Malgré elle un peu heureuse d’apercevoir sa silhouette si rassurante se détacher du décor. Malgré tout ce qu’elle pensait de cette situation ici, malgré la scène de ce matin. Ses lèvres s’étirèrent en un sourire maladroit. Sourire d’excuse peut-être.

« -Salut. »

Il sembla surpris de cette attitude, sur la défensive, s’attendant probablement à une remarque incisive qu’il devrait contrer. Ce qui n’était pas le cas – elle n’en avait pas tellement le courage. Surtout au vu de l’expression qu’il avait arboré ce matin sur son visage, lassitude morne et terreur sourde. Elle n’avait sû réellement la reconnaître, puisqu’elle ne l’avait encore jamais vue chez qui que ce soit, mais dans le fond, elle se doutait – elle devinait ce qu’il en était.
Et cela l’effrayait. Parce qu’elle se sentait incapable d’affronter, de contrer ces démons chez l’autre, parce qu’elle ne se sentait que misérablement adolescente et non adulte resposable sur qui l’on pouvait compter. Parce qu’elle ne souhaitait en aucun cas reprendre sa parole. Parce qu’elle ne voulait en aucun cas le décevoir.
Pourtant, que dire, après avoir fui ce matin ? Après avoir fait preuve d’une lâcheté si misérable, quel visage lui montrer ?

Et pourquoi cela lui importait-il tant ?

« -Tu sais qu’il commence pas mal à faire nuit, quand même. »

Pourquoi se sentait-elle toujours un peu soulagée en entendant sa voix ?
Elle hôcha la tête, sans se lever pourtant. Le dévisageant sans oser prendre la parole, tentant de lire au travers les traits brouillés par la semi-pénombre qui s’était installée. Non loin d’eux, un réverbère s’alluma, grésillant légèrement. Un papillon de nuit vint tout aussitôt s’installer sur le globe, se laissant attirer par sa blanche lumière. Une légère brise vint caresser leur joue avec douceur, et elle baissa la tête. Cachant son visage dans son écharpe – son visage et son sourire de bonheur.
Se laisser glisser dans la douceur de la nuit comme dans les bras d’une amie, avec cette tendresse qui était propre aux Divinités de la Nature, tendresse amusée et à jamais lointaine. Le silence qui s’était installé ne la gênait en outre pas. Les silences du crépuscule ne pouvaient que permettre d’en apprécier la saveur, sa légèreté de soie.

« T’as froid ?
-Non, ça va. Et toi ?
-…Ça va. »

Qu’éprouvait-il à cet instant même ? Que songeait-il ? Pensait-il vraiment ce qu’il disait ?
Qu’avait-il pensé ce matin ?

« Tu peux rentrer si tu veux.
-Je vais pas laisser là une môme de seize ans, seule, blessée, en une saison pareille alors que la nuit tombe. »

Touché. Elle haussa les épaules sans lever la tête, grimaça un peu et l’entendit approcher. Ses pas se répercutaient en un drôle d’écho dans ce parking sans une âme – si ce n’était eux et celles, sensiblement différentes, des véhicules qui y siégeaient. A quelques pas d’elle, il se pencha.

« -Je sais pas pourquoi tu fais la gueule, Tomoko, mais… »

Elle leva les yeux. Les siens, ceux de l’autre, avaient une étrange lueur sur son visage assombri – mais sans doute était-ce le lampadaire. Ils semblaient inquiets. Encore un peu las, peut-être.

« Je fais pas la gueule, répliqua-t-elle, un rien surprise.
-Arrête, je sais bien que…
-Je ne fais pas la gueule, je te dis. »

Il soupira, et s’accroupit après une hésitation.

« Tu peux le dire, tu sais.
-Tu m’écoutes quand j’te parle ou tu fais semblant ?
-Je t’écoute, mais j’ai du mal à te croire. Ce matin… »

Elle ne releva pas, et lui laissa sa phrase en suspens, incapable de l’achever. Comme s’il ne trouvait plus ses mots pour exprimer sa pensée – mais c’était sans doute surtout parce que, vraisemblablement, il ne savait qu’en dire.
Ce matin. Se voir ainsi rejeté, ainsi ignoré lui avait porté un sacré coup, mais il aurait sans doute du mal à le lui avouer – écouter la jeune fille le railler n’était pas ce dont il avait le plus envie à l’instant présent.
Ils observèrent, sans mot dire, leurs souffles s’échapper vers la voûte céleste dans sa robe de velour nocturne, buées frêles à peine éclairées par le luminaire non loin d’eux. Un courant d’air s’immisça entre eux, les enveloppant dans un voile frigorifiant qui les fit frémir. Il soupira.

« Tu m’as quand même passablement ignoré.
-Je sais. »

Silence. Elle finit par se relever après un énième coup de vent, sentant ses membres s’engourdir et ses plaies gémir sous ses vêtements. Il fit un pas de côté, haussant les épaules, comme s’apprêtant à s’éloigner.

« On rentre ?
-Ce serait bien, oui. »

Elle ajouta un grommellement incompréhensible qui le fit hausser des sourcils. Non loin d’eux, ils entendirent un moteur vrombir, et passa brièvement sur leur deux silhouette les faisceaux lumineux des phares d’un véhicule. Elle haussa les épaules avant de s’avancer. Le grand brun retint un rire nerveux tant la situation pouvait sembler idiote – il se demanda un instant ce qu’il avait fait, et ce pourquoi elle l’insultait.
La rattrapant à côté d’une voiture blanche – à croire que toutes les autos ici étaient blanches ou noires -, il se permit tout de même de l’interroger.

« -Tu disais ? »

Elle grimaça –du moins, il le devina dans l’obscurité – et se tassa légèrement lorsqu’une nouvelle brise vint à nouveau leur annoncer la venue prochaine de l’hiver. Le remarquant, le Coréen se nota à lui-même qu’il serait bon d’aller prendre une boisson chaude avant de remonter là-haut. Ou peut-être tentait-il de repousser à plus tard le moment où à nouveau ils seraient tous deux seuls, cloîtrés dans un espace qu’ils ne connaissaient que trop.
A nouveau, la jeune fille grogna une phrase incompréhensible.

« …Hein ? "Dés où est pour Nathan" ?
-Mais non, finit-elle par répliquer plus distinctement, agacée.
-Alors quoi ? »

Ils firent quelques pas, à nouveau, et durent s’arrêter pour laisser passer un taxi. Derrière le murmure quelque peu familier du moteur, Changmin finit par entendre distinctement sa voix quelque peu irritée.

« -…Je suis désolée pour ce matin. »

Le ton ôtait quelque peu la crédibilité et la sincérité des propos, mais il en fut touché. Quoique légèrement curieux des raisons qui la poussaient à s’excuser – ce qu’elle faisait tout de même de très mauvaise grâce – et pour lesquelles ce matin elle s’était détournée de lui. Alors qu’elle ramenait ses bras à elle à cause du froid, il s’approcha avec douceur de la jeune fille de dos, et posa ses bras sur ses épaules, calant derrière elle ses pas sur les siens.
Elle sursauta. Pourtant sans s’en défaire – la chaleur avec une température pareille ne se refusait pas. Et puis, elle y était bien… Se sentant légèrement rougir, elle leva les yeux au ciel, raillant silencieusement de son attitude quelque peu idiote.

« Tu veux bien m’expliquer pourquoi tu boudais, alors ?
-Je boudais pas. C’est juste que… »

Comment expliquer ? Comment avouer une peur, comment avouer des faiblesses, comment admettre devant l’autre que l’on n’était pas si fort que l’on ne l’aurait voulu ? Elle s’immobilisa, et lui manqua de trébucher, sans émettre de protestation cependant. Sans doute parce qu’il attendait, légèrement anxieux, la réponse de la jeune fille.
Elle finit par se rembrunir et se taire. Peut-être encore incapable de se laisser aller. Et pour la première fois, lui ne s’en formalisa pas.

Tomoko venait de poser sa main sur son bras.

~*~


Dernière édition par Gold_Rh0desiA le Ven 4 Juil 2008 - 2:36, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Ven 4 Juil 2008 - 2:21

Une créature, dans le coin de la chambre, là-bas. Il la voyait, de l’endroit où il se trouvait, adossé contre la fenêtre, les jambes repliées vers son corps et serrant dans ses bras sa bouteille à peine entamée. Lueur malte malsaine dans l’obscurité, et cette sensation d’angoisse qui se profilait.
Il savait.

Bon sang, il savait qui elle était, qui était ce monstre qui le scrutait d’un regard terne, depuis les profondeurs des ténèbres. Il la reconnaissait… La petite Shteiner. Et là-haut, dans le coin de la chambre, n’était-ce pas sa mère ? N’était-ce pas sa mère qui lui en tenait tant rigueur pour la mort de sa fille – et à raison ? Sous le lit, s’il penchait ne serait-ce qu’un peu la tête, il savait qu’il y en aurait un autre, sans doute sa victime suivante. Un à un, les cadavres revenaient au monde pour lui faire regretter…
Il lui sembla entendre, depuis le fond de la pièce, alors que ses oreilles tintaient, un grattement derrière la porte de la salle de bain. Une odeur de chair calcinée, insipide, fade, écoeurante, mêlée à toute cette charogne…

« -Partez… Partez… »

Myoung-bo raclait la cloison de ses doigts brûlés.

« Kim… »

Il frémit. Myoung-bo était là… Tous les autres étaient là…

« Ma fille… Tu as tué ma fille… »

« Kim… »

« Tu as défiguré mon beau visage, tu as détruit ma vie alors que je n’avais que dix ans ! Dix ans d’une vie, qu’est-ce que c’est, comparé à ce que tu vas continuer à être, continuer à vivre ? »

« Kim… »


« -Je suis désolé… je suis désolé… »

« A rien ne sert de s’excuser, mon cher, il est déjà trop tard…Vous avez détruit des générations, des familles, des vies… Vous n’allez pas vous en sortir aussi facilement que vous ne l’espériez… »

« Je vais te le faire payer… »


Raclements, derrière la porte de la salle de bain. Au loin, un grincement. Des murmures derrière la fenêtre, des mains qui glissent sur le sol. Une respiration familière, celle de l’autre, mais déjà si reculée, insaisissable…
Il lui semblait qu’il serait incapable de faire un seul geste tant il avait peur – tant il avait mal.

« -Yu… »

Non, ça ne servait à rien. C’était stupide, totalement inutile de l’appeler puisqu’il était si loin – puisqu’il ne voulait plus le voir.

« Comme tu es misérable, Kim…Pitoyable… »

« -Ferme-la… »

Un geste brusque. La bouteille qui se renverse. L’androgyne observa, fasciné, le liquide qui se déversait dans l’obscurité dans un bruit d’engloutissement. Figé. Autour de lui, ils disparurent un instant, avant de revenir pour se mettre à hurler de plus belle, l’insulter, le menacer. Lui, tendit la main vers sa seule arme.

L’ivresse.

Alors que le blend coulait le long de sa gorge, amer et brûlant, il lui sembla qu’un bruit de pas se précisait de façon beaucoup plus réelle, sur la moquette.

Sa peur venait de prendre forme.
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Ven 4 Juil 2008 - 2:30

YATTTTTTTTTTAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

GOMU GOMU NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO PREM'S POSTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTT! XD

J'éditerais quand j'aurais fini le monde d'Alabasta XD (ce que c'est long One Piece ^^")

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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Ven 4 Juil 2008 - 2:31

Sunshine le retour, et quel retour!

EDIT 1:

BORDEL D'SA MERE LA SALADE PERIMEE EN BOITE DE CONSERVE QUI ROULE PAR TERRE JE NE PARLE PAS AVEC VERVE (Le truc qui veut tout dire, voilà ce que ça fait de rester trop près de Margot.)

BORDEL SUNSHINE! J'avais dit que j'attendrais le matin pour lire (okay, on est le matin, mais enfin attendre une nuit de sommeil) mais j'ai succombé et SA MERE c'était...

...c'était rien du tout j'sais plus quoi dire. T'as pris des semaines à l'écrire ce chapitre et ça s'voit, ça en valait la peine. J'suppose que vu mon état (décidémment, après Destiny avec son Silent Vow... J'vais finir par mourir d'un arrêt cardiaque. Ou j'vais finir par devenir folle, tu vas voir.)
Don je disais, vu mon état, ton commentaire tu l'auras sûrement pas avant... Soit demain, soit dans deux jours cela dépend (attends quoi... J'vais bien faire... 6 Pages de commentaires tu verras XD)

Tout ce que je peux dire c'est que j'ai remarqué et que j'ai ressenti que t'y as passé du temps... Et ces émotions, p*utain.

Bon je crois que je vais aller me coucher maintenant. Je reviendrai donc avec un commentaire (oui, ceci n'était pas un commentaire) dans quelques temps...

Oh au fait, j'avais plein de choses à te dire il y a...3 heures, mais mon pc a planté. J't'enverrai un mp sûrement demain, okay?

Je te fais de gros bisous Sunshine, tu viens d'illuminer mes deux mois de vacances là. Merci, merci, merci.
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Ven 4 Juil 2008 - 9:50

Je e jète dessus ce soir because I Love you et surtout tu me manques, grooos bisous !
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Ven 4 Juil 2008 - 12:34

choc bleuté

Honte à moi~~

Jconnaissais pas cette fic ! >.< (si la section fanfiction était moins gigantesque aussi, ça serait pas arrivé rougi)

Bref, j'avais jamais lu un écrit de toi et ... HAN *_*

Comment j'ai pu passer à côté d'une telle chose ? T_T

J'ai lu les 3 premiers chapitres et j'adore Very Happy Tu écris trop bien, franchement si on m'avait pas frappé, jserais restée coller sur l'écran du pc *_* Jvais imprimer la fic pour pouvoir la lire dans mon lit le soir bien tranquille haha

Bon, il est pas très construit mon commentaire ^^" (en fait, jdis rien >.>) mais j'en ferais un autre Very Happy (ou j'éditerai jsais pas xD)

Anyway, il faut que je rattrape 34 chapitres xDDDD *motivée Smile*

Bonne continuation Very Happy

Fighting pour la suite *O*

Ps: En tous cas, tu viens de chopper une new fan in love Gold *_* Me faut un autel xDDDD
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Sam 12 Juil 2008 - 11:11

Goldy~
Ca faisait longtemps >.<
Désolée j'ai mis du temps à commenter, mais bon même en pleines vacances je trouve pas le temps de lire x)

Quand j'ai vu que t'avais posté, j'y croyais pas ... au bout de si longtemps, je pensais que tu l'avais oublié ... et heureusement non =D
Wahou~ en plus c'est loooong.

Bon, petit commentaire général : ton style d'écriture est toujours parfait, peut-être même de mieux en mieux, puisque je suis rentrée dans l'histoire dès les premiers mots (bon, j'ai du relire les dernières lignes du chapitre d'avant pour resituer tout ça mais une fois relu, on peut commencer sans problème !). Tes phrases sont toujours aussi poignantes, et tes personnages toujours aussi complexes et torturés. J'aime ça.
C'est comme si tu choisissais chaque mot que tu écrivais, et que c'était forcément celui là qui convenait, et pas un autre.
Résultat, la lecture n'en est que plus agréable, puisqu'on ne se demande pas comme dans certaines fics si la personne qui a écrit n'a pas fais ça un peu au pif~ Toi, c'est pas du pif, et ça se voit !

Ensuite, commentaire des situations.
Tomoko est un personnage assez marrant dans l'histoire, parce qu'elle a un côté "je suis forte, laissez moi" et un côté "mais qu'est-ce qui s'passe, pourquoi j'ressens ça". Euh, en gros, elle est un peu complexe comme fille, et moi j'aime bien. Elle s'autoprotège mais elle cherche aussi à protéger les autres (particulièrement un autre). Et c'était vraiment mignon quand elle parlait de Sarie à Yoochun.
Changmin me dérange. J'veux dire ... il pense quelque chose, mais j'ai pas l'impression que ce soit trop précis en lui. En tout cas c'est pas précis pour moi. Mais je l'aime bien, quand lui et Tomoko se réconcilient, à leur manière.
Yoochun ... ah Yoochun~ définitivement mon préféré dans la fic. Torturé, ailleurs, perdu. Il est merveilleux dans sa douleur. Sa culpabilité le rend obligatoirement triste, et ça donne un effet vraiment pas mal à l'histoire.
Sarie se réveille Oo alors là, j'aurai pas cru ... en fait je pensais pas qu'elle se réveillerait sans Yoochun à ses côtés ... et ben si~
Là, j'attend vraiment de voir la suite !
Yunho, monsieur je suis constamment sur les nerfs. Le coup du téléphone m'a tué. C'était totalement frustrant, et on espérait toujours qu'il se calme, qu'il se reprenne et qu'il lui dise : non désolé c'était pas moi, euh, t'es sur que tu veux pas passer ? parce que j'aimerais bien te voir quand même ...
Mais il ne l'a pas fais. Et forcément après, il s'énerve. Le passage où il vomit est encore plus poignant. On se sent mal comme lui, on a envie de voir Jaejoong débouler dans la pièce et le consoler, on a envie d'espérer avec lui. C'est énervant et frustrant. Mais c'est merveilleux ...
Jaejoong me fait peur ... je sais pas mais ... sa façon de chercher à fuir en se saoulant, ça me dérange. Les illusions qu'il a eu à la fin font encore plus peur. Non, je sais pas trop lui ... j'attend de voir le prochain chapitre ...
Pauline est toujours un personnage frais, qui apporte un peu de gaieté dans toute l'histoire. Pourtant, elle nous rappelle que l'histoire va se finir et que les filles vont devoir rentrer bientôt chez elles ...
Le passage avec Junsu est émouvant. Ca y est, il se reprend, il avance, il s'en sort, il a réussi. Enfin.

Voilà, j'attend la suite maintenant ... et avec impatience ...
Bientôt ? S'il te plaiiit~

Merci encore pour cette magnifique histoire ...

Bisous <3
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Sam 12 Juil 2008 - 13:24

Cool *-*

Faudra que je lise ça ce soir *o*
J'editerais après ^^
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Dim 12 Oct 2008 - 22:48

Merci aux rares lectrices d'être là, de lire et de commenter ; mais désormais il va falloir aller ailleurs pour lire. Je cesse de poster ici, ou plutôt j'abandonne le forum ; je suis désolée.
Pour celles qui, malgré tout, tiennent à lire la suite de cette fiction à laquelle je tiens énormément, je vous demande de me retrouver sur fanfiction.net, sous le pseudo de Gold_Rh0d. La suite y sera postée (bien que pour le moment, je m'y sois limitée à 31 chapitres).

Bref, merci beaucoup pour le soutien jusque-là. J'aurais voulu continuer à poster ici, mais tant pis. Merci encore, vraiment pour votre soutien, pour celles qui ont continué à lire alors que je mets 4 mois à poster.

A une prochaine fois peut-être.
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Lun 13 Oct 2008 - 20:49

T-T....Gold, c'est vraiment dommage quoi. Tu sais je viens juste de le lire hier et j'attends toujours la suite et vu que là tu décides d'abandonner le forum..Je ne sais pas pourquoi mais ça me rend un peu triste vu que tu t'occupes aussi de la section des bêta-readers. Enfin moi je n'oublirais pas le travail que tu nous as apporté =)...Tu nous a été d'une très grande sagesse et du bon savoir faire de respecter le français =D....

Enfin comme tu le dis à la prochaine ~~.

Daoshi.

PS : J'irais voir de temps en temps sur fanfiction.net XD
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