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 Pour dix milliards de dollars

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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Sam 19 Mai 2007 - 20:25

Ah non mais la honte j'avais pas posté -_-"
alros me voici que j'ai un peu de temps.

Je me suis jetée sur ta fic quand je l'ai vu, t'imagine même pas comme j'étais contente, faut dire que tu es douée en domaine de faire attendre XD

Gold, sincèrement, j'ai été très bluffée, parce que je m'attendais à une armada d'action en fait et les seuls qui, selon moi ce sont vraiment bougés les fesses et ont commencé à faire changer les choses c'est tomoko et changmin. pour heaven et Junsu pour moi, c'est réglé, ça va couler tout seul, mais il reste Yoochun et Sarie ET...ET...Et qui ? XDD Ben ma foi, yunho et jae Joong, et là autant te le dire direct, tu m'as laissé hors d'haleine, je suis ultra frustrée parce que tu as coupé à un moment fatidique ! (d'un côté, j'ai rien à dire XD) Le fort Jae Joong rend enfin les armes alors que le frèle gosse de riche découvre un monde ignoble et cruel. J'aime ta manière de déverser cette rancoeur dans tes récits, je crois que toi et moi on est sur de psychose XD

J'attends la suite ! merci d'avoir illuminée mes journées bossages de partiels, ça devient dur là, j'ai dormi 3h en deuxjours, tu vérais ma tête XD

Je t'embrasse fort et n'oublie pas notre marché. tu continue et je te balance dans la Seine !
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~Destiny~
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Ven 1 Juin 2007 - 3:36

Ok bon après 1000 ans et une fausse manip, me voici enfin pour commenter! (nah j'édite pas pour remonter la fic mouahaha XD bref ) ça va être long^^

Citation :
L’humanité… Quelle belle notion… Tu parles ouais…

alala que j'aime cette phrase...si poignante! si réelle! Tellement à sa place! ( CM philosophe, ça le fera jamais aussi bien que dans cette fic XD)

Citation :
« -Et pourtant j’ai encore du mal à y croire. »

Tu m'étonne que t'as du mal à y croire! Avec toutes les merdes que vous avez vécu, qu'on vous a fait vivre, et que vous avez fait vivre! C'est pas rien de tuer des gens, ok sur le moment, j'imagine qu'on se trouve des excuses sur le chemin mais quand c'est "fini" là c'est tout de suite moins drôle, plus aucun "white lie" ne marche et on se retrouve vite à péter un cable pour un oui ou pour un non parce qu'à l'intérieur, ça ne sera jamais plus aussi serein qu'avant que la faille se pointe.

Citation :
Même si Myoung-bo était mort… Ils seraient toujours des assassins.

Eh ouais! Dommage mais on peut pas toujours refaire sa vie pépère en euhh c'est quoi déjà ah oui Panama! Parait que c'est bien là bas, pour fuir XD mais bon, on ne se fuit pas soi même, demande à mon JJ (dans ma fic quoi, Meiko t'excite pas XD)

Citation :
« -Bordel… »

Bonjour Shim Changmin, je suis la culpabilité qui bosse pour la réalité, enchanté! vous allez bien? Evidemment que vous n'allez pas bien sinon je ne serais pas ici! Prenez en compte que je suis très difficile à avaler, et j'ai parfois tendance à réagir violement alors essayons de cohabiter ok?

Citation :
Qui pourtant fut entendu.

ohh *_* ci Dieuuu XDDD enfin c'est Bouddha vu que c'est CM là XD

Citation :
« -Tu pourrais me dire pourquoi est-ce que t’es en train de t’excuser dans le vent ? »

ah nah! fausse joie! XDD ok j'arrête les conneries!

Citation :
« -Attends, attends… »

Elle secoua la tête et posa une main sur son front.

« -…Changmin… Qu’est-ce que tu fous là ? »

SURPRIIIISE! *surgit du noir! ok là ça fait zorro XDD je me demande si meiko Jukebox connait aussi ce générique XDD* remarque si elle attendait le père nouèle (nah meiko corrige pas XD) il a peut être des cadeaux dans sa hotte capillaire XDD ok j'avais dis plus de connerie XD


Bon le moment Rain's Lover je le passe rapido cette fois parce que bah parce que rien mais je préfère mes ptit Candies *-*. Junsu qui revient au bercail (comment ça s'écrit ce truc déjà XD) avec sa presque fiancée qui fait pas plaisir au papa d'ailleurs mais la maman est cool alors ça équilibre le couple! Pauline reste Pauline, j'ai rien à dire sur elle et puis notre Wonderfessier dans son moment émotion avec les photo du frère, les souvenirs qui font mal mais le présent qui lui sourit (Pauline = le présent ok? XD)


Citation :
Il leva les yeux vers les photos non loin d’eux.

« -Je me demande à quoi il aurait ressemblé…S’il était encore là. »

Il sentit des larmes couler le long de ses joues et se mit à rire.

« -Regarde-moi le gosse que je fais… En train de chialer… »

Il attrapa une serviette et s’essuya les yeux.

« -…Ce con me manque comme pas possible… »

(preuve à l'appuie XD) D'ailleurs un immense bravo pour la scène où il rentre dans le resto avec les photos au mur, grand moment! t'es un maître! *s'incline*

Citation :
Elle était encore leur proie. Sa proie.

Dans quel sens du terme? XDD parce que bon je me pose des questions moi! allé! chui une pauvre lectrice perdue dans tes pages? nah? ça marche pas? XDD ok je dégage

Citation :
ton pyjama super-fun de l’hôpital vert anis tout froissé

Là, Maru aurait lu anus XDDDDDD deux sec je m'étouffe et j'irai lire XDD

Citation :
deux tu as la tête entourée de bandage

pitain MDRRRRRR combien de roulot? MDRR nah mais quand même avec les cheveux et tout je te dis pas la dégaine de turbant de sultan qu'il paye XDD

Citation :
« -Eh, du calme… Je ne peux pas répondre à autant de question en même temps… »

C'est vrai qu'avec tout ce poids sur la tronche, les infos doivent pas remonter rapidement au cerveau, qui est déjà compressé et tout! pauvre cerveau T__T nah mais attend! on parle de CM! il a un cerveau OO?!

Citation :
Son esprit s’arrêta cinq secondes

T'es sûre que c'est pas 5heures? XDDD Crash total du disque dur XD

Citation :
Ces longs moments de doute…

C'est clair qu'il a été long à la détente le CM! et ça continue en plus -_-''' Chochotte va!

Citation :
Et le grand brun rétorqua. Et la petite Japonaise répliqua. Le ton montait, montait, montait…

« T’ES OBLIGE D’ETRE AUSSI AGRESSIF ?
-JE TE SIGNALE QUE C’EST TOI QUI ES ENTRAIN D’HURLER ! »

Et ça hurle et ça hurle pour rien, enfin presque, rien de grave juste des réalités qu'on veut pas s'avouer on fait ch*er le monde à tout garder pour soit, parce que quand même on a été l'ainé, on s'enlève pas tout le poids d'une habitude juste en claquement de doigt et quand on est amoureux, on aime pas trop se sentir exclu alors ça hurle ça hurle dialogue de sourd mais on ne s'en fait pas, après tout, ça s'arrange les maux de têtes


Bon là c'est kichman qui se la joie promenons nous dans les bois à la recherche de Yunho même si on se l'avoue pas mais il tombe sur lui, enfin sur sa voix quoi et le voilà qui s'en va en courant comme un dingue *regarde JJ passer en courant comme un dingue dans ses fringues vert anis super à la mode*

Pauvre infirmière quand même! attend mais après ça moi je démissionne XDD quoi? ouais y a une crise du travail et alors! si c'est pour me faire étrangler par le premier amoureux transi d'inquiétude, no thanks!


Citation :
celui ou celle qui avait mille hommes dans le regard

*re s'incline* XD grandiose

Citation :
JaeJoong l’insensible pleurait

Il faut bien briser le masque des fois, sinon je te dis pas comment on suffoque là dedans. Mais JaeJoong ne pleure pas pour les bonnes raisons, enfin si l'amour! Et alors ! l'amour est là, ok il agonie et hurle à la mort mais quand même. Et les mille hommes dans ses yeux ?! Pourquoi ne pleure t il pas ses conneries du passé lui, comme un humain. Mais bien sûr, c'est parce inexorablement, ce mec, restera toujours un tueur. Un tueur qui maintenant à un point faible. Remarque, c'est un bon début.


Les Candies qui s'insultent, totalement jouissif, faudrait songer à ouvrir les yeux quand même (et acheter un cerveau à CM mais il a bien survécu sans un long moment alors, ça devrait encore aller XD). Et puis m**** c'est bien pour ça que je les aime, un couple bien comme il faut pas! sympa l'ambiance^^

En gros ma très chère Twinny, j'ai adoré ce chapitre et tu le sais, mélange d'un tas de sentiment, mélange de brio et de talent! que dire sinon que tu grandis de chapitre en chapitre et que ta plume devient une créatrice de petite miracle qui rallume mon coeur et ma foi! Vivement la suite. et courage^^ (prochaine fois que tu ressors que tes chapitres sont merdique je me fache è_é!
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Sam 7 Juil 2007 - 0:35

Han, ma fic est carrément partie en page 3 XD
Bref, les gens, ceci est un chapitre... Pour le plus grand déplaisir de la poussière qui s'accumulait dans le coin. Désolée d'avoir mis plus d'un mois, une fois de plus... Mais je n'ai pas vu le temps passer, désolée >___<
Bref, voici donc un nouveau chapitre, avec peu de blabla cette fois, même s'il en mériterait beaucoup. Voyez-vous, j'ai peur de la Seine, déjà que je ne sais pas bien nager alors si on me jette dans la Seine, je vais couler comme un caillou! XD
Bref, bonne lecture...Disons ça comme ça.


Chapitre 34: Si c'est un homme



Trois Novembre –Neuf heures –Hôpital de Tokyo

Un pain en décomposition, du lait qui avait une consistance douteuse et une pomme qui semblait n’être qu’en plastique… Les joies du petit déjeuner à l’hôpital s’offraient aux patients sous une forme vraiment étrange.
Tomoko soupira en observant le contenu de son verre. Du lait. C’était quoi exactement, ce qui flottait au dessus ? Elle eut une grimace et poussa un soupir avant d’attraper la seule chose à peu près mangeable sur son plateau –et encore, mangeable, c’était un bien grand mot. Ce fruit vert pomme. Justement. Trop vert pomme pour être réellement naturel…Est-ce que cette chose allait dégonfler ou est-ce qu’elle alait se casser les dents dessus ?
En pleine méditation matinale, la jeune fille ne vit pas venir un homme d’un certain âge –plus de trente-cinq et moins de soixante, mais impossible d’en dire plus. Il était vêtu d’une grande chemise blanche et arborait sur son poitrail le nom de l’hôpital.

« -Alors, jeune fille ? »

Elle leva les yeux. Ouh, lui, vu comment il la regardait, ça ne lui disait rien de bon… Son regard empestait les préjugés et autres idées préconçues. En gros, il était certainement en train de croire qu’elle s’était fait agresser dans la rue parce qu’elle traînait dehors, ou quelque chose dans le genre. Décidément, à cet âge-là, on haïssait les adolescents.

« -Bonjour m’sieur ! » claironna sarcastiquement la jeune fille.

Autant passer pour quelqu’un de sain d’esprit. Parce que bon, si c’était lui qui la soignait…

Il s'installa sur une chaise non loin de son lit.

« Comment est-ce que ça va, aujourd’hui ?
-Très bien, merci, et vous ?
-Comment est-ce que tu t’es fait ça ? »

Eh ben, il n’y allait pas de main morte…Et impoli avec ça. Elle poussa un soupir, faisant le choix de ne pas répondre tout court. Peut-être était-il le médecin qui la soignait, mais il n’avait pas à se mêler de ce qui ne le regardait pas. Elle se contenta de lui jeter un regard vide.

« -Tu as vu ce que tu as ? C’est dangereux, tu sais, de laisser la personne qui t’as fait ça en liberté… »

Bien tenté, songea Tomoko. Sauf que celui qui avait essayé d’attenter à sa vie était déjà en train de croupir dans une prison de laquelle il ne sortirait jamais…Prison où tous finiraient par croupir, lorsque leur vie s’achèverait. Là où le Styx s’écoulait.
La Japonaise croqua dans sa pomme machinalement et grimaça. Elle était pas mauvaise, cette pomme. Par contre, elle était vraiment dure…

« -Ecoute, si cette personne te fais du chantage pour que tu te taises… »

Elle le laissa parler un moment. Pas envie d’écouter. Envie de rien. Mauvaise humeur matinale, voilà tout. Elle avait passé une mauvaise nuit, elle avait mal partout, et voilà que ce foutu médecin venait l’emmerder…
Pauline qui n’était pas là. Sarie toujours plongée dans son sommeil. Yunho dans un état inconnu et elle s’était disputée avec Changmin. Le bilan n’était pas glorieux…

« -…s’il t’es arrivé quelque chose de grave, et que tu ne souhaites pas me le dire… »

…Ce qui était tout à fait normal, songea-t-elle en contemplant sa pomme d’un air sceptique. L’autre continuait son monologue lassant et monotone.

« -…Psychologue… »

Elle décrocha à cet instant-là. Il était vraiment ennuyeux. Et en plus, il insistait lourdement…

« -…Quitter l’hôpital au plus tôt … »

Tomoko sursauta.

« Pardon ?
-Il faudrait que l’on puisse joindre tes parents pour que tu puisse quitter l’hôpital au plus tôt… Il faut que nous puissions libérer des lits… »

…En gros, il était en train d’insinuer qu’il voulait qu’elle parte…Okay. Pour les parents, ça allait être moins drôle. Comment est-ce qu’elle allait pouvoir expliquer le fait que ses parents étaient en France ? Et qu’ils ne connaissaient pas son état ? Surout qu’elle n’avait absolument pas l’intention de le faire savoir…
Elle toussota et jeta un regard à la fenêtre, comme pour demander de l’aide. Le médecin soupira.

« -Nous en reparlerons ce midi. »

Il sortit vivement de la pièce et la Japonaise put enfin respirer. Ce type était insupportable. Il voulait revenir ce midi, en plus… Il ne manquait plus que ça.
Elle fut de mauvaise humeur pendant le reste de la matinée.

*

Changmin regardait le plateau de Jae Joong avec avidité. Il avait faim. Affreusement fain. Son ventre gargouillait encore, même après avoir « dévoré » le contenu de son plateau. Enfin, si on pouvait appeler ça dévorer, le déjeuner n’étant composé que d’une assiette minuscule d’oeufs brouillés, d’une tranche de … dinde, peut-être, et d’une salade à l’aspect douteux. Tout était passé, mais rien n’avait laissé de trace… du moins dans son estomac.

« -Jae Joong … » gémit-il plaintivement.

L’andrgoyne ne répondit pas. Il avait une mine renfrognée et avalait un verre d’eau à petites gorgées. Pas question de donner quoique ce soit à ce goinfre en série.

« -Allez, quoi… »

L’autre soupira.

« Mais comment est-ce que t’as fait pour survivre dans l’avion, avec ce qu’ils nous donnaient ?
-J’ai bouffé la part de To… »

Changmin referma la bouche. Pas envie. Pas maintenant. Surtout après hier…Enfin, ce n’était pas aussi grave, après tout. Ce n’était qu’une simple et stupide dispute.
Une simple et stupide dispute… Pourquoi fallait-il que cela le préoccupe autant ? Pourquoi lui en voulait-il encore ? Ce n’était que idiotie de dispute, non ?

Jae Joong observa un moment le grand brun plongé dans ses pensées. Visiblement, il avait mangé la part de quelqu’un d’autre… Mais peu importait. Il n’avait pas envie d’y penser… ou plutôt, ça ne l’intéressait pas.
Des cris. Encore et encore, qui résonnaient dans sa tête. Les mêmes, toujours les mêmes. Le désespoir, l’impuissance et la rage…
Si Yunho hurlait de désespoir, lui criait à l’impuissance. Un duo douloureux prenait place dans son esprit. La sensation de devenir fou, de ne plus parvenir à penser. Il ne s’entendait plus… Hagard, il tambourinait au portes de son esprit pour qu’on le laisse tranquille, qu’on le laisse en paix et pour que le silence se fasse…Une nouvelle voix s’ajoutait au duo.
Seulement à l’intérieur. En apparence, Jae Joong gardait ce visage impaissible que tout le monde lui connaissait…A visage d’ange, visage de marbre… N’est-ce pas ? Il n’avait pas le droit de ressentir ce picotement aux yeux, il n’avait pas le droit de trembler… Non.
Kim Jae Joong n’était plus qu’une image. A l’intérieur, tout avait été rongé par l’acide de la peur, de la culpabilité, de l’inquiétude…Il n’était plus qu’une statue creuse…
Il finit par lever les yeux vers Changmin, puis cilla.

Là où le Coréen était, il n’y avait plus personne. Rien qu’un plateau-repas entièrement vidé…

*

Il hurlait. Il hurlait dans cette nuit sombre pour se prouver qu’il existait. Qu’il était bien vivant. Il hurlait pour chasser le doute, il hurlait pour qu’on l’entende. Qu’on vienne le chercher. Il hurlait pour lui et contre lui, il hurlait contre la solitude…
Et le doute. Le doute qui s’immiçait en lui…Ce doute qu’il ne voulait pas voir arriver, ce doute qu’il tentait de chasser de toutes ses forces, de tous ses cris, de toute sa voix. Jusqu’à s’en briser la gorge.

Il frappait. Il frappait contre les murs de sa cellule sombre sans murs. Sans murs, sans espace. Il frappait là où il le pouvait, dans le vide. Il se battait obscurément dans une pénombre sans fond. Il voulait qu’on le libère, qu’on le sorte de là…
Et la peur. Cette peur qui l’attrapait à la gorge, comme pour l’étrangler. La peur de manquer d’air, la peur de devenir aveugle, sourd… Toutes ces craintes qui remontaient à la surface de son subconscient.

Son père. La mort. Myoung-bo. Le sang. Lui. L’argent… Et l’autre là-bas, qui lui tournait le dos. Il ne voyait qu’un fine silhouette au loin, armée d’une immense mitraillette. Mais dans son dos, dans le dos de cet inconnu dans le fond… semblaient être gravées des ailes. Ailes brûlant cette sihlouette grave et frêle…
La silhouette finit par devenir cendre sans qu’il ne sache réellement comment. Son regard chercha, puis il se rendit compte que c’était l’obscurité, à nouveau. La peur, ses peurs se jetèrent sur lui, et l’une, plus forte que toutes les autres, s’empara de sa gorge.

Des billets tombaient du ciel. Des milliers et des milliers de billets… tombaient comme feuilles d’automnes sur un lac sombre. Les feuillets de papier rectangulaire furent rapidement tachetées de noir…D’un noir rougeâtre qui le fit frémir. Il connaissait, il reconnaîtrait entre mille cette couleur…Et dans le silence, l’argent continuait à tomber de nulle part.

« -Dix milliards de dollars, voire plus… »

Un ricanement.

« -Tout cela t’appartient…Mais à quel prix ? »

Une silhouette, dans le fond. Quelqu’un assis sur un fauteuil sombre…Yunho recula. Il connaissait cette voix… Il reconnaissait cette sensation… Tout n’était qu’une impression de déjà vu…Le liquide boueux qui lui arrivait au chevilles l’emêpcha d’aller plus loin, et il bascula en avant. Eclaboussé, il était à présent trempé. Son cœur battait trop fort pour qu’il ne sache pas ce qu’était ce qui le recouvrait. A genoux, les mains enfoncée dans cette étendue sombre, ce sang… Il tremblait.

« -Qu’est-ce qu’on ne doit pas ressentir, hein ? Elle est morte à cause de toi… Elles sont mortes toutes les deux, à cause de toi… Et la dernière ne va pas tarder à suivre la route. »

Il se bouchait les oreilles. Impossible. Ce qu’elle disait était impossible. Il ne voulait pas l’entendre, il ne voulait pas le voir…La voix continuait à résonner dans l’obscurité.

« -Tu ne veux pas m’entendre ? Mais tu seras bien forcé d’admettre, non ? Tout est de ta faute…Tu es tellement vulnérable, tellement pitoyable que tu as été forcé de demander de l’aide à une gamine… Elle en a subi les conséquences… Elles en ont toutes subi les conséquences… Par ta faute. »

L’effroi. Le vide. Le néant. Une immense plaie semblait s’ouvrir en lui, béante. Ces phrases faisaient mal…

« -Et en plus de ça, tu sembles éprouver des sentiments pour… Un homme. »

Reniflement dédaigneux, presque moqueur.

« Tu sais ce que ça veut dire, ça ? Que tu n’es qu’une pauvtre tapette, un homosexuel, un pédé…
-C-ce n’est pas vrai…
-Oh que si. Tu éprouves de l’attirance pour lui, tu ressens quelque chose à son égard…Ne me dis pas que j’ai tort, tu te mentirais à toi-même… »

Et l’autre riait…

« Tais-toi…
-Mais pourquoi faire ? Remarque, Jae Joong a un visage tellement efféminé… On pourrait presque comprendre, pas vrai ? Mais c’est un homme… »

Encore et encore…

« Que dirait ton pauvre père face à cette nouvelle ?
-TAIS-TOI ! »

Détonation. Yunho s’immobilisa. Il connaissait cette scène… Combien de fois l’avait-il déjà vécue… Il n’avait même pas à baisser les yeux. Il savait ce qu’il avait dans la main. Il savait ce qu’il retrouverait sur le fauteuil…
Un cri.

Encore et encore. Des milliers de fois, cette scène lui passait sous les yeux avec la violence et la force d’un coup de tonnerre déchirant l’obscurité. Il ne voulait plus la voir, il ne voulait plus la vivre… Il en avait assez… Assez…
Un hurlement qui traversait l’obscurité, semblant la scinder en deux. La colère. La rage. L’impuissance. Elles lui tournaient autour depuis trop longtemps pour qu’il ne cède pas… Il n’en pouvait plus…Il s’arrachait la gorge pour évacuer tout ce qu’il retenait depuis trop longtemps…
Brisant les frontières du temps et de l’espace. Brisant ses souvenirs. Brisant ce qui lui restait de son humanité…Brisant même son identité.
Il n’avait plus de corps, plus d’âme, plus de visage. Il n’avait plus rien, il n’était plus rien… Plus rien qu’un cri.


Dernière édition par le Sam 7 Juil 2007 - 0:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Sam 7 Juil 2007 - 0:37

*

Midi. Déjà.
Tomoko poussa un soupir en voyant une infirmière approcher, poussant un chariot et accompagnée du médecin de ce matin. Le temps passait trop vite… Elle n’avait pas eu le temps de réfléchir, trop préoccupée par ce qui était arrivé pendant qu’elle dormait… Trop de détails à remettre en place et certaines choses qu’elle n’avait pas comprises… Elle allait devoir demander à Changmin.
Son esprit marqua un arrêt, avant de se mettre à bourdonner furieusement contre les parois de sa conscience. Demander à Changmin ? Et puis quoi encore ? Elle n’avait qu’à demander à quelqu’un d’autre, non ? Pas question d’aller lui parler…
Même si elle en avait envie. Vraiment. C’était certainement stupide de sa part, mais elle avait envie d’une réconcilliation… Même si la dispute, à la base, était de SA faute à LUI. Elle n’avait rien compris à son délire de timbré.
Elle grogna en voyant ce qui composait son plateau repas. L’infirmière lui lança un regard réprobateur et la Japonaise grogna un « je t’emmerde » inaudible. Le médecin s’assit près du lit comme il l’avait fait ce matin. Tomoko ne daigna pas lui accorder un regard –il était vraiment encombrant.

« Alors, jeune fille…
-Bonjour monsieur, claironna-t-elle d’un ton moqueur qu’il ne releva pas.
-Tu te souviens de ce dont on a discuté ce matin ? »

Elle bailla et attrapa une fourchette pour la planter dans des œufs brouillés.

« -Tu m’écoutes ? »

Elle détourna le regard, ayant la nette sensation de se comporter comme une insupportable adolescente. Mais même. Elle n’avait pas l’intention d’en parler à ses parents. Déjà, eux étaient persuadés qu’elle était chez Pete avec Pauline, à Marseille… Si jamais quelqu’un apprenait qu’elle n’avait pas le droit d’être au Japon, ou que du moins l’autorisation parentale n’avait pas été réellement accordée –Yunho s’était débrouillé pour falsifier les documents - …Ils auraient des ennuis, de gros ennuis.
L’homme soupira avant d’entamer un long monologue ennuyeux. Elle se contenta d’entamer son repas, en attendant. Elle avala d’un trait un verre d’eau et s’apprêta à se reservir. Elle leva un instant les yeux, comme ça, machinalement. Et l’aperçut.
Bras croisés, appuyé contre le mur, Changmin était en train de la défier du regard. Il était là, le grand brun, avec son bandage enroulée autour de la tête et son pyjama vers anis –tâché à quelques endroits, d’ailleurs. Tomoko posa brusquement la bouteille qu’elle avait attrapée.
Le médecin sursauta et la dévisagea, mais elle l’avait déjà complètement oublié. Ce crétin était revenu. Ce crétin avait osé revenir.

« -Quoi ? Qu’est-ce que tu veux encore ? M’engueuler ? »

Elle lui en voulait. Elle lui en voulait pour lui avoir crié dessus alors qu’elle n’avait rien fait. Absolument rien fait.

« -Et toi, tu n’as toujours pas l’intention de t’excuser ? »

Il s’approcha du lit. Le médecin, ne comprenant pas la langue dans laquelle ils s’exprimaient, les contempla sans rien dire. Surpris.

« Attends, parce que c’est à moi de le faire ? Et en quel honneur ?
-Je trouve ça assez humiliant d’être ignoré, pas toi ?
-En quoi est-ce que je t’ai ignoré hier ? »

Elle venait d’écraser son goblet en plastique contre sa paume. Un crissement désagréable résonna dans la pièce, et l’objet blanc se rétracta lentement.

« -Parce que souffrir en silence, évidemment, c’est le mieux, hein ? Après tout, pourquoi faire attention au pauvre plouc à côté de toi ? Il n’a pas besoin que tu lui en parles, pas vrai ? Il n’a pas besoin de t’entendre te plaindre de temps en temps, hein ? Après tout, le mieux, c’est de garder tout en soi… Pas vrai ? »

Ton amer, ton empli de reproches, ton insupportable…Elle baissa brusquement le regard.

Faible.

Elle était faible. Il avait réussi à la deviner si facilement… Elle n’avait pas été assez forte pour ne rien laisser voir dans son regard. Pauvre quiche qu’elle était… Ses doigts laissèrent tomber le goblet sur le plateau. Le verre rebondit pour tomber sur le carrelage –Changmin l’écrasa brusquement sous son pied.

« -Arrête ça ! »

Elle sursauta. Mais se contenta de détourner le regard vers la fenêtre. Agacé, Changmin l’attrapa brusquement par le col. Elle n’avait pas le droit, elle n’avait pas le droit de faire ça… A quoi servait-il sinon ? Pour quelle raison avait-il quitté la JMB’s, si… Si c’était pour rester inutile devant …ça ?
Et sa cousine… « Protège ceux que tu aimes »… Comment y parviendrait-il si cette idiote continuait à tout refouler ? Bon sang, pourquoi n’y avait-il pas de mode d’emploi pour ce genre de connerie ?
Il la projeta brusquement sur le lit. Elle retint un gémissement. m****. Elle détestait ce regard qu’il lui lançait… Pourquoi avait-elle l’impression de l’avoir blessé ? Pourquoi avait-elle l’impression qu’elle était la fautive ? Elle tenta de détourner les yeux. Sans succès. Il attrapa alors son visage, et y approcha le sien. Ils tremblaient.

« -Mais qu’est-ce que vous faites ! »

La voix outrée du médecin ne leur parvint même pas. Ils se contemplaient. Reflets colorés qui leurs parvenaient dans ces iris noirs… Il essayait de la faire flancher, elle le savait. Il grogna.

« -Tu m’énerves… »

Elle ricana. Ben voyons…

« -Je te renvoie le compliment. »

Il s’approcha d’elle, menaçant.

« -Qu’est-ce qui me retient de te foutre un bon pain dans ton petit minois, hein ? »

Elle sourit. Moqueuse.

« -Mais rien, Changmin. Vas-y, si ça te tente tant. »

Et l’autre envie, là, qui était en train de lui ronger le ventre, qu’est-ce qu’il en faisait ? Elle était proche. Trop proche. Et il n’était qu’un pauvre homme… Pauvre plouc. Il se savait fébrile, tremblant, et ça le dérangeait. Ça le dérangeait terriblement parce qu’il n’avait pas le droit… Son regard, une fraction de seconde, descendit vers les lèvres, puis vers la gorge de la jeune fille, pour remonter aussi brusquement qu’il était descendu. Ses pupilles recroisèrent ceux de Tomoko, qui cilla.
Il sembla alors se rendre compte à quel point, en réalité, elle faisait semblant. A quel point elle jouait un jeu, un rôle, essayant de tenir jusqu’au bout. Pour ne pas flancher. Pour ne pas montrer à quel point elle se sentait démunie.
Cela ne l’agaçait plus, à présent. C’était plus douloureux qu’autre chose, en réalité. Il ne supportait pas de la voir ainsi. Un trop-plein de douleur dans ce regard, dans ce battement de cils. Il poussa un soupir. Qu’est-ce qu’il ne donnerait pas pour comprendre…

Le médecin, derrière eux, profita alors du silence pour prendre la parole.

« -Excusez-moi… »

Changmin se détacha lentement de Tomoko, sans la quitter du regard, puis finit par se détourner, sans un mot. Décidément, ils n’arriveraient pas à ce comprendre… C’en était lassant. Agaçant. Comme elle. Il mourrait d’envie de la…frapper, presque. Pour qu’elle réagisse. Mais il ne pouvait s’y résoudre. Parce qu’il y avait autre chose aussi, qui lui tirait les entrailles, et qu’il s’efforçait d’ignorer.
Elle s’était relevée, et observait à présent avec insistance sa longue silhouette. Cette attitude… lui faisait mal. Jamais on ne s’était détourné d’elle avec autant de reproches dans les yeux. Elle finit par reporter son regard ailleurs, alors que l’autre lui jetait un coup d’œil furtif.
Le grand brun finit par observer le médecin qui semblait avoir repris de l’aplomb et s’occupait à présent de le sermonner –dans une langue qu’il ne comprenait pas. La voix de la petite Japonaise retentit alors, sèche, presque moqueuse. Elle indiquait probablement à l’homme qu’il ne savait pas parler cette langue dans laquelle il s’exprimait. Décidément…Le médecin se tourna vers l’infirmière et lui donna visiblement un ordre.
Le silence retomba un instant, puis un jeune homme entra dans la pièce. Il portait une blouse blanche identique à celle du praticien qui marmonna quelques mots à son intention. Il avait tout du Japonais de base, très respectueux envers ses aînés, le protocoles, les règles… Le petit toutou obéissant venait d’entrer en scène. Génial…

A côté, Tomoko venait d’engager la conversation avec l’infirmière.

« Ecoute, il faudra bien que l’on appelle tes parents à un moment ou à un autre… tu ne peux pas rester ici éternellement… Ou bien ce sont tes parents qui t’ont blessée ?
-…Ecoutez, si vous voulez me voir dégager, très bien, mais d’une, je vais où ça me chante et de deux, je ne vous permets pas de dire des conneries sur mes parents.
-Et où ça te chante, c’est où exactement ? » marmonna l’infirmière agacée par autant d'impertinence.

La Japonaise soupira.

« Je ne sais pas, mais ne m’obligez pas à les appeler.
-Mais il faudra bien, pourtant… Dis-moi où est-ce que tu peux aller, à part chez tes parents ? »

Nulle part, songea amèrement la jeune fille. Et ça n’avait rien de réjouissant. Pauline…Sarie…Yunho…Si seulement ils étaient là. Ils étaient majeurs et auraient pu faire quelque chose. Mais simplement parce qu’elle n’était qu’une pauvre mineure, adolescente en crise selon eux de surcroît, elle restait clouée dans ce lit d’hôpital avec des cons qui la harcelaient pour qu’elle appelle ses parents.
Des toutes façons, si elle les appelait, elle se ferait tuer. Alors il en était hors-de-ques-tion. Elle ne voulait pas, point. En plus, c’était bientôt la rentrée. Il allait falloir qu’elle retourne en cours, mais dans cet état-là… Qu’est-ce qu’elle pourrait bien faire ?
Désemparée, elle jeta un regard à Sarie, endormie, puis leva les yeux vers Changmin, qui la scrutait.

« Quoi ?! siffla-t-elle d’un ton agressif malgré elle.
-Rien. Tu manges pas ? »

Bon sang ce que ce type était complexe. Un coup il lui hurlait dessus, l’autre coup il lui disait être tenté de la frapper, puis il l’ignorait et pour finir, il lui adressait la parole comme s’il ne s’était rien passé –ou presque. Il avait un air un peu froid et à présent, il évitait son regard.
Il s’assit près d’elle, ignorant le groupe médical qui les observait d’un air consterné. Sans la regarder, il triturait ses mains. Elle plongea alors son regard dans l’assiette qui contenait une sorte de…tranche de jambon. Ou était-ce de la dinde ?
C’était fou comme ils parvenaient à faire abstraction de leur entourage dès qu’il y avait la moindre petite tension entre eux, songea Changmin en se rendant compte de la présence de pieds autres que les siens dans son champ de vision. Ceux du jeune stagiaire qui venait de débarquer, probablement. Mais cela ne l’intéressait pas plus que cela. Son esprit ne parvenait pas se focaliser sur autre chose que sur elle. C’était insupportable. Il ne parvenait pas à rester naturel. Elle le mettait presque mal à l’aise.
L’infirmière posa une question à la patiente qui sembla gentiment l’envoyer sur les roses.

« Qu’est-ce qu’elle t’a demandé ?
-Regarde-moi quand tu me poses une question, c’est la moindre des choses, non ?
-Non. »

Elle grommela un juron, puis grogna :

« -Dans ce cas, va crever pour que je te réponde. »

Il bougonna à son tour.

C’était un cycle sans fin. Aucun des deux ne souhaitait se soumettre à l’autre parce que chacun savait-pensait- qu’il avait raison. Cette « conversation » était simplement pitoyable. Ils respiraient la puérilité tous les deux. Cela en aurait été presque drôle si ça ne les concernait pas d’aussi près…
Changmin dut mettre sa dignité de côté et finit par lentement se retourner vers la jeune fille… qui machouillait ses œufs brouillés. Il soupira.

« -Qu’est-ce qu’elle t’a demandé ? »

En fait, ce n’était pas vraiment une bonne idée que de le provoquer en lui sommant de le regarder lorsqu’il lui parlait. Parce que déjà, à la base, elle n’avait pas vraiment envie de répondre. Et, surtout, elle détestait la manière dont il la regardait… Ce regard plein de reproches…

« Elle…Bah, si j’ai quelque part où aller.
-Et pourquoi tu lui réponds pas ?
-Parce que je n’ai pas de réponse à cette question. »

Il déglutit. Ce genre de phrase l’insupportait. Il avait vraiment l’impression d’avoir fait une erreur, de l’avoir blessée. Et c’était la dernière chose qu’il souhaitait. En plus, elle avait tort.

« -Bien sûr que si. Tu peux venir avec nous. »

*

Jae Joong errait dans les couloirs. Il déambulait, pieds nus, de la même façon qu’hier… Ou presque. La tête vide, le regard tout aussi peu empli, il se laisser guider par ses jambes. Les infirmières qui essayaient de lui parler, cette fois, n’obtenaient rien de plus qu’un bousculement fatigué. Il ne les voyait pas…La seule chose qui semblait l’intéresser était cette pluie –cette pluie fine, quasi inexistante, de l’autre côté de la fenêtre. Blanc, gris. Tous ces tons sans couleur qui l’éblouissaient… Les nuages flottaient mollement, répandant leur blancheur grisâtre partout où ils passaient.
Il rencontra le regard de son pâle reflet contre une vitre. D’où sortait-elle, celle-là ? Perplexe, il recula son visage. Une fenêtre. Il tourna la tête. Un couloir. Son esprit enregistra ce qu’il fallait enregistrer –rien. Rien de cela ne l’intéressait. Il ne voulait pas savoir…
Il était fatigué. C’était la seule chose qu’il savait… la seule chose ou presque. Il était exténué et avait peur…Pour la première fois depuis longtemps, il sentait l’effroi lui glacer l’échine…Pourquoi ? Il ne le savait pas. Il ne voulait pas le savoir.
Si seulement il savait se mentir aussi bien que cela…

Il savait.

Il savait depuis un moment…Depuis son éveil, en fait. C’était la première chose qui s’était imposée dans son esprit… L’inquiétude. Une belle saleté…Elle s’était installée sur Le canapé. Au beau milieu de sa tête. Le canapé qui n’avait été occupé par personne jusque là…
Maintenant, Ils étaient deux. Ou plutôt Elles étaient deux… L’inquiétude et la peur. Un bon couple irritant…Elles étaient là. Grosses. Lourdes. Imposantes. Et surtout, pire que tout, agaçantes… Elles s’étalaient lascivement alors qu’il ne voulait pas d’Elles…
Et même la cuisine de sa conscience avait été pénétrée. Quelqu’un avait osé y entrer… Mais pour le moment, il n’en avait pas ouvert la porte. Il savait qui se trouvait derrière, mais n’osait pas tellement y croire…pas encore.
De toutes manières, ils commençaient à être de plus en plus nombreux… Dans son cœur. Là où seule Jeong Hee avait eu le droit de siéger…

Jeong Hee.

Il soupira. Ce nom lui faisait encore mal… Et elle lui manquait. Combien d’années étaient passées, depuis sa disparition… Ou plutôt sa fuite ? Pourquoi était-elle partie ? Pourquoi l’avait-elle délaissé ainsi ?
Pourquoi n’avait-elle pas été là pour l’empêcher de faire une telle chose ?

Il poussa un grognement en se prenant les mains dans la tête. Il leva les yeux, rencontrant une seconde fois son regard. Toujours le même…Toujours aussi froid et distant. Cette peine qui le rongeait intérieurement ne se reflétait nulle part…
Il s’écarta brusquement de la fenêtre. Il ne supportait plus son reflet…Il ne supportait plus rien… Il ne se supportait plus. Toujours, toujours, ces cris intérieurs… Ou plutôt, ces hurlements déchirants… Une envie de tout lacérer…Il se tourna le dos.

Ses yeux s’élargirent.
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Sam 7 Juil 2007 - 0:39

Sans qu’il ne puisse savoir comment ou pourquoi, il était devant la porte de la chambre de … Yunho… Il resta un moment pétrifié devant cette entrée.
Entrée… Mais vers quoi? Il n’osait pas avancer. Que se passerait-il s’il…S’il ouvrait cette porte ? Pourquoi était-il si tendu, aussi ? Il ne s’agissait que de tourner une simple poignée… Son corps faisait pourtant opposition à ce simple geste.
Avancer… Jae Joong sentit alors à quel point il n’était pas prêt à le faire. Changer du tout au tout…Ouvrir une porte, voyez-vous ça ? Bon, ça ne changerait sans doute pas grand chose à son existence déjà boulversée depuis longtemps. Mais le revoir… Revoir son visage… Ses yeux…Ses lèvres…Et ce petit grain de beauté, là, à la commissure de sa…
Il manqua de s’étouffer et recula brusquement. Depuis quand connaissait-il aussi bien cette figure ? Perdu, il se mordit la lèvre inférieure. C’était lui, lui-même, qu’il ne reconnaissait plus… Depuis quand… ?
Effroi. L’impression de se retrouver dans un immense gouffre autrefois si familier…

Un cri.

L’androgyne se pétrifia. Un froid immense s’emparait de lui… La peur. Cette peur qu’il connaissait maintenant, cette peur qu’il n’était pas censé ressentir…

Yunho.

Il criait, hurlait derrière la porte. Jae Joong se sentit défaillir, un instant. Ce cri inhumain, qui lui vrillait les tympans… Et cette peur… Un vertige le saisit. Il se dirigea pourtant vers la porte. Que cela cesse…

La poignée se baissa brusquement sous sa main et il l’envoya valdinguer contre le mur. Un immense fracas se fit entendre, mais le cri ne s’arrêtait pas… Le regard sombre du coréen chercha le lit, hagard. Ce n’était plus possible… Il fallait que cela cesse…L’autre s’agitait sur son lit, se révulsait brusquement…

La peur.

« -TA GUEULE ! »

Il fallait qu’il arrête. Ce n’était plus possible… Ce n’était pas possible… Il tremblait. Lui, Kim Jae Joong, tremblait de peur et d’inquiétude pour ce crétin de Jung Yunho… Il fallait qu’il cesse… Il le fallait. Il avait peur, il avait trop peur… Ces cris inhumains…
C’était eux, c’était eux qui revenaient. Ils étaient là, ils voulaient se venger, le reprendre… Le lui reprendre… Ces cris… Il les reconnaissait. Ils voulaient le punir, parce qu’il les avait tués… Cris de désespoir et de peur, cris de peine, cris de colère… Tout cela mêlé en un seul hurlement.
Le cri de l’homme…

« -YUNHO ! »

Il avait peur de l’approcher…Son regard hagard s’attarda alors sur son épaule. Il se l’agrippait comme s’il voulait se l’arracher… Si ça continuait, il allait aggraver son cas… Il ne pouvait pas le laisser faire.
En un rien de temps, Jae Joong se retrouva à agripper le poignet de Yunho avec force. L’autre semblait à peine s’en rendre compte. Il hurlait, encore et encore…

« -Lâche ça, bordel ! »

Il avait peur, mais la colère était plus forte. Cet abruti fini… Qu ‘essayait-il de faire ? Et ces cris…

« -Yunho ! Arrête ça ! »

Il luttait.

Et il craqua.

« -ÇA SUFFIT ! »

Sa main partit. Sa paume claqua douloureusement contre la joue de Yunho. Il en avait assez, assez, assez… Son poing s’abattit contre le torse du blessé. Peu importait qu’il le soit… Il fallait que cela cesse…Il le frappait, encore et encore, comme s’il avait perdu l’esprit. En réalité, c’était lui qu’il frappait… Lui et son désespoir.

« -Yunho, bordel… »

Il avait peur, il avait mal… Il voulait que tout cela s’arrête…

« -Arrête ça… »

Sa voix finit par se coincer dans sa gorge, et un sanglot retentit. L’inquiétude ? Le désespoir ? La peur ? Il ne le savait pas. Mais tout ce qu’il savait, c’était que son cœur cognait douloureusement dans sa poitrine, répercutant un son saccadé et rapide dans tout son corps. Ses phalanges percutaient avec haine le blessé. Avec haine, douleur et folie… Il avait peur.
Il la reconnaissaît… Elle était revenue. Après le départ de Jeong Hee, c’était elle qui était venue. Comme son ombre, elle l’avait suivie, jusqu’à ce qu’il la chasse en entrant à la JMB’s –il avait eu l’esprit trop occupé pour qu’elle puisse rester. Mais à présent… La JMB’s démolie, sans travail, sans foyer… qu’allait il faire ?
Oui, elle était revenue…

Il asséna un nouveau coup à Yunho. Plus faible, plus mou… Et plus effrayé que jamais.

Un gémissement.

L’androgyne s’immobilisa, se retournant brusquement vers le visage de celui qu’il frappait. Il n’avait pas ouvert les yeux, mais avait cessé de crier… Etait-il éveillé ?

« -Yunho ? »

L’espoir. L’espoir qu’il avait depuis longtemps chassé qui revenait à la charge. Un étau qui se resserrait autour de son cœur. Quelque chose qui lui tordait les entrailles… Il se releva brusquement, serrant les poings. Ces sensations oubliées… Il n’en voulait pas. Il ne souhaitait absolument pas qu’elles reviennent. Qu’elles fuient, qu’elles aillent troubler d’autres âmes que la sienne…

L’autre sembla ciller. Jae Joong se tendit brusquement.

« -Yunho ? »

*

Un nom. Ou une phrase. Il ne savait pas trop. You know… Yunho. Un vertige. Un nom…Ou une phrase ? Une résonnance familière. Peut-être à cause de la voix, peut-être parce qu’il connaîssait réellement ce…Ce quoi au juste ?
You know. Yunho. Qu’est-ce qu’il savait, qui portait ce nom? Il ne savait pas, ne voulait pas le savoir…
Il avait cessé de crier pour mieux écouter cette voix qui sortait de nulle part… Ce timbre qu’il semblait connaître… Il s’y accrochait, pour oublier…
Mais qui connaissait-il ? Il ne le savait plus. Des noms, des visages défilèrent. Les morceaux d’un puzzle gigantesque qu’on éparpillait… Des souvenirs… Il avait l’impression de devenir fou. Complètement fou… Qui était-il ?

« -Yunho…Tu m’entends ? »

Yunho… était vraisemblablement un nom. Yunho… Etait-ce à lui qu’on s’adressait ?

« -Qui êtes-vous ? » interrogea-t-il, sa voix résonnant dans le Nulle-part –là où il se trouvait.

Pas de réponse. Dans la pénombre, il levait les yeux, scrutant ce qui le surplombait, dans l’espoir d’y saisir quelque chose. Enfermer quelque chose dans son regard pour retrouver ce qu’il avait perdu…

« -Réagis, p*****… Tu fais exprès ou quoi ? »

De quoi ? songea celui qui se tenait debout dans l’obscurité. D’abord, était-ce réellement à lui que l’on s’adressait ?

« -T’es vraiment un sale con quand tu veux… Enfin, au moins t’as arrêté de gueuler. »

Lui ? C’était à lui qu’on s’adressait ?

« -Moi ? »

L’autre ne répondit pas, ne semblant pas l’entendre.
Yunho…Il s’appelait Yunho ?

« -Yunho… J’aimerais que tu fasse un minimum et que tu réagisses… S’il-te-plaît. Ça me déplaîrait pas que tu te révei-… »

Le silence se fit, tout d’un coup. Yunho –puisque visiblement c’était son nom- leva les yeux, perplexe. Pourquoi diable l’autre ne continuait-il pas sa phrase ?
Minute.

Il attendait son réveil ? Quelqu’un attendait son éveil ? Mais il ne dormait pas…Cependant, il ne put s’empêcher de se sentir touché. Quelqu’un l’attendait… Quelque chose de doux qui s’emparait de lui. Une impression qu’il n’avait pas ressenti depuis bien longtemps…
Une fine corde apparut alors, se dénouant, descendant depuis le ciel. Elle resta suspendue devant lui un moment, sans qu’il n’ose l’effleurer. Elle luisait dans l’obscurité, d’une lumière blancheâtre qui l’effrayait. Il finit par tendre la main pour l’attraper. Une douce chaleur se répandit dans son corps.

« -Yunho… ######, tu comprends ce que je te dis ou pas ? Ou tu fais semblant ? T’as pas arrêté pour rien, si ? C’était juste pour me faire espérer comme un pauvre crétin ? Hein ? »

La voix se fit soudainement amère.

« -Espérer… »

Yunho sentit une vive douleur lui transpercer le ventre. Il étouffa un gémissement.

« -C’est ça, gémit… Et ça m’entend pas hein ? Et ça répond pas…p*****, Yunho ! »

La corde brillait encore. Il resserra ses doigts dessus, comme pour se rassurer. Comme si cela allait l’aider à comprendre… Des plumes grisâtres se mirent à tomber du ciel. De légers duvets cendrés. Quelque chose de doux et d’indéniablement triste s’en dégageait…Impuissant, ne sachant que faire devant cette grise pluie, il se surprit à vouloir empêcher ces plumes d’échouer dans ce sang souillé où ses pieds baignaient. Et pourtant, il ne put se résigner à lâcher cette corde…

« -T’en veux encore ? C’est ça ? Sans aucun problème Monsieur Jung, Kim Jae Joong est là pour vous servir ! »

…Jae Joong ?

Le lien explosa, provoquant une énorme détonation, propageant une lumière immense et faisant ainsi disparaître toute l’obscurité. Tout lui revenait…Yunho se sentit basculer. Il ouvrit les yeux.

*

Le silence revint s’abattre platement sur la petite chambre de l’hôpital. Tomoko fixait Changmin d’un regard incertain. Qu’est-ce que cette réponse voulait dire ? Qu’est-ce que cela cachait, qu’est-ce que cela incluait ?

« C’est pas une blague, tu sais. On vous a pas embarqué dans cette histoire de
fous pour vous larguer dès qu’on en a fini.
-En gros, c’est pour vous donner bonne conscience.
-Non, pas tout à fait. Il y a ça, et puis… »

Et puis quoi au juste ? songea Changmin en contemplant le carrelage. Est-ce qu’il allait enfin, l’admettre ?

« -J’aime pas te savoir toute seule, ici. »

Si ce genre de phrase lui échappait, en plus… Il se mordit la lèvre inférieure en attendant la sentence qui n’allait pas tarder à tomber. Qu’est-ce qu’elle allait penser s’il se mettait à dire tout ce qui lui passait par la tête ?

« Je ne suis pas toute seule.
-Tu sais parfaitement de quoi je parle. »

Elle garda le silence, et il soupira. Le jeune stagiaire intervint alors –en coréen.

« Excusez-moi, monsieur ?
-Inutile de me demander mon nom, cela ne vous servira pas.
-Si vous y tenez. J’aimerais savoir si votre petite conversation personnelle durera longtemps… Parce que le problème des lits, lui, devient urgent. »

Le grand brun lui jeta un coup d’œil agacé. L’autre ne fléchit pas.

« -Est-ce que vous pourriez la persuader d’appeler ses parents ? »

Tiens donc. Voilà donc ce pourquoi Tomoko semblait tourmentée. Ses parents. Et il y avait de quoi, puisque logiquement ils devaient être en France. Effectivement…

« -Ecoutez, si sa présence ici vous pose un problème… »

Il lui jeta un coup d’œil furtif, tandis qu’elle fixait avec répugnance la salade flétrie qui trônait dans son assiette.

« -Je l’emmène avec moi. »

Le jeune –Coréen, probablement, puisqu’il n’avait pas d’accent- secoua la tête.

« -L’état japonais refusera de vous laisser partir avec elle. C’est une future citoyenne japonaise, et nous avons des responsabilités à tenir. Nous ne pouvons vous la laisser. De plus, c’est une mineure. Nous pouvons risquer de la laisser partir avec un… homme. »

Le grand brun se leva brusquement, sembla sur le point d’insulter le stagiaire, avant de se rassoir brusquement sur le lit, comme terrassé. Bon sang ce que ce type avait raison. Lui était un homme. Majeur. Plus grand, plus fort qu’elle. Etranger de surcroît –et ça, ce n’était sûrement pas étranger au fait qu’ils refusent de la laisser partir avec elle. Mais le fait était surtout qu’il était un danger potentiel pour cette gamine. Il soupira.

« Vous comprenez, maintenant…
-Non, je ne comprends pas. Qu’est-ce qui vous fait dire ça ? Je suis un homme, ça je sais. Mais ce n’est pas pour autant que…que…C’est…Ecoutez, demandez-lui. Demandez-lui si je lui ai fait mal. Demandez-lui si j’ai essayé de l’influencer. »

L’autre s’exécuta. Il interrogea Tomoko d’une voix douce, semblant essayer de la rassurer. La jeune fille ricana, puis répondit d’un ton sec, avant d’ajouter quelque chose d’un ton doucereux. Changmin eut l’étrange impression qu’elle essayait de retourner la situation contre l’équipe médicale. Cela fit effet sur le stagiaire qui sembla se confondre en excuses, avant d’en revenir au grand brun.

« …Elle est… effrayante.
-Tiens donc ? »

L’ex membre de la JMB’s ricana. L’autre soupira.

« Eh bien…ça ne nous avance pas plus, pourtant.
-C’est parce que je ne suis pas Japonais ? »

Le jeune homme en blouse blanche eut un air gêné.

« Je ne pense pas, mais il est effectivement possible que ce point soit un élément du refus.
-Ecoutez, je me fous de savoir si je corresponds à vos critères ou non. Le fait est qu’elle est venue au Japon avec moi, à cause de nous.
-Nous ?
-Ne vous attardez pas sur des détails inutiles. »

Changmin se leva.

« -De toutes manières, qu’est-ce que ça vous apporte de garder deux inconnus dans un hôpital ? Je vous donnerais l’adresse du lieu où nous serons. Ainsi, vous pourrez venir nous rendre visite quand cela vous importera. »

Le stagiaire finit par acquiescer au bout d’un long moment de réflexion, puis de discussion avec ses collègues . Soulagé, le grand brun se tourna vers le lit de la jeune fille.

« -Ils acceptent de te laisser repartir avec moi. »

Elle lui lança un regard indécis.

« Ce n’est pas une blague, devança Changmin en haussant les épaules.
-Je… ça ne vous dérange pas ?
-Puisque je te le dis, répondit-il en se détournant du lit. Je reviens, je dois appeler Yoochun. »

Et sans plus tarder, il s’éloigna à grands pas. Les phrases du stagiaire bourdonnant dans ses oreilles.
Tomoko fronça les sourcils. Décidément, elle ne parvenait pas à le comprendre. D’ailleurs, elle doutait que cela puisse arriver un jour.
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Sam 7 Juil 2007 - 0:39

*

Un énorme fracas métallique retentit dans la chambre. Une chaise venait de basculer en arrière, s’écroulant sur le sol avec grand bruit. Jae Joong venait tout juste de tomber, provoquant par la même occasion la chute du siège en métal. Le corps tremblant, le cœur sur le point de traverser sa cage thoracique, le Coréen avala sa salive avec difficulté. Assis sur le carrelage glacé sans pouvoir se relever, il scrutait avec stupeur le lit d’hôpital en face de lui.
Il avait cru voir…Il avait cru voir… Il ferma les yeux, horrifié par ses propres pensées. Espérer… Un vrai cauchemar. Si le moindre mouvement de cil lui faisait croire de telles choses, il n’était vraiment pas sorti de l’auberge… Il se recroquevilla malgré lui sur lui-même.
Inspirer. Expirer. Retrouver son calme. Ne pas lever les yeux. Non, pas encore. Rester encore un moment comme ça, ne pas y penser…Ne pas penser à se lever.
Son cœur battait à vive allure de manière irrégulière, complètement folle. Comme si l’on avait enfermé une guêpe à l’intérieur de cet organe. Un insecte fou qui percutait contre sa poitrine avec violence. L’androgyne déglutit.

Une voix pâteuse. Une sorte de marmonnement qu’il aurait reconnu entre mille…

« -…Jae…Jae Joong ? »

Et voilà qu’il entendait des voix, maintenant… Après les hallucinations, rien de mieux, n’est-ce pas ? A quand les contacts invisibles ?

Et pourtant…

L’androgyne se relèva lentement, avec difficulté. Ses genoux tremblaient un peu…. Des sensations perdues qu’il retrouvait. Il n’avait jamais été aussi tendu…
Lentement, lentement, ses jambes se dépliaient. Son visage remontait lentement et il avait peur…Les yeux fermés, il se détentit entièrement pour finir par se tenir debout en face du lit.
Un murmure presque effrayé lui parvint. A nouveau, la voix l’appelait.

« -Jae Joong ? »

Il se boucha les oreilles d’un geste brusque. Il entrouvrit lentement les yeux.

« -…Yu-… »

C’était impossible. Incroyable.

« -‘Yunho… »

Il avait les yeux ouverts. Ouverts. Ou-verts. Ce mot tournait dans son esprit comme une feuille emportée par le vent. Elle virevoletait dans tous les sens, et son regard faisait de même. Jae Joong ne cessait de scruter le blessé sous tous les angles. Est-ce que cette fois, il hallucinait pour de bon ?
L’autre semblait effrayé. Effrayé par sa présence, effrayé par cette lumière trop blanche produite par les néons. De quoi avait-il rêvé pour être aussi craintif ?

« -Yunho… J’appelle une infirmière, Okay ? Je… Tu… Ouais, j’appelle une infimière. »

Comme pour se rassurer, il répéta une nouvelle fois –plus pour lui-même que pour le blessé- la phrase.

« - J’appelle une infirmière. »

Il lui jeta un coup d’œil craintif et appuya gauchement sur l’interrupteur. Il se dirigea rapidement vers la porte, l’ouvrit et scruta les environs. Il était… nerveux. C’était tellement étrange de voir… Yunho éveillé qu’il en avait oublié les peurs et les espoirs qu’il avait eus précédemment. L’androgyne se frottait le poignet d’un air las.
C’était tellement fatiguant, ces réactions presque normales qu’il avait en la présence de ce…

« -… Qu’est-ce que… Où est-ce que je suis ? »

Jae Joong ne répondit pas. Cette voix rauque le… l’effrayait. Il avait honte à l’avouer, mais cette voix fatiguée, lasse, un peu inquiète et cassée lui glaçait le sang. C’était comme un écho qui lui revenait en pleine figure ; un écho des cris de douleur que l’autre avait proféré. Presque comme des insultes.

« -Jae Joong ? »

Il fallait que l’infirmière se ramène. C’était vraiment urgent. Il avait peur, il ne parvenait pas à rester serein en sa présence et en même temps… Et en même temps, il était trop inquiet pour le blessé pour se résigner à quitter la pièce. C’était un vrai dilemme qui était en train de lui dévorer son calme.
Des pas retentirent alors dans le couloir. Il observa de tous les côtés et vit, avec soulagement, une jeune femme en rose arriver –celle d’hier.

« Monsieur ? Qu’est-ce que vous faites dans cette chambre ?
-Il est réveillé. »

Elle écarquilla les yeux, puis le bouscula presque pour entrer dans la pièce. Lui n’osa pas. Il s’assit en tailleur dans l’ambrasure de la porte et s’accouda sur ses genoux.

« -Monsieur ? »

Lequel ? songea l’androgyne en se grattant la joue.

« -Vous… vous m’entendez ? »

Ah… C’était à Yunho qu’elle s’adressait. Jae Joong tendit l’oreille pour entendre sa voix. Sa réponse.

« -Ouais… répondit faiblement la voix éraillée du Coréen. Mais vous…je…enfin, qu’est-ce qu’il se passe ? »

La jeune femme en rose semblait, d’après ce que l’androgyne entendait, s’affairer autour du blessé avec fébrilité –qui était presque de la panique.

« Vous êtes ici à l’hôpital de Tokyo.
-Ah… Et… Pourquoi est-ce qu’il y a autant de lumière? Il faisait…. Noir tout à l’heure…
-C’est pour que l’on puisse avoir une visibilité nette… ça nous facilite notre travail. Vous avez mal aux yeux ?
-L’obscurité…J’étais resté dans l’obscurité…
-Pardon ?
-J’ai juste du mal à m’habituer…à cette lumière. Où est passé…Enfin… Qu’est-ce qu’il s’est passé ?
-Vous dormiez. C’était sans doute un mauvais rêve. »

Jae Joong marmonna.

« -On appelle ça un cauchemar. »

Yunho sembla soudainement effrayé.

« -Jae Joong ? »

L’androgyne n’aimait pas le ton qu’il prenait. Il soupira.

« Ouais ?
-Tu…c’est encore pour me tuer ? » murmura l’autre en coréen, semblant appréhender la réaction de celui qui était assis.

Ce dernier se releva brusquement et se retourna pour scruter le blessé qui bougeait la main, aidé par l’infirmière.

« -Pardon ? »

C’était quoi ces conneries encore ? Le tuer ? A quoi est-ce que ce con jouait ?

« -Qu’est-ce tu racontes p***** ? Je t’ai pas tiré des sales pattes de Myoung-bo pour te tuer, okay ? Mets-toi bien ça dans le crâne ! »

L’autre cilla.

« Myoung-bo ?
-Ouais, ton ###### d’oncle ! Me joue pas les amnésiques, parce qu’infirmière ou pas, si tu as osé oublier, c’est mon poing dans ta gueule de richard ! »

Yunho ferma un instant les yeux.

« -…Je n’ai pas oublié. Mais…tu…enfin…et… Lui ? »

Jae Joong réprima un frisson devant le malaise qu’avait l’autre à prononcer ce simple pronom personnel. Lui…Il ne voulait pas en parler. Il ne voulait pas y repenser… ça lui faisait encore mal. Il sentait encore les coups s’enfoncer dans son dos… Il voyait encore Son regard presque lubrique le jauger, il voyait encore Son sourire…Non, décidément, il ne voulait pas y repenser… Même s’il allait falloir.

« Il est crevé depuis longtemps, maintenant. N’y repense pas.
-Je l’ai tué… »

Cette phrase lui fit mal. L’androgyne sentit la lame s’enfoncer dans son cœur avec une hargne féroce. Yunho culpabilisait…Et lui, combien de personnes avait-il déjà tuées ? Comment avait-il pu oublier à quel point cela était censé le toucher ?
Ou plutôt, comment avait-il pu masquer à ce point qu’il s’en voulait ? Qu’il s’en voulait jusqu’à, parfois, vouloir se jeter du haut d’un immeuble ? De se balancer une bonne balle dans la tête ? D’utiliser cette même méthode qu’avaient utilisé Hiro et Hans ? … Et pourquoi ne l’avait-il pas fait, si ce n’est parce qu’il avait peur …de les revoir ? Eux…

« …Yunho, repose-toi pour le moment, okay ? Ce n’est pas la peine d’y repenser.
-Je l’ai tué. Est-ce que je mérite encore d’être soigné, de…Vivre ? Est-ce que…
-TAIS-TOI ! »

Jae Joong se boucha les oreilles d’un mouvement brusque. Il ne voulait pas l’entendre. Il ne voulait pas savoir. Parce qu’il…savait déjà tout cela, pour l’avoir pensé et ressenti… dès la toute première fois.
Il ne savait plus le nom de cette gamine qu’il avait tué. C’était sa première fois… Il ne se souvenait même plus du nombre de verres qu’il s’était enfilé par la suite. En réalité, ce qui avait suivi ne l’avait plus intéressé. En réalité, il n’avait plus qu’une image en tête… Celle d’un corps qui s’effondre. Le cri de sa mère résonnait encore dans son esprit… Pourquoi fallait-il que Yunho revienne réveiller tout cela en lui ?

Il avait appris à fermer son cœur, ce n’était pas la peine de venir le lui rouvrir. Et pourtant, Yunho, malgré lui, était en train de le faire. Il était en train d’ouvrir la plaie que l’indifférence avait réussi à cicatriser…

Son dos lui faisait mal. Il en prenait conscience maintenant, mais son dos lui faisait affreusement mal. Ses genoux le lâchèrent bursquement et il se retrouva à terre. Il vit alors des pieds s’approcher de lui. Des jambes avec. Et une jupe rose.

« -Retournez dans votre chambre, ça vaudra mieux… Vous êtes fatigué… »

Il secoua la tête. Il ne voulait y retourner. Parce que cela voudrait dire qu’il devrait faire face à ses peurs, seul… Indéniablement seul. Et cela l’effrayait.

« -Yunho… »

Un murmure. Le Yunho en question s’était lentement relevé –à grand peine- et observait celui qui était agenouillé. Une étrange sensation était en train de se tortiller en lui. Comme si la peur et autre chose se mêlaient… Son épaule lui faisait mal, mais cela lui importait peu. Il gardait les yeux fixés sur l’androgyne au sol.
Il ne comprenait plus rien. Où était passé l’homme glacial, impassible ? L’homme qui avait une totale maîtrise de son comportement ? L’impression de perdre ses repères…

« -Jae Joong ? »

Il n’en pouvait plus. Il était las, tellement las… Il ne supportait pas d’être aussi faible, mais comment en aurait-il pu être autrement ? Pourquoi n’avait-il pas compris plus tôt qu’il n’était qu’un homme, qu’il était incapable de supporter plus qu’un autre, qu’il n’aurait jamais du accumuler tant de crimes sur ses frêles épaules de simple mortel ?

« -Je suis fatigué… J’en ai assez. »

*

La pluie n’était plus qu’un amas gris d’humidité dans le ciel. Elle avait cessé de tomber ce matin, très tôt –Yoochun le savait parce qu’il était justement éveillé à cette heure-là. Deux heures dix du matin. L’horloge digitale qui avait été posée sur sa table de nuit indiquait clairement cette heure lorsqu’il y avait jeté un coup d’œil.
La nuit avait été longue en tourments, comme celle qui l’avait précédée. Il n’avait pu fermer l’œil, effrayé par les images qui le surprenaient par leur violence. Une violence pleine de tendresse parfois, et c’en était souvent trop douloureux. Ses pensées, ses espoirs et …ses peurs même, s’entrechoquaient en son esprit et se mêlaient, le laissant pantois, effrayé…Des images, des sons se formaient à toute vitesse lorsqu’il fermait les yeux… Images, sons… et parfois, sentiments. Des sentiments, des sensations indescriptibles et inconnues s’emparaient de lui, l’emportant dans un tourbillon insensé de peur, d’effroi et de cris.

Il était bientôt trois heures de l’après-midi. Le gris du ciel, là-haut, continuait à s’étendre, blancheâtre. Yoochun, baillait à la fenêtre depuis un moment déjà, tentant d’oublier cette nuit « blanche » qu’il venait de passer. Si seulement le soleil pouvait revenir… Son esprit ne serait sans doute pas aussi las et découragé.
Un sourire sombre étira ses lèvres. Voyez-vous ça, voilà qu’il mettait à présent son manque de courage sur le dos du mauvais temps… Comme l’humanité pouvait être pathétique… Même Park Yoochun ne pouvait y échapper.
Quelqu’un frappa alors à la porte, interrompant ses pensées maussades.

« -Oui ? »

Un grincement se fit entendre et une longue silhouette s’encadra dans l’embrasure de la porte.

« -Ah, Changmin, c’est toi… »

Le grand brun se tenait effectivement sur le seuil de sa chambre. Yoochun se souvint alors qu’il était allé les chercher à l’hôpital, tout à l’heure. Lui, Tomoko et un abruti d’infirmier. Un jeune Coréen qui l’avait mis à bout, avec ses questions stupides et indiscrètes.
Il cilla, songeant que le manque de sommeil n’était pas prescrit pour la mémoire. Ou l’attention, peut-être. En tout cas, il ne parvenait pas à se souvenir de manière précise ce qu’il s’était passé il y avait à peine une heure…
Oubliant la présence du jeune homme face de lui pour quelques secondes, Yoochun s’était à nouveau enfoncé dans les méandres de son esprit, le regard dans le vague.

« Yoochun ?
-Mhmm ? répondit machinalement ledit Yoochun en se secouant un peu. Tu disais ?
-Oh, rien… Je voulais te remercier. Pour être venus nous chercher…
-Aucun problème. A ce propos, ajouta-t-il en fronçant les sourcils. Et Jae Joong ?
-Pas vu. Je lui ai laissé un mot sur sa table de chevet.
-Ah. Sinon…comment va… »

Sa voix se brisa dans sa gorge.

« -Sarie ? compléta Changmin en évitant brusquement son regard. Son état n’a pas changé depuis. »

Le grand brun baissa brusquement la tête. Il n’aimait pas prononcer ces mots, pas du tout…Mais il fallait qu’il les lui dise. Il fallait que Yoochun comprenne. Que ça ne pouvait plus durer, qu’ils en souffraient tous et que décidément, il fallait qu’il aille la voir. Il ne pouvait pas, n’avait pas le droit de rester éternellement hors de cet hôpital. Non seulement parce qu’il avait tiré, mais parce qu’aussi, indéniablement, il avait besoin d’elle.

« -Yoochun… Je ne me mêlerai pas de ce qui ne me regarde pas. Mais regarde-toi dans une glace, un de ces jours… Tu fais peur à voir. »

Changmin referma la porte sans plus attendre. L’autre resta un moment sans réagir, en scrutant fixement l’immense planche de bois vernie et peinte en bordeau. Il finit par se diriger machinalement vers la salle de bain. Ce qu’il y vit ne le suprit pas vraiment.
Le manque de sommeil avait fini par le harasser. Cela se voyait sur son visage. Les cernes sombres qui s’accrochaient à son regard en étaient une belle preuve. Décidément oui, Yoochun était fatigué.

Finalement, il irait peut-être la voir. Oui, peut-être. Il n’allait plus supporter ce rythme très longtemps… Et, surtout, elle lui manquait.
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Sam 7 Juil 2007 - 0:40

*

Yunho, figé, observait l’être fragile qui s’était effondré quelques minutes plus tôt sur le carrelage. Une image qui se déchirait en mille morceaux. Où était donc passé l’ange de la mort ? Qu’était-il advenu de celui qui semblait avoir été doté d’une force et d’une volonté incassables ? Qui était donc celui qui tremblait sur le sol, celui dont l’ombre s’étirait maladivement ? Qui était cet être à la voix lasse ?
Ces questions tournoyaient en lui d’un mouvement presque fou, et un vertige se fit ressentir. L’impression de perdre ses repères dans leur intergralité. La sensation d’avoir raté une marche, et de se retrouver allongé au pied de l’escalier, à se demander ce qu’on a bien pu faire pour chuter d’une telle façon.
Questions, encore et encore, qui tournoyaient incessamment dans son esprit. Las, il poussa un soupir tandis que Jae Joong se relevait lentement, aidé par l’infirmière. Silhouette fragile, encore tremblante, fatiguée, qui étirait lentement ses jambes d’un mouvement délicat. Comme un château de carte qui menaçait de s’effondrer sous le vent…
Et pourtant, lorsque l’androgyne leva les yeux, Yunho sentit que l’apparence n’était rien. Si son corps semblait fragile, son âme semblait déjà entièrement dévastée par la maladie que l’on appelait culpabilité…
Il réalisa alors à quel point l’autre était brisé, déchiré par la gravité de ses actes. Et à quel point lui n’était qu’un égoïste avec sa mort sur la conscience… l’autre en avait déjà tant à porter sur ses épaules…

« Jae Joong…
-Tais-toi. Ne me parle pas.
-Ce n’est pas ce que je voulais dire…
-Tu l’as dit pourtant. De toutes manières, tu t’es contenté de dire tout haut ce que toute la société murmure tout bas… Les criminels ont-ils encore le droit d’exister après leurs méfaits? »

Un ricanement retentit dans la pièce, tandis que Yunho, immobile, gardait les yeux ancrés dans celui qui s’était à présent entièrement relevé.

« -La réponse est non, Yunho. Les êtres humains n’en sont plus dès le premier meurtre. C’est là que se pose la question : peut-on les tuer, est-ce que cela fait d’eux des criminels ? Oui. On se contentera donc de les incarcérer… pour se venger tout en gardant bonne conscience. Est-ce qu’on essaie de les comprendre ? Non. Ils ne méritent aucune considération, ce sont des assassins. Existe-t-il une probabilité selon laquelle ils pourraient éprouver du remord, de la culpabilité ? Non. Ce ne sont plus des êtres humains… »

De l’encre. De l’encre noire dans les yeux de l’autre. De l’encre de haine, de colère, de résignation et culpabilité.

« -Il y a bien longtemps qu’on a perdu notre humanité, Yunho… Sois le bienvenu parmi nous. »

De la douleur que chacun lisait dans le regard de l’autre. Jae Joong s’en voulait de prononcer ces mots mais il ne parvenait à s’en empêcher… L’envie de cracher ce qu’il avait sur le cœur était trop forte. Ses mots lui échappaient, ils fuyaient ses lèvres pour aller se faufiler aux creux des oreilles de celui qui l’observait avec effroi. Ces mots qui n’étaient qu’amertume et désespoir.

« -Je ne cherche pas à me défiler, ne t’en fais pas… Je sais à quel point ce que j’ai fait est inacceptable…Mais à quoi bon parler de tout cela maintenant ? »

Oui, à quoi bon ? A quoi bon rabâcher tout cela puisqu’il était trop tard ? Puisque dans cinq jours, leurs vies seraient réduites à néant ? Puisque le reste de leurs existences se résumeraient en des cellules de prison ? Puisqu’ils auraient l’occasion de savourer leur culpabilité, amèrement, recroquevillés dans un lieu sans lumière ?

« Je suis désolé…
-Ne le sois pas, il n’y a aucun intérêt à l’être. Ça ne changera rien. Ce qui est dit est dit. »

Yunho entrouvrit les lèvres, comme pour tenter de protester. Jae Joong poussa un soupir las.

« -Tais-toi. Je ne veux plus t’entendre. Arrête d’aggraver mon cas… C’est assez douloureux comme ça. Laisse-moi donc redevenir comme avant, et là tu pourras me dire ce que tu veux. Laisse-moi me reconstruire…Maintenent, je suis trop fatigué, trop faible pour t’écouter. Alors tais-toi. »

L’androgyne repoussa lentement l’infirmière, et fit quelques pas chancelants vers la porte. Avec l’impression nette d’en avoir trop dit. Mais peu importait, à présent. Dans quelques jours, tout serait fini. Alors…quelle importance, vraiment ?
Au final, tout reviendrait à la normale une fois qu’ils seraient derrière les barreaux. Il redeviendrait agressif envers les autres, et enfin on le laisserait tranquille. Et enfin, il pourrait redevenir tel qu’il avait toujours été…depuis son entrée à la JMB’s. Reprendre une existence où le regard des autres ne le ferait plus souffrir. Où enfin, Yunho ne serait pas là pour lui rappeler à quel point il était pathétique…Monstrueux.
De toutes manières, n’était-il pas ainsi, aux yeux du reste de la population ? N’étaient-ils pas des monstres que l’on fuyait ? N’étaient-ils pas, tout simplement, à enfermer ? Méritaient-ils encore d’exister ?
A toutes ces questions, des réponses que Jae Joong refusait d’entendre et d’admettre. Il les connaissait déjà… et pourtant il ne pouvait les accepter. Parce que dans le fond, il ne demandait que ça, être pardonné. Et Vivre. Combien de fois l’avait-il désiré…

Et Yunho ? Combien de fois l’avait-il désiré ? Combien de fois son regard avait-il effleuré son corps ? Combien de fois sa voix l’avait-elle arrêté ? Combien de fois le reverrait-il encore ?

Il sentit la douleur commencer à l’étouffer, remontant le long de sa gorge. Une sensation cotonneuse s’empara de lui. L’impression de se noyer dans un nuage de peine…
Il inspira fermement. Non, décidément, il devait se reprendre. Il ne pouvait se résigner à être aussi… Pathétique. Serrant les poings, il s’avança vers l’embrasure de la porte. Ne pouvant s’empêcher, une fois de plus, de jeter un coup d’œil en arrière. Croisant, indéniblement, le regard de Yunho. A nouveau.

Et une fois en prison, qu’en ferait-il, de ses regrets ? Que ferait-il de cette peine, de ces larmes qui ne demandaient qu’à être déversées ? Il ne pouvait se décider à vivre avec. Et pourtant… sans aucun doute, il y serait forcé.
Ses pensées poursuivant leur cheminement désespéré, l’androgyne sentit sa vue se brouiller, puis, sans qu’il puisse y faire quoi que ce soit, des sillons brûlants se tracèrent sur ses joues. Il baissa la tête, et deux taches sombres vinrent orner le tissu vert de son vêtement. Une troisième, une quatrième les rejoignirent.

« Jae Joong…
-TA GUEULE J’TE DIS ! »

Il essuya brusquement ses larmes de sa manche, sans que cela ne cesse de couler. De dépit, il dut se retourner pour que l’autre ne puisse pas constater qu’il pleurait… Même s’il était déjà trop tard. Il était toujours trop tard, désormais. A jamais, pour lui, pour eux tous d’ailleurs, il serait trop tard. Jamais ils ne pourraient rattraper la Vie…
La colère et la tristesse donnaient un curieux mélange, chez lui… Il grimaça un rictus moqueur. Non, vraiment, il était pitoyable. Pleurnichard, colérique, condamné…Fou d’un être qui jamais ne serait à lui, et pour cause…
Tellement de raisons qui l’éloignaient de Yunho. De raisons… Oui, c’était le bon mot. Il soupira…avant de se rendre compte de ce qu’il pensait.

Lui, aimer ?

Jamais il n’aurait cru que cela puisse un jour arriver. Peut-être que ce n’était pas de l’amour, qui sait. Il ne savait pas ce que c’était… Mais indéniablement, Jae Joong le souhaitait. Le désirait. Et cela l’effayait… Parce qu’au vu de ce qui l’attendait, cela ne servait à rien de vouloir ainsi. Non, à rien d’autre qu’à créer de nouveaux regrets…
Sans compter que Yunho était un homme. L’androgyne, las, songea que de toutes manières, il était inutile de tergiverser plus longtemps. Il était trop tard…

Il se retourna alors, pour une dernière fois.

« -A demain. »

Esquissant un pâle sourire, Kim Jae Joong, ex-membre de la JMB’s, traversa l’embrasure de la porte. Sous le regard éberlué du fils de l’héritier des Jung qui l’observa sans mot dire… avec un pincement au cœur. N’y comprenant rien. Et, sans aucun doute, souffrant de ne pas comprendre. De ne pas le comprendre.

Il finit par lentement s’allonger dans son lit. L’infirmière sembla s’éveiller et lui porta secours, lui parlant lentement, doucement, dans sa langue natale. Sans comprendre pourtant ce qu’elle lui racontait. Tout lui échappait…
Elle était pourtant pleine de bonnes intentions. Pleine de gentillesse, de sympathie. Pleine de doux sourires et de mots mélodieux. Pleine de douceur.
Malgré cela, ce n’était pas elle qu’il voulait voir à son chevet.
Malgré cela, elle le fit pleurer.
De larmes silencieuses finirent par couler le long de ses tempes, recueillies par le tissu de l’oreiller sur lequel était posée sa tête. La lassitude, les douleurs impossibles à ignorer et la fatigue d’éprouver des sentiments dont il ne parvenait pas à se détacher avaient fini par avoir raison de lui. Il soupira, alors qu’elle s’occupait de lui du mieux qu’elle le pouvait.

*

Le reste de la journée passa à une vitesse déconcertante. Changmin et Tomoko se contentèrent de s’ignorer en silence dans la pièce, sans parvenir à comprendre ce qui les poussait à agir ainsi, leur différent semblant avoir été oublié. Yoochun resta longtemps posté à sa fenêtre, songeant en lendemain avec appréhension. Jae Joong, pour sa part, retourna dans sa chambre, ne retrouvant de son collègue que la trace d’un mot griffonné hâtivement.
C’est ainsi que le soir tomba, et que la nuit suivit. Amenant avec elle obscurité, peurs et cauchemars …


Dernière édition par le Sam 7 Juil 2007 - 12:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Sam 7 Juil 2007 - 4:16

Troiz

Edit: Déjà merci pour cette suite, parce que j'aime beaucoup ta fanfic *-*
ensuite, au début j'ai eu un peu de mal à m'y remettre puisque ça faisait un petit moment que j'avais lu cette fic :s

mais j'ai beaucoup appréciée les différents points de vue, cette manière que Tomoko & ChangMin ont d'être bornés xD

et puis le personnage de YooChun fait très réaliste. Je l'imagine bien être cloitré chez lui etc...

pour Yunho & JJ, enfin ils commencent à se rendre compte qu'ils éprouvent un petit quelque chose l'un pour l'autre *-*

Bon mon commentaire n'est pas très long mais j'espère que tu as compris que j'avais beaucoup aimée ce chapitre...qui en plus était long Smile

A quand la suite XD
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Sam 7 Juil 2007 - 21:38

oh mon dieu une suite, j'imprime et je commente quand je pourrais *_*

Contente de t'avoir vu à la japan expo, tu me manque déjà T_T
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Dim 8 Juil 2007 - 18:39

AHHH j'ai enfin réussi à tout lire en deux jour!
bon que dire c'est tout simplement TROP BIEN!

je suis telement concentrer en lisant ton histoire, je me renconte de rien autour!
j'ai l'impression de voir la scene devan les yeux!

bon courage pour la suite !
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Dim 8 Juil 2007 - 22:19

Waaaaaoooouuuuhhhh


Mon dieu oO **Total admiration** Je lis ça depuis hier et je viens de terminer et... J'arrive même pas à trouver les mots pour décrire ce que je pense là XD C'etait super ultra mega génial mais vraiment là !! ^^ Je veux tellement la suite !!! Je veux savoir ce qu'il va se passer entre JJ et Yuyu, Changmin et Tomoko parce que les autres on le sait déjà XD Et je veux savoir si l'autre va vivre la SARIE !! BORDEL SURVECUE !!! enervé mdr Bref... Pauvre Chunie cette Eun-ju là ohé Elle à moru déjà elle ou pas ?? Oui hein ??

Et toi là JAE BORDEL AVOUE TES SENTIMENT ET ARRETE DE TOURNER AUTOUR DU POT !!! Yuyu aussi souffre en même temps que toi je te signal non mais oh !

Bon okais je me calme et puis... Je te dis que ta fics et [G]é-nial !!! Et que j'attend la suite avec impascience hihi Allez met toi au boulot XD J'veux trop savoir ce qu'il va se passer ^^
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Dim 8 Juil 2007 - 22:31

Oh quel plaisir de revoir un de tes chapitres =)

Alors alors, aujourd'hui, je vais essayer de faire court.
Au début du chapitre, je crois que je riais presque des réactions de Tomoko, en pleine crise d'adolescence ? ou juste un fort caractère ?
Elle est pleine de vie, et pourtant ...
Sa dispute avec Changmin m'énerve ... Je sais pas trop pourquoi ... Ils perdent du temps, de l'énergie, à se batailler comme ils le font u__u' Et puis flute, les gens qui s'aiment sont pas censés se disputer comme ils le font, c'est énervant lol ...
Ils finiront bien par s'avouer leur attirance, un jour.
Le personnage de Changmin me touche ... avec toutes les complications qu'il se fait par rapport à Tomoko.

Hum ensuite ... Yoochun.
Fiou il me déprime u__u ... et pourtant c'est comme si l'espoir était quand même lié à ce personnage. J'imaginais très bien le visage fatigué, plein de cernes, de Yoochun ... Et c'est pas très beau à voir ^^'
J'espère que Sarie se réveillera ... Et qu'il ira la voir au moins une fois.

Enfin, les fabuleux Jaejoong et Yunho.
Leurs passages contrastaient complètement avec ceux de Tomoko et Changmin je trouve. Autant avec les uns, je souris presque ... autant avec eux, les larmes et la peur arrivent ...
Jaejoong ... Fiou, il fait mal lui ... Trop de peur, trop de culpabilité, trop d'apparences, trop de ... fierté. Enfin, je le trouve fier ^^' à toujours se cacher dans son mutisme, dans ses attaques ... fiou ... Il m'impressione, mais ... il me rend triste, vraiment triste ^^'
Yunho ... un être 'simple' ( comparé à Jaejoong ), 'pur' ? ( plus vraiment depuis le meurtre ) ... et maintenant plein de culpabilité et de douleur.

Comme d'habitude, j'aime ta façon de traiter l'homosexualité, et particulièrement l'homophobie et sa violence injuste.
Comme d'habitude, j'aime ta façon d'écrire, de décrire tous ces sentiments, ces réactions, ces peurs, ces détresses.
Alors ... encore bravo.

Euh ... Où sont passés Pauline et Junsu ?! Oo

Bref, voilà, c'était pas si court mais bon, j'ai fais pire xD

Allez ... Bisous et la suite bientôt ?
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Dim 8 Juil 2007 - 23:37

Oui j'ai du retard mais j'espère que je vais enfin réussir à faire un com digne de ce nom, je m'excuse d'avance si ce n'est pas le cas.

Ce que je peux te dire c'est que ta fic, wow, elle prend aux tripes! J'ai rarement ressenti autant d'émotions différentes à la lecture d'un chapitre, je vis tout ce que tes personnages vivent, je ressens les mêmes choses qu'eux et d'un côté ça m'énerve. J'aimerais leur en vouloir pour leur comportement, notamment pour les disputes incessantes entre Changmin et Tomoko mais je n'y arrive pas. Parce que ça colle, c'est parfait. Ils ont les réactions parfaites, pas dans le sens où tout le monde les approuverait mais plutôt parfaites pour les êtres humains qu'ils sont.

Voilà, ta fic est extrêmement réaliste et c'est pour cette raison qu'elle appelle aussi naturellement à l'empathie.

Et puis tes mots, la façon que tu as de les utiliser c'est... cruel, douloureux et pourtant si beau, si magnifique. Je me perds dans tes mots, dans cette si déconcertante facilité que tu as de jouer avec eux pour créer un monde, pour m'y attirer et pour me donner envie de tout faire sauf d'en sortir. Je suis là, sur les lieux, j'observe et je ris autant que je pleure, j'ai mal au coeur ou au ventre selon les moments de peine ou de légereté. Les touches d'humour et puis ces sentiments si fort. JaeJoong par exemple, qu'est ce qu'il me fait mal. Parce qu'il a mal. Yunho aussi! Mon Dieu, moi aussi j'avais les pieds enfoncés dans ce liquide poisseux...

Je crois vraiment que je raconte n'importe quoi mais j'adore vraiment ta fic. Je t'ai déjà raconté qu'elle m'a attirée ici, n'est ce pas? Eh bah plus tu postes de chapitres et plus je me dis que j'aurais sacrément raté quelque chose autrement. Ecrire aussi bien, c'est incroyable, presque magique. Alors bravo la miss, je ne vois pas que dire d'autre à part que je suis fan!

Oh et vivement la suite ;)
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Mar 10 Juil 2007 - 17:58

woouuuaaaa enfin la suite ^^
j'ai adoré ce chapitre même s'il y a beaucoup de peine , douleur , peur et colère. et puis la relation qu'a changmin et tomoko est trop compliquer
jaejoong, pauvre jaejoong completement demoli . et puis enfin yunho s'est reveillé de ses cauchemards , il ne reste plus que sarie et tous le monde est debout .
et puis yoochun bon sang qu'il aille voir sarie c'est trop cramer qu'il a besoin d'elle .
mais j'aimerais avoir des nouvelle de junsu et de pauline ^^
ils m'ont manqué dans ce chapitre
et maintenent la suiteuuuhhhh ^^
hwaighting ^^
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Mer 11 Juil 2007 - 17:57

OHHHHHHHH !!!!!!!!!!!!!!!!!!!
c'était super génial !!
ça faisait un moment que j'étais pas venue et oh surprise que vois-je en arrivant ? un nouveau chapitre !!!!!!!! Very Happy Very Happy
alors yeahh merci beaucoup !!!
j'ai adoré !!! >__________<
mais je veux savoir ce qui arrive du coté de Junsu et pauline (je crois que c'est elle, non? xD)
'téé ça fait tellemebnt longtemps que j'ai boulié le nom de la fille T-T
enfin bref...
j'attends la suite avec beaucoup d'impatience !! >______<
au boulot mad'moisell' !! è_____é
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Ven 31 Aoû 2007 - 1:51

Ceci est un chapitre =D
Bref, on est pas encore le premier septembre, et je vous annonce officiellement que ma mort va être reportée à quelques temps~ Wa ne pourra pas m'envoyer dans la Seine, j'ai posté avant son retour *0*
(Sauf si je critique ma fic, ce que je ne ferai pas, vu que je ne sais pas nager).
Merci pour vos précieux commentaires qui me font décidément chaud au coeur. Et qui m'encouragent beaucoup >__< Merci de lire ma fic <3

Bref =)

Merci à Destiny pour la relecture <3

Bonne lecture~

Chapitre 35:Violet



La nuit était tombée. L’obscurité, comme elle le faisait bien souvent, s’immiçait alors dans lieux et esprits pour faire apparaître diverses créatures effrayantes ; du moins, il en était ainsi dans l’esprit misérable des hommes. Ils s’imaginaient voir des choses qui n’existaient pas, ou pire, qui existaient et qui les terrifiaient…
Si certains hallucinaient vampires et loup-garous, d’autres se terraient en rêvant de cadavres et de sang. Si certains étaient horrifiés par ce qui touchait l’invraisemblable, d’autres hurlaient de terreur devant la face sombre du monde réel.
Le réveil au beau milieu de la nuit était sans doute le plus difficile. Parce que toutes vos peurs les plus insipides, des plus ridicules aux plus effrayantes vous sautaient à la gorge, vous attrapaient pour mieux vous faire douter, pour mieux vous arracher larmes et sanglots, pour vous faire comprendre à quel point vous n’êtes rien…

*

Une cascade.

Une cascade de boue qui s’écoulait en face d’elle. Une boue consistante et sombre. Une couleur indicible, impossible à discerner. Peut-être noire. Peut-être pourpre. Quelque chose de profondément grouillant.
Elle était enfermée. Enfermée dans une pièce sombre, sans porte ni fenêtre, sans autre issue que cette chute de boue en face d’elle, qui n’était peut-être qu’un leurre. Une cave ? Elle ne le savait pas. Mais l’odeur désagréable de renfermé et d’humidité lui indiquait qu’elle avait probablement raison.
Autour d’elle, des murs de pierres. L’obscurité. Et cette boue malsaine qui continuait à s’écouler en un bruit répugnant.

Une main.

Une main blanche qui traversait la cascade, paume vers le plafond. Intacte. Semblant aussi pure et claire que celle d’une nymphe. Glaciale.
Elle déglutit, observant le liquide s’écouler, puis le membre qui se tendait vers elle. Avec effroi. Un effroi impossible à contenir, impossible à retenir. Une peur glaciale qui la prenait aux tripes, qui la paralysait sur place. Qui lui asséchait la gorge.
Elle avait peur.

Une pluie.

Une pluie noire, nauséabonde, s’abattit sur elle. Chaque goutte s’imprégnant dans sa peau, se marquant jusqu’au fond de son corps. Jusqu’au fond de son être. De sa conscience. Une odeur de sang. De sang et de pétrole. Avec pani.que, elle tenta de s’en débarasser. Sans succès.
La main s’étendit alors, et un bras entier se dirigea en sa direction. La paume presque accueillante.

Il y avait pourtant quelque chose de menaçant en ce geste. Mais elle ne put faire autrement que d’y répondre. Un autre bras surgit alors brusquement, accompagnant l’autre membre. On l’entraîna dans la boue.

Le noir.

Le noir s’immiçait en elle, l’avalait et la brûlait. Comment en était-elle arrivée là ? Elle n’en savait rien. La seule chose qu’elle parvenait à comprendre était la douleur, celle même qui lui dévorait le corps, qui devenait même pensée en elle. La douleur qui prenait sa place, la douleur qui s’emparait d’elle.
Douleur. Douleur. C’était les seuls mots qui lui venaient à l’esprit, dans sa conscience qu’elle ne parvenait plus à contrôler. Dans son esprit déjà embrumé par le noir, son esprit qui déjà n’était plus le sien. Le noir. Le rouge. L’obscurité. Le sang.

Une déchirure.

L’asphyxie.

Les bras s’enroulèrent alors autour de son cou. L’air se bloqua dans sa gorge.

Le silence.

~*~

Quatre Novembre – Deux heures dix-sept – Prince hôtel

Le silence. Le silence dans ce lieu où elle venait d’ouvrir les yeux. De prendre conscience. De, sans doute, s’éveiller. Peu importait le lieu, le principal était qu’elle était vivante. Bel et bien vivante. Se relevant lentement, la jeune fille sentit le soulagement s’emparer d’elle, en même temps que l’air dans ses poumons. Elle respirait. Elle l’entendait ; sa propre respiration saccadée, elle l’entendait. Un sanglot emplit sa poitrine.
Elle resserra brusquement sa couverture contre elle, y enfouissant son visage. A la fois soulagée et effrayée sans en connaître la raison. La peur reprenant le dessus. Où est-ce qu’elle était ? Elle ne le savait plus. Mais elle redoutait de voir apparaître, là, ici, n’importe où, une main, un afflux de sang, d’encre noire ou quelque chose de pire encore. La Peur n’était pas la seule à ainsi la malmener… Le Doute décida d’y mettre son grain de sel, lui chuchotant à quel point elle était pitoyable, froussarde… faible.
Faible…Faible… Faible… Le mot se répercuta en elle avec douleur. Un nouveau sanglot secoua son corps, sanglot qu’elle ne parvint à réprimer. Si le jour elle parvenait à s’empêcher de douter, ou même si elle le faisait, elle luttait contre, la nuit tout prenait une dimension différente. Le Doute, la Peur, le Désespoir n’étaient-ils pas d’ailleurs enfants de la nuit ? Ils reprenaient donc tous leurs droits en son corps.

« -Tomoko ? »

Elle sursauta. Un déclic se fit entendre. La pièce dans laquelle elle se trouvait s’éclaira brusquement. Elle cilla, le regard trouble. De la lumière…

« -…Qu’est-ce que… »

Il eut un moment de flottement, durant lequel celui qui venait de parler et d’allumer la lumière garda le silence. Et durant lequel elle réalisa qu’ils étaient à l’hôtel. Dans une chambre d’hôtel. Rien à redouter, dans ce cas. Rien… Cela n’avait donc été qu’un rêve. Qu’un simple et stupide rêve…
On s’assit alors sur son lit. Elle essuya vaguement les sillons de larmes sur ses joues.

« - Ça va ? »

Une voix chaleureuse. Un chouia inquiète, mais chaleureuse. Quelque chose de profondément rassurant en ces simples mots, en cette simple intonation. Irrépressible envie de s’enfouir dans ses bras, de l’écouter parler de cette voix qui chassait peurs et doutes. Tomoko se contenta d’hôcher la tête, n’osant la lever. Honteuse de s’être ainsi laissée aller, priant pour qu’il n’ait pas vu ses larmes –mais autant prier pour que le ciel devienne vert.
Une main se posa sur son épaule. Rassurante. Quelque chose de chaud et de doux, d’inévitablement apaisant. Dans le fond, elle détestait ça. Ou non, peut-être qu’elle appréciait. Elle n’en savait rien.
Au bout d’un long moment silencieux où ils restèrent tous les deux immobile, elle daigna lever les yeux. Autant avoir le temps de se recomposer un visage digne. Tant pis pour les yeux rouges.

« Ça va mieux ?
-…Mhmm. »

Il avait l’air inquiet. Inquiet et troublé. Tomoko n’en connaissait pas les raisons et sincèrement, pour le moment, elle n’avait pas envie de le savoir.

« -…Tu pleurais aussi dans l’avion. »

Merci bien, elle le savait. Mais elle n’avait pas envie d’être désagréable pour le moment. Elle était fatiguée. Fatiguée d’avoir peur, d’être réveillée par des cauchemars aussi incompréhensibles qu’effrayants, fatiguée d’avoir mal. Lasse. Si seulement elle n’était pas aussi faible… Si seulement elle avait été capable de se débrouiller seule… Si seulement elle n’avait pas autant besoin d’eux…
Un soupir lui échappa. Ce qu’elle pouvait être désolante, parfois…

« -…Qu’est-ce qu’il y a ? »

Douceur. Douceur et délicatesse dans sa voix. Comme pour ne pas la blesser, comme pour ne pas l’effrayer. Pour l’apaiser. C’était insupportable. Ou c’était étonnamment agréable.
Une fois. Juste une petite fois, se laisser aller. Se laisser aller, couler dans sa voix, se laisser emporter par sa présence. Se laisser avaler par l’impression rassurante qu’il dégageait. Juste une fois, rien qu’une petite fois, se dire qu’on était rien de plus que soi, que l’on n’avait pas à tenir d’image. Rien qu’une fois.

« -Je suis fatiguée, avoua-t-elle d’une petite voix. Juste un peu fatiguée. »

Il passa son bras derrière ses épaules et l’attira alors maladroitement contre lui. Elle réprima une grimace, son bras lui faisant sentir qu’il n’appréciait pas le mouvement. Mais peut-être que dans le fond, ça ne lui importait pas plus que ça. D’avoir mal ou pas. Et peut-être finirait-elle par admettre qu’il la rassurait affreusement.

« -Tu as le droit d’être fatiguée. »

La tête contre le bras de l’asperge à côté d’elle, Tomoko s’autorisa un sourire. Un peu somnolante. Comme si sa présence chassait réellement peurs et doutes. Comme si soudainement, elle n’avait plus aucun souci à se faire. Comme si quand bien même elle en aurait, ça ne l’empêcherait pas de dormir.
Il était doué, quand même.

« …Changmin.
-Moui ?
-Merci. »

Et au bout d’un long silence, elle finit tout de même par ajouter, pour la forme :

« -Pour une asperge, t’es quand même bien. »

Il grogna.

« -Gamine. »

Elle sourit. C’était probablement ce qu’elle cherchait à entendre, et ce depuis longtemps. Evidemment qu’elle le savait, qu’elle n’était qu’une gamine. Mais de temps en temps, il semblait bon qu’on le lui rappelle. En vérité, elle avait bel et bien besoin de l’entendre… De le ressentir. De le comprendre.
Ils restèrent ainsi un moment, l’un le bras sur l’épaule de l’autre et l’autre appuyée sur l’un. Immobiles et silencieux.

« …Tomoko.
-Je sais.
-Allez, quoi…
-Mais j’ai pas envie de bouger…
-J’ai sommeil…
-Mais j’ai froid après…
-S’il te plaît… »

Changmin soupira. Cette fille était tout bonnement impossible. Il n’eut pourtant pas le courage de résister longtemps. Il se leva pour faire face à la petite Japonaise assise dans le lit, les genoux recouverts par l’édredon.

« -Allez, fais-moi de la place. »

Tomoko hésita un instant puis s’écarta, laissant ainsi de l’espace au grand brun. Ce dernier éteignit la lumière, puis s’installa sur le matelas, à côté de la jeune fille qui vint se blottir contre lui.

« C’est pas toi qui disait que j’étais un pervers dans l’avion ?
-En quoi avoir froid est-il un acte pervers ?
-Il l’est quand tu viens te réfugier dans les bras d’un homme. Et ta phrase est hyper louche. Si je ne dormais pas à moitié, je prendrais ça pour une invitation. »

L’esprit à moitié engourdi, elle admit –en pensée seulement- qu’il avait peut-être raison. Mais sincèrement, elle était trop bien pour s’écarter. Elle marmonna simplement :

« Tu vois toujours des invitations partout, de toutes façons.
-Je vois des invitations parce que tes phrases sont louches.
-Eh ben vois des invitations, si tu veux.
-…Tu sais que là, c’est vraiment une invitation ?
-Tais-toi, fous-moi la paix avec tes invitations. »

La conscience comateuse, Changmin n’entendit pas ce que son cerveau lui disait. Alerte rouge, tous aux abris…Retourne dans ton lit… Tu vas regretter demain…
Bah. Il verrait bien. Il avait sommeil là…

« Bah, moi j’aime bien les invitations…
-Là, c’est toi le pervers.
-Je ne suis pas un pervers ! Tu dis n’importe quoi.
-Toute cette conversation est du n’importe quoi. »

En effet, leur conversation n’avait aucun sens. Mais à cette heure-là de la journée –bientôt trois heures du matin - il était bien difficile de ne pas raconter ce qui leur passait par la tête…
Tomoko sentit ses yeux se fermer, tandis que Changmin faisait profiter à ses mains la chaleur de son dos –tiens, comme quoi ça sert hein ?

« …N’empêche…
-Tais-toi…
-J’allais juste te souhaiter bonne nuit.
-Ton début de phrase ne ressemblait pas à ça. »

Il grogna.


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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Ven 31 Aoû 2007 - 1:51

~*~

Le jour se levait. De l’autre côté de la fenêtre, le ciel prenait une couleur rosâtre, étirant ses miliers de bras translucides et lumineux dans toute l’immensité de l’aurore. La voute céleste s’éclairait lentement, dévorant les ténèbres bleues de la nuit. Parfois, un éclat mordoré, entre l’or et le rosé, transperçait la couverture cotonneuse qui recouvrait le ciel. Bientôt tout ce tourbillon de couleur s’éteindrait pour laisser place au morne gris de la pluie, mais cela n’avait guère d’importance. L’instant présent était ce qu’il y avait de plus important.
Yoochun, accoudé à la fenêtre, un lourd rideau pourpre le recouvrant presque entièrement, s’accorda un sourire. Puis, doucement, s’éloigna de ce morceau de Tokyo qui déjà se mouvait sous le flux des passants. Six heures du matin. Les Tokyoïtes étaient des gens bien matinaux. Baillant, le Coréen laissa le rideau se refermer sur le morceau de ciel qui s’éveillait, sur cette lumière trop forte et son sourire.
La pièce était plongée dans l’obscurité. A part ces infimes rayons de soleil qui parvenaient à passer là où le lourd tissu ne recouvrait pas la vitre –quasiment nulle part, la chambre baignait dans un noir désagréable –presque malsain. La peur, le doute semblaient emplir le moindre recoin, semblaient devenir particules d’air… semblaient s’apprêter à le noyer. Yoochun resta un long moment immobile, dans l’obscurité. Les lèvres pincées, le regard fixe. Comme pour s’empêcher de pleurer… de penser à elle.
Elle ? Elles ?

« -Eun-Ju… »

Un murmure, dans silence. Elle. Lui. Comme s’il attendait une réponse, comme s’il attendait qu’elle revienne. Qu’elle lui dise que tout cela n’avait été qu’un rêve, qu’elle n’avait jamais fait cela et qu’il ne l’avait jamais tuée. Qu’un mauvais rêve… Comme il le souhaitait.
Malheureusement, ce n’était pas le cas. Les mains serrées l’une contre l’autre avec violence, comme pour s’empêcher de trembler, le Coréen s’assit sur son lit. La machoire plus crispée que jamais.

« -Eun-Ju… »

Sa voix se faisait suppliante. Oh bon sang, faites qu’elle revienne… Faites que tout ça n’ait été qu’un vulgaire tissu de mensonges… Faites qu’elle ne soit pas morte…

Faites qu’elles ne soient pas mortes…

« -Pardon… »

Faites qu’elle lui pardonne…

« -Pardon… »

Faites quelque chose…

« -Pardon… »

Sarie…

« -S’il-te-plaît… »

Qu’elle s’éveille… Par pitié. Qu’elle s’éveille… Qu’il puisse revoir son visage souriant, son regard vivant, qu’il puisse la retrouver telle qu’elle avait été… Qu’elle puisse lui pardonner…
Le froid, la peur, les doutes s’infiltrèrent dans son corps déjà tendu et douloureux. A chacune de ses inspirations, ils se faufilaient dans ses poumons pour mieux se glisser dans ses veines… Chaque battement de son cœur semblait déclencher un tremblement, une explosion de ses organes. Ou peut-être tout cela n’était qu’illusion. Il ne le savait pas. Tout ce qu’il sentait, c’était cette sensation qui s’éparpillait en tout son corps… Et ce visage, ce visage qui souriait… Qui pleurait… Ces lèvres qui murmuraient son nom… Cette main qu’elle semblait lui tendre… Réclamait-elle du secours ou était-ce elle qui le lui portait ? Il ne parvenait à le savoir. Et dans le fond, peut-être que cela n’avait aucune importance…

« -Sarie… »

Un nom, le sien. Un nom, ses sentiments. Un nom… Elle. Yoochun se rendit compte à quel point il se devait d’aller la voir, d’aller s’excuser. D’aller lui expliquer ce qu’il y avait à expliquer. Et d’attendre, auprès d’elle, son éveil.
Cette main tendue n’était peut-être rien d’autre qu’une demande et une offre de secours. Elle, lui. Peut-être que, tout simplement, ils avaient besoin de l’autre pour s’aider à se relever… mutuellement.

Alors, Yoochun, comme brusquement calmé, se releva doucement. Et s’apprêta, lentement, à aller la voir. Se douchant, s’habillant, se préparant avec lourdeur.

Comme si chacuns de ses gestes allaient devenir mots.

~*~

Il faisait bon. Il se sentait bien. Il n’avait pas mal à la tête.

En somme, tout était parfait.

Changmin poussa un soupir satisfait en ramenant contre lui quelqu’un qui avait l’air tout aussi endormi que lui, vu le manque de réaction. Voilà, là il était bien.

Minute.

Depuis quand y avait-il quelqu’un dans son lit ? D’ailleurs, qui est-ce que c’était ? Le grand brun entrouvrit les yeux, puis les referma aussitôt, aveuglé par la lumière qui pénétrait dans la pièce. Au bout de quelques minutes, il daigna les rouvrir, s’habituant à la luminosité ambiante.

« -Mhmmpf »

Il bailla, puis se décida à soulever la couverture qui le –les- recouvrait.

« -…Euh… »

Non, il n’avait rien vu du tout. Allez, on repose l’édredon, on ferme les yeux, on se rendort et on la laisse régler le problème, le temps qu’elle se réveille. Il n’avait absolument pas envie de prendre des décisions. Décisions qui, de toutes manières, le feraient probablement paniquer. Il fallait dire qu’il n’avait pas pour habitude de se retrouver dans le lit d’une gamine de seize ans…
Et puis, bon, ce n’était pas comme s’il s’était éveillé avec la gueule de bois ou quoi –là, ç’aurait été inquiétant. Heureusement, ce n’était pas le cas et Changmin savait parfaitement pourquoi il se trouvait là. Le problème, c’était qu’il savait qu’il allait paniquer à son éveil. Et si quelqu’un, à cet instant, entrait dans la pièce, là, ce ne serait plus de la pani.que. Ce serait de la débandade, de l’agitation totale, et comme disait si bien la population pré-pubère, le bordel.
Alors qu’elle… Bon, il ne savait pas comment elle allait réagir, mais il préférait la laisser prendre les choses en main. C’était plus facile et il n’aurait pas à paniquer. Evidemment, ce n’était pas responsable de sa part. C’était même totalement irresponsable. Tant pis. Dans le fond, ce n’était pas vraiment le genre de choses qui le préoccupaient ou qui envahissaient sa conscience.
Enfin, ça dépendait des responsabilités.
Tomoko remua contre lui, et sembla se replier sur elle-même. Le Coréen se rendit compte qu’il avait oublié de rabattre la couverture –et remédia à cet oubli. Dans le fond, dormir avec quelqu’un ne lui était pas arrivé depuis longtemps et il était bien étrange de retrouver la chaleur humaine d’un autre dans son lit. Etrange, mais pas désagréable. Bien au contraire.
Les responsabilités. Changmin n’aimait décidément pas la sonorité de ce mot. Il lui rappelait son époque lycéenne, où ses parents, ses professeurs et parfois même ceux qui se disaient ses amis lui rabâchaient, répétaient, assenaient qu’il fallait qu’il prenne ses responsabilités. Et c’était bien pour ça qu’il avait passé son temps à les fuir.
En entrant, par exemple, à la JMB’s dès la fin de ses études, en suivant sans réfléchir la lettre de sa cousine. Qu’avait-elle pensé en l’y envoyant ? Pourquoi l’avait-elle fait ? Il ne le savait pas, et cela lui importait peu d’y réfléchir.
Le grand brun soupira. En dépit de son ancienne réputation de premier de la classe, il n’était pas très futé. Pas du tout. Penser aux choses compliquées l’ennuyait plus qu’autre chose, en fait –par choses compliquées il entendait les choses qui lui déplaisaient.
Il allait pourtant bien falloir qu’il le fasse un jour.
Son regard se posa sur la petite masse peletonnée contre lui. S’il n’y avait eu ces responsabilités, il aurait peut-être pu se laisser tenter et s’avouer qu’elle lui plaisait. Que ce soit par son stupide caractère ou par son sourire.
Sous la couverture, on remua à nouveau. Cette fois, ce fut visiblement pour de bon. Un pan de l’édredon se rabattit brusquement et le Coréen ne put s’empêcher de sursauter. Il soupira quand Tomoko s’étira. Elle tourna la tête vers lui.

« -Salut… » marmotta-t-elle en baillant, se baillonnant d’une main.

Elle s’assit en tailleur sur le matelas d’un air encore ensomeillé. Elle plissa les yeux, les referma, puis sembla sur le point de se rendormir. Au bout d’un long moment silencieux, Changmin répondit à son salut.

« -Hello. »

Son marmonnement peu convaincu ne sembla pas mettre l’esprit de la jeune fille en alerte. Au contraire, elle s’étira à nouveau –mais daigna tout de même baisser les yeux vers lui.

« -Quelle heure il est ? »

Il jeta un regard par dessus sa propre épaule –non sans difficulté – et lui signala qu’il était déjà dix heures.

« J’ai faim, ajouta le grand brun en dévisageant la Japonaise.
-Moi aussi, marmonna-t-elle d’un air renfrogné. Je me demande s’il y a de la confiture d’abricot, ici. »

Il leva les yeux au ciel.

« Houston, problème à la tour de contrôle… Changmin dans le lit de Tomoko et visiblement aucune réaction…
-Houston, problème à la tour de contrôle, singea la dite Tomoko, Changmin a faim et ne semble vouloir rien faire pour remédier à son problème…
-Tomoko, je suis sérieux ! »

Elle haussa un sourcil.

« A propos de ?
-A propos du fait que je sois dans ton lit.
-Ecoute, si tu es amnésique, je ne peux rien faire pour toi. Est-ce que tu te souviens de ce matin ?
-…Oui.
-Dans ce cas, où est le problème ? »

Il bougonna. En fait, sa réaction face au problème était pire que la sienne : si lui l’ignorait délibérément, elle ne le voyait carrément pas.

« Je ne sais pas si tu te rends compte, mais…
-Mais tu es un homme, je suis une gamine de seize ans et visiblement monsieur est prude au point de ne pouvoir dormir avec une simple fillette !
-Ce-n’est-pas-ça ! siffla Changmin, outré. Je ne suis pas prude ! »

Elle eut un bref rictus.

« Eh bien, je croyais que tu aimais les invitations, Changmin…
-Je…Hey, ça va hein. J’étais à moitié endormi, j’me rendais pas compte de ce que je disais.
-Et ni de ce que tu faisais. Evidemment. »

Tomoko poussa un soupir.

« -Changmin, je ne vois sincèrement pas où est le problème. C’est pas un crime, de dormir avec quelqu’un. »

Il finit par capituler. Dans le fond, elle n’avait pas tort. Dormir ensemble, ce n’était techniquement pas un crime.

« Possible.
-Pas de quoi faire tout un plat. A ce propos, on va manger ?
-Tomoko… »

Elle leva un sourcil.

« -Si ç’aurait été n’importe quel type de vingt ans, tu aurais aussi dormi avec lui sans aucun scrupule ? »

Un long silence suivit, puis un rire retentit dans la pièce. Changmin observa la Japonaise sans comprendre, et dut attendre un certain temps avant qu’elle ne se calme. La jeune fille finit par reprendre une respiration normale, encore secouée par quelques gloussements et sourires incontrôlés.

« …Comme si j’allais dormir avec n’importe quel type que je viendrais de croiser dans la rue ! T’as fumé quoi toi ?
-Tu me connais depuis moins longtemps que Yunho. Tu aurais pu dormir avec lui.
-Quel est le rapport ? Tu aurais préféré ?
-NON ! »

Tomoko, sciée, resta un instant sans réagir. Puis repartit dans un fou-rire qui prit de court le grand brun.

« Ne ris pas, grogna-t-il. Et ne me dis pas que toi, tu aurais préféré.
-Ah ça, je n’en sais rien, j’ai pas essayé. T’es bien le seul à avoir dormi avec moi dans un lit une place. D’habitude, même dans un lit deux places, c’est pas aussi confortable.
-C’était confortable ? »

Un large sourire éclaira le visage de la jeune fille.

« -Et comment ! »

Changmin se demanda si elle lui donnerait l’autorisation de l’embrasser avec ce même sourire. Son cœur sembla s’emballer à cette idée et son estomac approuva entièrement. Un nouveau rire retentit dans la pièce.

« -T’as faim, non ? »

Le rire fut communicatif et le grand brun ne put qu’être atteint à son tour par la bonne humeur de la Japonaise. Ils furent ensuite interrompus par un coup de fil –bizarre, ils n’avaient pas vu le téléphone – qui leur provenait de l’accueil. Le petit déjeuner arriverait à l’étage dans une demi-heure.
Changmin se plaignit donc durant le temps qui restait.


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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Ven 31 Aoû 2007 - 1:52

~*~

Yunho observa partir l’équipe médicale avec un soulagement non dissimulé. Cela faisait bien une demi-heure qu’ils étaient là à le cuisiner, à l’inspecter, l’interroger et à le regarder comme une bête curieuse. Le médecin avait d’ailleurs prononcé son nom d’un air troublé. Le Coréen se souvenait de l’accent de l’homme, de l’expression de son visage et surtout, de l’hésitation, de la presque-crainte qui se terrait dans ses mots. Il avait cependant repris aussitôt un visage tout à fait impassible -c’était probablement ce que l’on appelait la neutralité.
Poussant un soupir, le fils de l’ambassadeur se laissa glisser –non sans difficulté- le long de son lit. Il battit légèrement des jambes, désireux de se lever mais ne bougea pas plus. Il poussa un profond soupir, puis posa son regard sur les alentours. Durant la nuit, pendant que les patients dormaient, des installations avaient été posées autour de lui, et de lourdes rideaux blancs –tirant légèrement sur le gris- l’entouraient. D’après ce qu’il entendait, il y avait à présent d’autres patients dans la pièce. Enfin, peut-être y en avait-il toujours eu. Mais il n’en avait jamais pris conscience, du moins jusqu’à ce qu’il entende la voix d’un homme bougonner.
Pensif, il leva les yeux vers le plafond. Resongeant aux évènements du jour précédent. Jae joong –Jae Joong qui pleurait. Les larmes qui avaient taché son vêtement vert anis. Tout cela semblait faire partie d’un autre monde, d’une autre existence. Yunho avait tout simplement l’impression d’avoir traversé un miroir. Jae Joong qui pleurait. Son regard las, fatigué… rongé par la culpabilité et la douleur. Son sourire déchirant.
Jae Joong – Jae Joong qui pleurait. Son esprit ne parvenait pas à digérer l’information –son esprit, son corps, et son existence toute entière la refusait. Il – Il…
Il avait semblé si fragile… Une statue de marbre qui se brisait à ses pieds, un homme de pierre qui brusquement basculait. Basculait…

Son père aussi avait basculé. Pas de la même manière, mais il avait basculé. Il était passé de l’autre côté. Il y avait bien longtemps que le Coréen n’avait pas eu l’esprit préoccupé par la …la mort de son père. Il était peut-être préférable, d’ailleurs, qu’il cesse immédiatement d’y penser.
Oh, non, il n’était pas en train de s’aveugler ou quoi. Il ne passait pas l’éponge, il ne fuyait pas, rien de tout cela. Tout simplement… Son père…L’idée même de ne plus jamais le revoir semblait être irréelle. Peut-être qu’en réalité, Yunho espérait qu’il arriverait dans l’hôpital, pour lui rendre visite, s’informer de son état.

« Sauf qu’il ne le fera pas. Il ne le fera plus jamais. »

Ne plus y penser. Finalement, si, il fuyait. C’était exactement ça. Il refusait en bloc la mort de son père, et avait passé son temps à fuir, encore et encore. Depuis le début. Parce que rester dans cet appartement plein de souvenirs lui était trop douloureux. Parce que recevoir son héritage serait admettre à quel point… A quel point…
Il se mordit la lèvre inférieure. Ne pas y penser. Ne pas y penser. Surtout pas.

Et ce cauchemar. Ce rêve où Il était là. Lui, et… Toutes ces choses qu’il aurait voulu oublier. Toutes ces choses qui l’effrayaient, qui le dévoraient de l’intérieur. Qui déchiraient, laminaient son corps. Qui se tordaient en lui, qui le tordaient lui. Qui le …
Le noir. L’obscurité… Le sang. Lui…

« -Yunho ? »

Un bruissement, non loin de lui. Les rideaux en face de lui semblèrent se soulever, et une silhouette familière pénétra dans l’enceinte limitée par les barres de métal et les lourds tissus blancs.

Jae Joong. En quoi cette apparition l’effraya et l’apaisa, il n’en savait rien. Sa silhouette semblait à la fois menaçante, trouble et …inévitablement belle. Il était beau à en crever. Même dans cette tenue anis, avec ce visage fatigué, ce type était… angélique. Un ange avec une tête de trois mètres de long, certes. Mais un ange quand même. Peut-être bien celui du purgeatoire, en réalité.
Il avait l’air étrangement iréel. Lointain. Vague. Et Yunho se surprit à se demander s’il n’avait pas des hallucinations. L’androgyne semblait si… léger…

« -Est-ce que tu vas t’effacer ? murmura-t-il malgré lui. T’évaporer ? »

Son compatriote haussa un sourcil, puis s’approcha. L’air toujours aussi fragile, toujours aussi peu net.

« -Jung Yunho, est-ce que j’ai l’air d’être un coup de crayon ou de la vapeur ? »

Oui, songea l’héritier de la fortune des Jung, oui. Jae Joong ressemblait inévitablement à un de ces dessins légers au crayon à papier et coloriés vaguement à l’aquarelle, dessin qui, sans aucun doute, s’effacerait à la vapeur. Sa fragilité était encore présente, quoi qu’il puisse en dire. Yunho la sentait, et sentait prêt à s’effondrer le mur que l’androgyne semblait avoir érigé autour de lui.

« -… Tu n’as pas réussi. »

Les mains de l’ex-membre de la JMB’s se crispèrent. Son regard se fit défiant –il se savait en danger, songea l’autre. Mais l’expression du visage de celui qui se tenait debout ne changea absolument rien à la légèreté qui émanait de sa silhouette. Yunho sentit une sensation glaciale se propager dans les poumons.
Il y avait quelque chose de pathétique, qui tirait presque de la tristesse dans l’homme en lui-même. Quelque chose que l’on ne parvenait à déterminer.
Une impression de neige. La neige tombait doucement dans la pièce… Ils restèrent un moment immobile, à se dévisager. Avec la nette impression qu’autour d’eux les flocons s’entassaient sur le sol.

« -Yunho…Ne me parle pas de ça. Pas maintenant. »

Ce dernier ne répondit pas, se laissant emporter par le courant d’air glacial qui s’enroulait autour de leur corps. Il ferma un instant les yeux, puis les rouvrit. Comme pour vérifier que la fragilité de son interlocuteur n’était pas une hallucination. Une image.
Dans le fond, il ne savait plus très bien s’il le voulait ou non.

« -J’ai plus important à te dire. »

Sa voix était lasse. Plus lasse que jamais. Comme si ce qu’il s’était passé hier n’avait plus d’importance, comme si en réalité, plus rien n’avait d’importance. Et brusquement, Yunho fut saisi par la peur de le voir vraiment s’effacer. S’évaporer. Comme une image. Comme un coup de crayon. Comme un ange qui vous retire la grâce de l’observer.
Jae Joong s’approcha et s’assit sur la chaise non loin du lit. Calmement. Lentement. Le neuveu de Myoung-bo l’observa avec inquiétude. Avec pani.que. Et s’il s’effaçait ?
Il tendit malgré lui lentement la main.

« -Jae Joong… »

Surpris, ce dernier contempla sans bouger la main qui se soulevait à quelques centimètres de son nez. Puis, sembla comprendre ce que voulait celui qui était allongé devant lui. Et doucement, leva sa propre main et colla sa paume sous celle de l’autre, la poussant légèrement afin qu’elles étirent leurs doigts vers le plafond. Sans un mot.
Un long silence de neige les enveloppa un moment, jusqu’à ce que l’androgyne l’altère de ses mots.

« -…Je ne vais pas m’envoler non plus, tu sais. J’ai déjà résisté à plus que ça. »

Pourtant sa main contre la sienne tremblait, nota Yunho. Mais il n’en dit pas un mot, ne pouvant qu’apprécier le contact de leurs paumes qui se rejoignaient, qui se collaient l’une à l’autre comme le reflet d’un miroir –ou presque. La peau de Jae Joong était plus pâle que la sienne. Et lui avait une main un peu plus grande –quoiqu’étrangement plus délicate. La vie, peut-être. La vie et ses déboires. Si Yunho n’avait rien connu de plus que ce que devait lui réserver sa vie –si l’on exceptait son oncle, Jae Joong avait dû en baver. La manière dont ses mains se crispaient, la légère rugosité du bout de ses doigts…
C’en était presque risible. L’androgyne aux mains rugueuses et le Coréen viril aux mains de soie… Oui, ça l’était presque. Presque – ce mot résonna en eux comme une promesse. Presque.

« -…Et pourtant je n’y arrive plus, constata finalement Jae Joong. Bizarre ce que la vie nous réserve. Des tas de conneries, des tas de tarés, de quoi en devenir fou moi aussi, et je finis par flancher au moment où tout semble se terminer. C’est con, la vie… »

Yunho lui jeta un coup d’œil surpris, mais ne fit aucun commentaire. Son interlocuteur sembla apprécier le silence. Puis, un murmure emplit ses lèvres –murmure que l’autre recueillit au creux de son oreille, faute de ne pouvoir le faire avec les siennes.

« -Yunho…On va se rendre. Tous les quatre. On va redonner une chance aux familles, pour qu’ils réussissent à faire leur deuil. On va… probablement écoper d’une peine à perpétuité. »

A leurs tours, les doigts du fils de l’amabassadeur se crispèrent. Il baissa brusquement les yeux, ne parvenant à supporter les mots qu’il entendait – se rendre, deuil, écoper…perpétuité. Etait-ce à ça que devaient se résumer leurs vies, à présent ?

« -On aurait besoin de… ton témoignage. Que tu prouves qu’on a été là-bas, et qu’on les a tués. »

Tués. Morts, donc. Ils étaient morts. Une sensation glaciale se répandit à nouveau autour d’eux.

« -Non. »

Yunho serra les dents, et répéta ce mot qu’il venait de larguer dans la conversation comme une ancre à la mer.

« -Non. »

Jae Joong leva les yeux. Mais ne fit aucun commentaire, et s’apprêta à se lever –l’autre croisa brusquement ses doigts avec les siens, et referma sa poigne. Ils échangèrent un regard.

« -Je refuse. »

Avait-il prononcé ces mots ? Avaient-ils prononcés ces mots ? Ils n’en avaient aucune idée. Une seule chose leur semblait certaine : ils les avaient entendus. Ils les avaient entendus et l’autre aussi.
L’autre. Son regard. La myriade de lumières différentes qui semblait s’y cacher, les milliers de reflets qui s’y réfugiaient. La neige qu’ils percevaient dans ses yeux. La neige. Les flocons. L’hiver. Le silence.
Un silence apaisant et doux. Un silence qui gardait au creux de ses bras la blancheur et le pur éclat de la dernière saison de l’année… Un silence qui était le leur. Ce silence qu’ils retrouvaient dans le regard de l’autre, ce silence qu’ils avaient longtemps gardé secret, ce silence soudainement s’entremêlait autour d’eux pour ne faire plus qu’un.

« -Pourquoi ? »

Un murmure.

« -Parce qu’on ne mérite plus d’exister. Parce qu’on est des assassins. A vie. Parce qu’on n’a pas plus droit à la liberté que les autres. »

Une réponse à ce murmure, une réponse à cette douleur.

« -Parce que vous méritez d’exister. Parce que chacun, nous avons le droit d’exister. Quels que soient nos crimes, chacun d’entre nous mérite une seconde chance. Même si cela comporte des risques, même si cela comporte des tas de compromis. On ne vit qu’une seule fois avec la même conscience, alors ne gâchez pas cette chance… »

Un regard semblant éternel. Eternellement sien.

« -Quoi qu’on en dise, je crois en vous. Je crois en toi. En côté humain qui existe en chacun d’entre nous, qui te fait flancher au moment où tout semble se terminer. Mais si tu flanches, il y a bien une raison… Et elle s’appelle l’humanité. »

Savoir. Ou pas. Hésiter. Ou non. Les doutes qui s’immiçaient en lui et ses iris sombres qui le faisaient flancher. Ses mots qui plus que jamais le touchaient.
Alors, doucement, les doigts de Jae Joong se refermèrent sur ceux de Yunho. Comme un coup de pinceau que l’on donne pour compléter un tableau, comme le dernier morceau d’un puzzle représentant un bout de ciel. Comme l’espoir qu’ils détenaient en leurs corps.

« -J’y réfléchirai. Fais-le, toi aussi. »

L’androgyne détourna le regard en desserrant lentement les doigts, tandis que l’autre faisait de même en hochant la tête.
Puis, sans un mot, sans un regard de plus, Jae Joong s’en fut. Celui qui restait ramena son regard vers le plafond, profondément troublé.

Réfléchir…

~*~

Bientôt deux heures, d’après les chiffres rouges du réveil posé sur la petite table de nuit. Yoochun se décida enfin à attraper sa veste noire posée sur son lit depuis bien des heures, déjà. Machinalement, il attrapa le chapeau accroché en évidence sur le porte-manteau. Il manqua de trébucher sur quelques livres posés à terre – ceux qu’il avait lu pour oublier le temps qui passait – puis sortit de la chambre pour aller frapper à celle d’en face.
La longue silhouette du grand brun s’encadra dans l’embrasure de la porte alors que cette dernière s’ouvrait.

« -Ah, Yoochun… Je vois que tu t’es décidé. »

Un sourire entendu étira les lèvres de ce dernier. Ses mains trituraient le rebord de son couvre-chef.

« Je serais probablement injoignable pour quelques heures, alors ne faites pas de bêtises.
-On est pas des mômes, tu sais. »

L’aîné arqua un sourcil.

« Enfin, peu importe. Changmin, prends soin de Tomoko.
-Je sais, je sais.
-Yoochun ! »

La Tomoko en question débarqua brusquement et manqua de trébucher. Le grand brun la retint.

« Eh, tu sors tout juste de l’hôpital, c’est pas le moment de gambader.
-Ça va, hein. »

Elle haussa les épaules, et grimaça. Le grand brun posa ses paumes dessus.

« Tu devrais arrêter les mouvement brusque, fit remarquer celui qui se tenait dans le couloir.
-J’avais oublié.
-Je vois. »

Un instant de flottement suivit, puis la Japonaise leva les yeux vers le Coréen fraîchement débarqué.

« -Tu vas à l’hôpital ? »

Il hocha la tête. Les mains de Changmin, sur les épaules de Tomoko, se crispèrent un instant et la jeune fille elle-même se tendit.

« Tu vas voir Sarie…Non ?
-Si.
-Alors… Tu… Dis-lui qu’elle nous manque, hein ? »

Un instant fragile traversa leurs regards et aucun n’osa reprendre la parole. De peur de se briser contre la douleur de l’autre, de peur de briser l’autre par ses propres mots. Comme si leur âme était de verre.

« -Je lui dirai. » finit par murmurer Yoochun.

Il répéta d’un air songeur :

« Je lui dirai.
-J’aimerais savoir si Jae Joong va bien, marmonna le grand brun, de tels mots semblant lui coûter.
-Et Yunho aussi. » ajouta la plus jeune dans un souffle.

Yoochun hocha la tête, puis y posa son couvre-chef, le soulevant légèrement pour les saluer. Il s’éloigna d’un pas rapide alors que derrière lui se refermait la porte. Ses pas retentirent un instant dans le couloir, puis se firent tout à fait silencieux.

Sarie…


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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Ven 31 Aoû 2007 - 1:53

~*~

L’automne. Un parc. Les feuilles de saison, le froid de saison et le reste. Son sourire. Leurs sourires. Un déclic. Un instant figé, comme ça, dans un fragment de vie. Un instant de bonheur, un instant éphémère.

« -Allez, quoi ! Encore une ! »

Pauline poussa un soupir mi-amusé mi-exaspéré, et tourna le dos au photographe en herbe à côté d’elle.

« -J’veux pas ! »

Il poussa un cri navré –petit cri aigu qui tira un sourire à la jeune femme- et finit par se reculer un peu, attrapant dans l’appareil un instant de bouderie. Cette dernière se retourna brusquement. Une exclamation retentit dans le parc.

« EH !
-C’est parce que tu voulais pas te tourner vers moi ! » se justifia le jeune homme, l’appareil numérique dans la main.

Elle tenta de le lui arracher, sans succès. Il tendit l’objet à bout de bras avec un grand sourire, et lorsqu’elle s’approcha assez près pour tenter de l’attraper, il se pencha, lui caressant les lèvres des siennes. La Française eut un bref sourire, puis s’appuya pour approfondir le baiser, mine de rien –évitant évidemment ne serait-ce qu’effleurer son bras blessé- et dépliant par la même occasion le sien… pour attraper ce qu’elle cherchait à obtenir depuis quelques secondes.

« -Aha ! Victoire de Pauline sur Junsu ! J’ai l’appareil ! »

Déclic. Le visage étonné d’un certain blond en gros plan. La victoire pour Pauline. Déclic. Le sourire attendri de Junsu.

« -T’es incorrigible. »

Derrière l’appareil qui reflétait les éclats blancs du mauvais temps, la jeune femme riait.

« -Je sais. »

Junsu posa sa main valide sur celles de la Française.

« -Tous les deux, c’est tout aussi bien, non ? »

Pour toute réponse, un simple glissement. La bien-aimée du Coréen tourna l’objectif en leur direction, et colla sa joue à la sienne.

« -Un, deux, trois… Soleil ! »

Déclic. Un couple qui sourit. Elle s’écarta légèrement, lui faisant face. Devinant ses intentions, un sourire entendu aux lèvres, il fit de même. Leurs lèvres s’effleurèrent à nouveau. Avec provocation la jeune femme lui passa la langue sur les lèvres, et un déclic se fit entendre.
Junsu se mordit la lèvre inférieure, songeant à la réaction qu’il aurait eu s’ils n’étaient pas dans un parc.

Déclic.

Un couple qui se taquine.

« -Bon, c’est pas tout ça, mais faudrait peut-être prendre autre que chose que des gros plans. »

La jeune femme se leva, et l’appareil en main, alla aborder un passant. Qui bien évidemment, se porta volontaire pour les prendre en photo. Juste une.

Déclic.

Deux grands sourires de loin, deux personnes entrelacées qui regardent vers l’objectif. L’index et le majeur levé. Le signe de la victoire. De leur victoire. Contre qui, quand, où, peu importait. Le principal, c’était cette victoire et ces sourires.

Victoire. La vie qui continue.

~*~

Ses semelles qui claquaient sur le carrelage. Ses pas brefs, précis, et fermes. Ses mains qui tenaient solidement son chapeau. Et son regard au loin, terrifié mais assuré. Sûr de ce qu’il faisait mais terrifié parce qu’il ne voulait pas le faire.

Impossible is Nothing.

Garder espoir, garder courage. Ne pas prendre ses jambes à son cou. Ne pas dépasser la porte. S’arrêter. Jeter un bref coup d’œil pour se rendre compte qu’ils ont installé des rideaux. Interroger l’infirmière qui l’accompagnait depuis le hall –accessoirement. Puis, à son consentement, entrer et soulever le lourds tissus blancs.

« -Je vous laisse ici. En cas de problème, vous pouvez… »

Il ne l’entendit pas. D’ailleurs, aussi étrange que cela puisse être, il n’entendait plus rien. Il n’avait plus que la vue, plus que son image, plus qu’elle et lui. Comme si brusquement le monde se refermait sur eux. Juste sur eux deux.

« -…Sur nous deux. »

Ses jambes manquèrent de le lâcher. La réalité en face. Regarder la réalité en face. C’était lui, c’était de sa faute. Tout était de sa faute. Et maintenant, il allait falloir qu’il assume…Assumer ses actes, assumer sa naïveté. Assumer tout ce qui avait fait qu’il s’était aveuglé jusqu’à présent. Assumer son existence même.
Un pas. Deux. Le monde qui derrière sa semelle commençait à s’effriter. Comme pour l’empêcher de reculer. Elle. Lui. Et le Néant. Le Silence.

Le Silence.

Ses lèvres closes qui ne semblaient plus pouvoir proférer qu’une seule phrase.

« -…nous deux. »

Comme si ces mots-même appartenaient au silence, comme s’ils n’étaient eux-mêrme rien de moins qu’une part du silence. Ces mots, et eux. Elle. Lui.
Un pas. Un autre. Ses jambes qui lui faisaient défaut et son corps qui commençait à le lâcher. Une chaise de métal en face de lui. Une bouée de secours. Pour l’aider à surmonter ces sentiments. Ces peurs qui semblaient s’apprêter à l’engloutir, ces doutes qui s’emparaient de lui. Avait-il le droit de venir jusque-là ? Avait-il le droit de l’approcher ? Avait-il le droit de lui adresser la parole ?

Avait-il encore le droit d’exister ?

Surmonter.

Encore et encore.

Garder la tête au dessus de l’eau.

Surmonter.

Et la sortir de cette eau-même qui tentait de les entraîner dans les profondes abysses de cette eau glaciale.

Surmonter.

Se battre. Jusqu’au bout.

Attraper cette main déposée sur la couverture blanche. Un galet poli par l’érosion du temps, du sable, du vent et de la mer. Un galet qu’il ramassait et dont il découvrait les infimes douceurs, les infimes blessures, les infimes creux et les milliers d’histoires.
Une vie polie par l’érosion de la vie, l’érosion de ses déboires. L’érosion des sentiments.

Resserrer ses doigts sur ceux, délicats, de la jeune femme. Délicats et froids. Froids mais toujours vivants.

Vivants. Vivante. Ce que ce mot pouvait être rassurant.

Elle était vivante.

« -Alive… »

Un murmure.

« -You’re alive. »

Un murmure, presque un rire. Un murmure, presque un soupir. Un murmure, et des doigts qui se resserrent. Des lèvres frémissantes. Lèvres pleines d’excuses et de sentiments douloureux.

« -Ne l’oublie pas. »

Non, que jamais elle ne l’oublie. Elle était en vie.

« -Même si pour le moment tu sembles le refuser. »

Assis, il déposa contre son front la main de la jeune femme.

« -Mais ne l’oublie pas. S’il te plaît. »

Un rire nerveux. Comme si toutes ces précautions naïves et effarées l’amusaient.

« -Il est bien présomptueux de ma part de te donner des ordres. »

Ses doigts contre son visage. Sa peau contre sa peau.

« -Alors que je suis venu pour m’excuser. »

Frémissements. Elle, lui, il n’en savait rien. Sûrement plus lui qu’elle. Mais peu importait. Puisque ces frémissements, ils les partageaient. Puisque cette douleur, ils la partageaient. Puisque cette tentative de sauvetage se scindait également en deux. En deux mains tendues l’une vers l’autre, comme un reflet. Deux mains qui, il l’espérait, finiraient par se rejoindre en un mouvement salutaire. Autant pour l’un que pour l’autre.
Il l’espérait seulement. Parce que c’était la seule chose qu’il parvenait à faire.

« -J’espère… »

Un soupir.

« -J’espère, encore et encore. Tant que tu seras de ce monde, je continuerai à espérer. Espérer ton éveil, espérer que…tu puisses me pardonner. J’espère. »

Il effleura de ses lèvres la peau de la jeune femme.

« -Sarie… »

Un murmure qui, il l’espérait, traverserait le temps et l’espace pour la rejoindre. Son nom, son nom en ses lèvres. Son nom de douceur, son nom de douleur.

« -Sarie… »

Qu’elle puisse l’entendre. Qu’elle l’entende. Qu’elle puisse lui pardonner. Qu’elle lui pardonne. Qu’elle s’éveille… Qu’il puisse l’entendre à nouveau… La voir sourire à nouveau, rire. Qu’ils puissent échanger un regard…

« -Sarie… »

Par pitié. Que le ciel se soulève en sa faveur, qu’un dieu dirigeant le monde puisse l’éveiller, faire un miracle.
Par pitié. Qu’elle ouvre les yeux, qu’elle lui offre un sourire. Qu’il puisse entendre sa voix, son rire.
Par pitié. Qu’il n’ait plus à endurer cette souffrance…

« -Sarie… »

Qu’elle s’éveille !

« -Bon sang… »

Il ferma les yeux, reposa la main. Ne pouvant en supporter d’avantage.

« -S’il te plaît… S’il vous plaît… Oh, bon sang… Faites quelque chose… Ne la laissez pas comme ça… »

C’était injuste. Injuste…

« -S’il doit arriver quelque chose à quelqu’un, c’est à moi… Si quelqu’un doit mourir, c’est moi… Pourquoi aurait-elle à souffrir ? Pourquoi devrait-elle subir une peine à ma place ? SI QUELQUE CHOSE DOIT ARRIVER, C’EST A MOI ! »

Il plaqua une main contre ses paupières. Ne pas pleurer. Ne pas pleurer. Résister. Résister…

« -Elle n’a rien fait… Rien du tout… Tout est… tout est ma faute… »

Surmonter. Ne pas se laisser faire par ses propres sentiments. Ne pas se laisser avoir par ce nœud qui se formait dans sa gorge, ce sanglot qui commençait à naître dans sa poitrine. Comprimer tout son être, résister.

« -C’est moi qui ai tiré… Moi seul… Moi qui n’ai pas été capable de garder mon sang-froid… Oh, s’il vous plaît… »

Il se mordit la lèvre inférieure, tremblant. Ne pas pleurer…

« -Ne la laissez pas comme ça… Sarie… »

Un sanglot secoua son corps.

« -Sarie… S’il te plaît… »

Il serra les dents, le poing serré.

« -Pardonne-moi… Pardonne-moi… »

Faites qu’il y ait quelqu’un qui puisse l’entendre, en ce monde, en cet univers. N’importe où. Que quelqu’un, n’importe qui, puisse l’écouter, le comprendre. Faites qu’elle lui pardonne.

« -Puisse-tu me pardonner, Sarie… Puisse-tu m’entendre… »

Fou. Il en devenait fou. Fou de peine, fou de douleur.

« -Pardon… Pardon… »

Oh, bon sang…

« -J’ai tiré… C’est moi, vous entendez ? C’est moi qui ai tiré… C’est moi qui lui ai fait mal… C’est moi… Moi seul… »

Il retira sa main de son visage. La machoire crispée, les poings serrés, il leva les yeux vers le plafond.

« -MOI ! MOI, VOUS ENTENDEZ ! MOI ! ELLE N’AVAIT RIEN A VOIR LA-DEDANS ! TOUT EST DE MA FAUTE ! C’EST BIEN LA PREUVE QU’IL N’Y A AUCUNE JUSTICE SUR TERRE, QU’IL Y A JUSTE LES MERDEUX COMME MOI ! »

Lui. Lui. Il était le seul et uni.que responsable… Sa colère se calma brusquement. Tout était de sa faute… Pourquoi s’en prenait-il à quelque chose qui n’existait pas ?

C’était de sa faute…

Il sentit brusquement une présence derrière lui. Le monde s’élargissait, le silence s’estompait. Tout reprenait sens, tout sauf lui. Tout sauf elle. Tout sauf eux.

« -Yoochun. »

Une main se posa sur son épaule. Il ne bougea pas.

« -Reviens demain, Yoochun. »

Sa respiration se calmait, elle aussi. Mais la peine et la douleur restaient.

« Demain…
-Ouais. Demain. Ça vaudra mieux. Donne-toi le temps d’y penser. »

On l’aida à se relever. Yoochun resta un moment debout, à observer le visage détendu de Sarie. Ses propres lèvres frémirent. Il les pinça, et d’un pas lourd, s’éloigna de la jeune femme. Lorsqu’il souleva le rideau, un instant d’égarement le traversa.
Et si…
Il se retourna brusquement.

Non.

Il détourna le regard et sortit de la chambre. Jae Joong l’attendait.

« -Merci… »

Ils échangèrent un sourire bref. Crispé. Mais sincère. Il lui proposa de le raccompagner dans sa chambre.

« -…ou tu vas voir Yunho ? »

L’androgyne s’immobilisa, troublé, puis se reprit.

« …Je suis déjà passé tout à l’heure.
-Il va bien ? »

L’autre pencha la tête sur le côté. Mi-oui, mi-non.

« Il s’est réveillé. C’est déjà ça. Il a l’air… fatigué, mais c’est normal.
-Et toi… »

Le visage de Jae Joong prit une expression ennuyée.

« -Mon dos me brûle encore un peu, de temps en temps. Ils pensent me lâcher demain, donc ça devrait aller. De toutes façon, là où j’ai vraiment mal, c’est là. »

Il tapota son torse du bout des doigts. Puis, il l’entraîna vers les escaliers.

« Comment vont les autres ?
-Bien. Ils ont tous un peu mal quelque part, mais ça va aller.
-Et toi, Yoochun… pense à dormir. »

Il ne répondit pas. L’androgyne le laissa en haut des marches.

« J’ai pas envie de me remonter les marches après. Je t’aurai bien raccompagné jusqu’au hall, sinon.
-Laisse donc. Je ne vais pas me perdre, tu sais. »

L’autre esquissa un sourire. Puis, le saluant de la main, revint sur ses pas. Yoochun observa sa silhouette sombre s’éloigner, avant de descendre lentement les marches.
Quelques instants plus tard, à l’arrière d’un taxi, le Coréen se remémora l’air las qu’arborait son ancien collègue. Le même que Changmin. Le même que Junsu. Et probablement le même que le sien.
Lassitude. Fatigue. Incompréhension. Doutes. Désespoir.

Chacune de leurs expressions avait sa propre nuance de lassitude. Cependant, toutes, inévitablement, se ressemblaient.
Ils avaient perdu cette habitude de garder un visage fermé et froid. Depuis combien de temps ? Yoochun ne parvenait à s’en souvenir. Mais il y avait quelque chose de rassurant, de réconfortant dans ce constat. Puisqu’enfin ils retrouvaient visage humain, visage de chair et de chaleur.

Enfin.

A nouveau, pour la seconde fois de la journée, le Coréen s’autorisa un sourire.


Dernière édition par le Ven 31 Aoû 2007 - 22:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Ven 31 Aoû 2007 - 1:54

~*~

Des silhouettes. Des ombres. Des rires. Des sourires. Des doutes, des peines. Des vies.

Le soleil se couchait derrière les hautes tours qui s’étiraient vers le ciel, autour d’eux et dans le lointain. Séoul revêtait de chaudes couleurs, juste un instant. Juste un instant, elle libérait sa longue robe de feu, laissant ses bras de pierre redevenir chair, et s’étendait de tout son long. Juste un instant, elle se faisait langoureuse. Juste un instant.
Et s’il y avait une personne en ce moment sensible à la beauté de cet instant, c’était bien Kim Junsu. Les yeux vers le ciel, accroupi sur le bord du trottoir, le Coréen semblait redécouvrir un aspect de sa ville. Sa ville dont ils avaient parcouru le moindre recoin, sa ville dans laquelle ils avaient longtemps vécu ensemble. Sa ville. Leur ville. Leurs souvenirs.

« -Jun Ho… »

Son jumeau, son double. Son frère. Un des êtres qui lui était le plus cher, l’être qui le comprenait mieux que personne. L’être qui en ce moment même, aurait soupiré en voyant un avion passer. «’Peuvent pas arrêter de lâcher du kérosène, un peu ? Histoire d’arrêter de polluer notre planète ? Comment tu veux jouer au baseball dans ces conditions ? »

« -’Peuvent pas arrêter de lâcher du kérosène, un peu ? Histoire d’arrêter de polluer notre planète ? Comment tu veux jouer au baseball dans ces conditions… »

Alors qu’il murmurait ces mots, le blond sentit sa gorge se nouer, un léger sourire étirant les commissures de ses lèvres. Bon sang ce qu’il était stupide. Bon sang ce qu’il était niais. Bon sang ce qu’il pouvait avoir mal…

« -Et bon sang ce que tu peux me manquer. »

Si seulement cet abruti n’avait pas disparu… Si seulement il pouvait revenir… Si seulement…

Si seulement le ciel n’était pas aussi beau…

Beau à en crever. Beau comme jamais il ne l’avait été auparavant. Beau, alors que le reste du monde s’en contrefichait – beau, alors que son frère n’était pas là. Son frère aurait dû être là. Son frère devait être là. Son frère se devait de gâcher cet instant paisible en lâchant une remarque stupide –sur quoi il aurait lui-même renchéri. Son frère…

Son frère était probablement mort.

Le sourire de Junsu s’éteignit brutalement.

Jun Ho…

Pourquoi fallait-il que cet imbécile disparaisse ? Pourquoi fallait-il qu’il le laisse seul, ici ? Pourquoi fallait-il qu’il espère encore son retour ?
Son retour. Comme il le souhaitait, comme il l’espérait… Et comme il s’en voulait d’y croire encore. Ce maigre espoir qui survivait en son cœur était tout simplement intolérable… Il le savait, pourtant, qu’il était mort. Ou il ne le savait pas… En réalité, il n’en savait rien. Et c’était justement ça le problème.
La seule certitude qu’il avait, c’était bien qu’il avait disparu. Mais qu’est-ce que cela lui apportait de plus ? Rien. Disparaître, ce n’était pas mourir. Disparaître, c’était laisser de mesquines traces d’espoir dans le cœur de ceux qui restaient…
Et malheureusement, lui était de ceux qui restaient. Ainsi allait la vie. Cruelle et perfide. Inévitablement injuste.

« -Junsu ? »

Un bruit de pas qui se rapprochait de lui. Des chaussures qu’il connaissait bien. Il leva la tête, croisant le regard de la jeune femme venue le chercher.

« Pauline…
-Il va bientôt commencer à faire sombre, tu sais. On devrait rentrer. »

Toujours accroupi, le blond secoua la tête. Rester dehors. Encore un peu. Juste un peu. Pour ne pas croiser son regard fixe et terne, et pour ne pas croiser leurs souvenirs.

« -On peut rester encore un peu ? Le ciel commence à devenir violet… J’aime bien cette couleur. »

Lui aussi l’aimait.

« -…Junsu ? »

Pauline s’accroupit à côté du Coréen. Ce dernier posa maladroitement sa tête sur son épaule.

« -Juste un petit peu… »

Pour lui. Pour eux.

« -Rien qu’un peu… »

Et pour ce violet qui s’étendait là haut dans ce ciel qu’il avaient autrefois en commun. Violet. Violacé. Comme la couleur de cette tâche sombre qu’il lui avait fait autour de l’œil, lorsque Jun Ho était entré dans l’équipe de baseball. Peut-être était-ce pour ça qu’ils l’aimaient tous les deux. Peut-être pas.
La couleur de leur fraternité resta longuement dans la voûte céleste. Pauline finit par se relever en silence. Elle croisa les bras et leva le menton pour scruter cette couleur pour laquelle le Coréen portait autant d’intérêt.

« -Pourquoi est-ce qu’on espère encore ? Pourquoi est-ce qu’on s’obstine à croire ? »

Plus jamais. Plus jamais il ne le reverrait, plus jamais il ne reviendrait.

Plus jamais leur rue ne subirait leurs quatre cents coups. Plus jamais ils ne se disputeraient pour une quelconque futilité. Plus jamais.

Plus jamais, les blagues idiotes des frères Kim. Plus jamais, leurs concours puérils. Plus jamais, les querelles à la batte. Plus jamais, le vide dans l’armoire parce que l’autre avait empruté des affaires. Plus jamais, les remarques mesquines qu’ils se lançaient. Plus jamais.

Plus jamais…

« -Parce que sans l’espoir, on ne serait plus grand chose, monsieur Kim. »

Il poussa un soupir.

« -Il a disparu depuis plus d’un an. Et j’en ai assez… Je veux savoir. Je veux savoir s’il est mort ou non, s’il est encore là quelque part, ce qui lui est arrivé. Je veux être fixé. J’en peux plus, d’espérer dans le vent. »

La jeune femme resta impassible. Immobile et silencieuse. Ne parvenant à piper mot, et s’interrogeant même si elle le souhaitait réellement.

« -Je suis fatigué… »

Elle fourra ses mains dans les poches de son manteau, frissonant. Un filet de vapeur s’échappa de ses lèvres. Un filet de vapeur, un filet de lassitude.

« -Moi aussi, je suis fatiguée. On est tous fatigués. »

Il se leva à son tour, attrapant une des mains de la jeune femme, entrelaçant ses doigts au siens. Impossible de trouver les bons mots pour la réconforter, l’encourager. Impossible lorsque l’on est deux à éprouver la même douleur, la même lourdeur. Impossible, mais ce fait même qu’ils étaient deux, ensemble, semblait leur réchauffer le cœur. Juste un peu, certes. Mais c’était déjà ça.

« Tu veux qu’on aille prendre un café ?
-Un chocolat chaud, plutôt. Je préfère. »

Ne pas être seul dans son malheur a ses avantages comme ses inconvénients. Et même si, en ce moment même, c’étaient les inconvénients qui avaient le dessus, ils restaient persuadés que les avantages gagneraient la guerre. Puisqu’ils étaient deux. Partager, ça divise un peu.

Par contre, pour rien au monde ils ne partageraient leur chocolat chaud. Ça, pas question.
Le chocolat, c’était sacré.

~*~

Un jour de plus écoulé en ce monde. Un grain de sable qui s’échappe du sablier. Le quatrième coup de cloche avant que la grille ne se referme au huitième.
La population Tokyoïte, ce soir encore, surveillerait le bulletin d’information avec inquiétude. La police judiciaire japonaise et coréenne, ce soir encore, se quitterait en des termes tendus.
Et huit êtres, ce soir encore, ne se doutaient de ce qui se tramait autour d’eux…


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marudashi
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Ven 31 Aoû 2007 - 1:54

prem's XD
(disoulée my idoool, mais je m'entraine et me prépare pour tes fics ^^)

EDit après lecture (car avant ce serais un peu inutil XD)

alors voila, dija merci Goldy de nous faire cette mise à jour (depuis le temps qu'on l'attend, quoique je connais pire que toi !!)
on devrais demander à Wa de te menacer plus souvent XD
ensuite, ton chapitre j'ai comme toujoure adorer !!
je ne sais pas trop quoi dire, de peur de me repeter, à force ce doit être chiant de lire toujours les même commentaire, mais je n'y peux rien, j'aime, j'aime et j'aime !!!
ton histoire toujours aussi accrochante !!! je ne peux pas m'en passer ^^
j'adore toujours autant les tortures de ce pauvre Yoochun (et j'avoue que je souhaite que Sarie se réveille XD)
j'adore comment Tomoko et Changmin se rapproche et arrête de s'engueuler (même si c'est suremetn pas fini Xd alors comme ça il aime les invitation MDR)
j'adore également Junsu et Paulive, qui profitent d eleur dernier instant, qui profite tout court d'être enssemble (même si Junsu à la tête ailleur, heureusement Pauline est là !!)
j'adore Yunho et Jaejoong, Yunho qui ne peut pas se résoudre à laisser celui qu'il aime finir ses jours loins de lui.. halala ci fou ce que c'est vrai ce que dit Yunho (en temps normal, je penserais que els criminelles méritent la prison, mais là ci une fic et puis ci nos DBSK et puis ils sont troop bien pour leur vouloir du mal <3 enfin bref XDD)

tout ça c'est beaucoup de j'adore pour au final dire que J'AIME !!
alors franchemetn merci pour ce chapitre et de continuer ton hsitoire ^^
j'attend la suite avec impatience .... (impatience, pas patience XDD)
aller fightooooooo


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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Ven 31 Aoû 2007 - 1:54

deuz =_= Maru mouarf t'as de la chance que ça soit toujours ton anniv ici u_u
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Ven 31 Aoû 2007 - 3:22

MAGNIFIQUE ^^

Tu as vraiment un trop beau style d'écriture [un peu sombre, j'adore], et puis moi le couple JaeHo je m'en lasse pas XD

Allez fighting pour la suiite =)
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Ven 31 Aoû 2007 - 22:33

Bon, Goldy, je suis désolée mais ce commentaire va être court et nul parce que figure toi que le destin a décidé de frapper aujourd'hui et de virer le joli énorme commentaire que je t'avais fais ce matin [ et dont, pour une fois, j'étais fière u__u' ] ...

J'ai adoré, encore une fois. Tu as prouvé que la 'petite Goldy' méritait sa place parmis les gens que l'on a cité hier dans notre conversation ... Et tu n'as plus le droit de me contredire !

Le rêve de Tomoko m'a fais légèrement peur ... comme l'impression d'être dans le film ' Silent Hill ' [ je l'ai regardé hier ~ je suis perturbée xD ] ... avec ces mains propres qui sortent d'une cascade de boue dans le seul but de tuer la personne ... Beurk ...
J'ai presque cru un instant que tu te mettais à écrire du fantastique Oo
Tomoko et Changmin ... fiou ... une bulle de bonheur ... Ils sont tellement mignons ... à se pourchasser ... s'aimer ...

Junsu et Pauline, je les adore ! Ils sont la deuxième ( et pourtant principale ) bulle de bonheur ... Ils ... iradient je dirais !
Pourtant, lorsque Junsu est tout seul, il déprime ... pense à son frêre ... mais quand elle est là, c'est ... fiou ... beau.
J'ai adoré le passage des 'plus jamais', j'en avais les larmes aux yeux tellement j'imaginais ces deux frêres unis avant ... et aujourd'hui séparés.

Jaejoong et Yunho sont ... spéciaux. J'aime les voir se protéger par fierté, mais j'aime encore plus ces moments où ils se laissent aller ... enlevent leurs masques et montrent (enfin) leurs sentiments, leurs faiblesses. Jaejoong, particulièrement, est ... touchant.
J'ai aimé la réaction de Yunho face à la demande de Jae ... Ce refus immédiat, comme pour protéger l'autre ... Magnifique.

Et enfin, Yoochun. Ce personnage est géant. Fort d'extérieur, par tout ce qu'il montre, qu'il fait [ lire des livres, porter un chapeau, avoir un regard froid, parler peu, s'interdire de sourire ]... et pourtant si faible à l'intérieur, tellement plein de douleurs, de regrets, de tristesse, de culpabilité ...
Fiou ... fabuleux.

Bon, je suis désolée pour ce commentaire loin d'être parfait u__u'
Merci d'avoir posté =)
J'attend la suite avec impatience ^^

Bisous =)
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Sam 1 Sep 2007 - 18:11

wwwwwoooooooooaaaaaaaa j'ai attendu ce chapitre depuis si longtemps !!! enfin je l'ai enfin lu!!!
que dire ? elle est super ce chapitre !!!
super captivant , même si je resents leurs douleurs, leurs tristesses, leurs lassitides a travère les lignes , les phrases, les mots.
ça me donne encore plus envie de savoir la suite !!!
je veux savoir cequi va leur arriver à la fin , s'ils vont être ensemble!!!!
rolalala je peux lacher cette fic elle me colle à la peau !!!
j'adords ta fic c'est pas possible T_T!!
il me faut la suiteeeeuuu T_T!!!!
hatte que tu post le chapitre suivent !!!!!
MOUHAHA je te getterai ( non je déconne mais je guetterai ce post)
bref hwaiting pour le prochain chapitre ^.~!!
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Lun 3 Sep 2007 - 18:01

Après avoir dévoré chacun de ces chapitres , je laisse mon avis.
Aussi peu important soit-il.

Mais je tenais vraiment à dire que j'ai totalement adhéré à ta Fic.
Ton écriture est des plus plaisantes et on se laisse bien volontier submergé par les émotions que dégagent tes écrits.

Les différentes relations sont vraiment prenantes et leur diversités agréables.

Mon personnage préféré ? Tous xD

Nah nah...Hum Yoochun peut être, parce qu'il est poignant. Mais JaeJoong aussi j'adoore.

Voili voilou, Bonne continuation.
Et j'ai hâte de lire la suite ^^
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Lun 3 Sep 2007 - 19:28

ca y est, je me suis remise à jour ! *j'ai mal aux n'yeux*
my god mais qu'est ce qu'ils va leur arriver ??!!
je crois que les toutes dernières lignes sont les pires hu? ca laisse présager quelque chose d'horrible, j'aime pas ca snif

hâte de savoir ce qui se trame !!
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Lun 3 Sep 2007 - 21:39

woo !! *-*
c'était tout simplement génial !!
je sais pas trop quoi te dire !
j'adore la façon dont tu dévellopes chaque personne l'une à la suite des autres et quand ils se retrouvent et tout..
j'aimerai faire un commebntaire plus long mais pas l'temps T-T
continue comme ça !! >____<
j'attends la suite !! Very Happy
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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Sam 8 Sep 2007 - 23:19

Coucou Tomoko ! Me voilà de nouveau pour ton jugement dernier, mouhahahaha…. Ok, je ressortirai d’ici mais avant laisse-moi commer les 16 chapitres que je viens de lire :

Chapitre 2
Citation :
Alors qu’il tâtonnait le mur, il sentit la bretelle de son sac à dos. Il l’attrapa alors, et le balança sur la tête de l’autre, qui s’effondra. Yunho s’accroupit alors près de celui qui semblait assommé.
« -T’es mignon, lui sussura-t-il à l’oreille, tout en l’embrassant sur la joue. Bye… »
J’arrête pas de me la passer en boucle cette scène XDD J’aurais trop voulu voir la tête de JJ en vrai !

Chapitre 4
Citation :
-Certainement celle qui répond au nom de Tomoko, et qui s’est échappée en mobylette avec notre amie Yunho, répondit Yoochun. Isn’t it, little girl ?
-Oh Yeah » marmonna cette dernière, arrachant un sourire à Changmin, tandis que Yoochun semblait légèrement amusé par la situation.
Je vais pas mettre toutes les phrases comiques mais Tomoko, elle a l’art de répliquer avec un grand sens de l’humour ; elle a pas peur pour sa vie la demoiselle XD

Chapitre 5
Chacun est remonté mais pas contre la même personne. C'est amusant de voir les pensées de Yoochun, Junsu et JJ bien tiraillés comme il faut par leurs sentiments, pauvres gangster XD Mention spéciale au « berk, berk, berk » de Junsu, au « i’m stupid. Very Stupid. I love her, I love her. But…Why? » et au « con**rd, con**rd » de JJ. Seul Changmin parvient à garder légèrement la tête hors de l'eau pour finalement succomber aux méandres de l'amour.

Citation :
« -Merci, grommela-t-il. Vous pourriez lui envoyer un message ?
-Bien sûr.
-Dites-lui : « Mon cher oncle, c’est ton neveu que tu souhaites tuer. Je souhaiterais négocier ma vie et celles de certaines personnes. Merci, va te faire foutre, Yunho. » Voilà.
-Hum…Puis-je me permettre, mais ce message m’a l’air un peu…
-Non, vous ne pouvez pas vous permettre. Ce message est codé.
J'étais PTDR ! Toi mon p'tit gars, dès que tu transmettras ce message, tu pourras dire adieu à ta place et donc à ton salaire XD

Pauline, je t'applaudie pour avoir fighter le Pèète ! Vive le girl power et à bas les saloupard infidèles XD

Citation :
« -…Tu cries, j’te bute. T’appelle la police, j’te bute aussi. De toute façon, la seule personne que je veux voir, c’est Pete. Rien à cirer de ta face. Je te tue quand je veux. »
Oulà tu fais peur, Junsu ! Mais t'es très sexy et classe comme ça. Dis merci à Tomoko de t'avoir rendu ainsi.... Zut, la bourde ! C'est dire qu'il ne l'est pas en temps normal ? Non, il est toujours comme ça. Tomoko a juste su renforcer toute ta splendeur et ta sexattitude, mon Junsu d'amûuuuuuur XD

Chapitre 8 et 9
La cohabitation forcée dans un avion, rien de tel pour mieux se connaître XD et rien de tel pour attirer les fous amoureux -_-

Chapitre 10
Le passage avec Michaël - et j'allais dire son délire mais bon je peux pas dire que sa déclaration d'amour le soit, même s'il est fou - correspond parfaitement au titre du chap 11 : attendre et espérer. J'étais là, impatiente de bouffer les lignes pour savoir le fin mot de cette embrouille, et en même temps j'espérais que l'histoire prenne vite une autre tournure. Franchement, très prenant comme passage et bien décrit.

Chapitre 11
Citation :
« QUI ES-TU ? hurla Michaël. Qui es-tu pour ainsi mépriser ma propre existence ? Qui es-tu pour me juger ?
-Si j’avais le temps de rire, j’aurais tout simplement dit l’Ange de la mort. Mais sinon, je suis un être qui a autant souffert que toi, voir plus. Un être humain qui a le courage d’affronter sa douleur. »
J'adore ce passage ! Comme j'adore cette Eun-ju (ironie là), je la sens pas.

Chapitre 14
Le passage où il décrit leur crime, surtout celui de la nuit de noël... Je commence à entrevoir leurs blessures et c'est pas beau à voir.

Chapitre 15
Un Changmin joueur ; allez, Tomoko, courage !! Te laisse pas faire par ce p'tit dragueur aux cartes, à moins que tu ne veuilles lui appartenir à vie XDD
En ce qui concerne JJ, je voudrais bien lui dire que la vengeance est mauvaise conseillère mais je comprends tellement son besoin de venger la mort de son père. Mais si pour parvenir à ce résultat, il faut tuer d'autres personnes... Au final, c'est une boucle sans fin et dans ce cercle vicieux, il est certain de perdre la blancheur de ses ailes, comme le voyais Michaël (tiens un archange s’est échappé XD), d'ailleurs.

Chapitre 16
Je me demande qui a envoyé le mec noir agresser JJ. La JMB's Corporation n'a pas l'air très sympa avec ses propres hommes, ça pourrait être une piste mais je vois pas leur intérêt dedans. Et puis y'a l'autre à pas oublier la "Eun-ju qui joue double jeu ; attends que Yoochun te mette la main dessus, ma jolie.

Bon, le commentaire dans son ensemble :

La course poursuite du début était intéressante à suivre mais ce que j'ai encore plus apprécié c'est la cohabitation forcée dans l'avion. Là, il n'y a vraiment plus d'issue, à moins de sauter dudit avion sans parachute, la chasse à l'homme prend une autre tournure. Les relations se développent, les liens se tissent par le biais de p'tits jeux, au premier abord sans conséquences, mais qui en vérité renforcent les sentiments de protagonistes. Junsu et Pauline, Tomoko et Changmin. Et je ne parle pas de Yunho et JJ, ce dernier allant jusqu'à révéler un élément de son passé en rapport avec ses cicatrices. Quant à Yoochun et Sarie... pas besoin de dire que Eun-jun fera un beau trouble-fête. Bref, passer d'un couple à un autre, nous montrant de quelle manière leur relation se renforce, j'ai beaucoup aimé !

Et puis, y'a toujours ce pincement au coeur au fur et à mesure de la lecture. On sait qu'à leur arrivée à Tokyo la mort accueillera nos fuyards, et on se demande comment leurs (ex)poursuivants qui s'attachent progressivement et fatalement à eux vont faire pour les garder en vie, et s'ils le font comment ils vont parvenir à échapper aux foudres de leur chef. Bref, la tension monte et c'est - si j'ose employer ce terme - jouissif !

J'ai hâte de lire la suite de cette chasse à l'homme, mais en un sens une chasse à l'amour et à la rédemption ; parce que nos quatre méchants, à l'image de JJ qui symbolise bien le concept, on dirait des anges déchus et j'attends de voir comment Cupidon les sauvera, en leur permettant d'aimer et d'abandonner le chemin de la Mort.

Je vais ratrapper mon retard mouhahaha ! A plus ^^

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MessageSujet: Re: Pour dix milliards de dollars   Ven 28 Sep 2007 - 23:02

j'ai honte...j'ai lu le dernier chapitre pratiquement quand tu l'as mis et j'avais toujours pas commentée X'D

Quoi qu'il en soit, j'ai beaucoup aimé! c'était long *-*
YooChun qui se décide enfin à allé la voir...et la façon dont il réagit, j'ai adorée car c'eest...tellement réaliste..prenant! On a envie de le consolé et en même temps lui dire que oui, c'est un peu sa faute....
ci dur U___U

Du côté de Hero & Yunho...umm que dire...rien à part que tu décris vraiment très bien les sentiments des deux zigotos! (de tous même), et c'est trsè agréable de te lire ^^

Bref je sais plus quoi dire...alors je m'arrête là en espérant une suite bientôt hihi
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Pour dix milliards de dollars
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